MENSONGES ET MANIPULATION

26 août 2018

LE JOUR APRES ROSWELL ou comment l'homme est passé de l'ère du cheval à celle des étoiles en quelques décennies

 

 1 - INTRODUCTION

 

Phillip J

 En 1960 et pendant deux ans, feu le Lieutenant Colonel Philip Corso a mené une double vie. Il travaillait au Bureau des Technologies Étrangères au Pentagone, armée des R&D (Recherche & Développement). Son travail habituel constituait à enquêter sur les technologies des autres pays, comme par exemple l’hélicoptère développé par l’armée française et de les adapter à leur propre technologie afin de préserver la vie des militaires sur le terrain. Corso lisait des rapports techniques et rencontrait des ingénieurs de l’armée afin de budgéter les projets à venir.

 

Arthur GIl envoyait des rapports à son patron, le Lieutenant Général Arthur Trudeau, chef de l’armée des R&D. Celui-ci avait la responsabilité de 3000 personnes travaillant sur différents projets plus ou moins avancés. En surface, pour les hommes du Congrès qui surveillaient comment l’argent était dépensé, tout cela n’était que routine. Une partie du travail de Corso était celle d’un officier des renseignements et de conseiller pour le général Trudeau. C’était un travail qu’il connaissait bien pour l’avoir pratiqué pendant la guerre de Corée. Au Pentagone, il travaillait sur les sujets les plus secrets, il avait accès à tous les documents classifiés et en faisait part au général Trudeau. Comme officier des renseignements, il savait que les plus grandes institutions gouvernementales étaient infiltrées par le KGB et que cette "police étrangère" était directement dirigée par le Kremlin. Mais derrière toutes ces tâches, Corso eut la responsabilité du secret le plus gardé : les dossiers sur Roswell. C’est-à-dire la récupération de débris et des informations sur comment l’équipe de récupération du 509e  groupe à Roswell avait récupéré l’épave d’une soucoupe volante qui s’était écrasée au Nouveau Mexique.

Horton aile

Le dossier Roswell était l’héritage de ce qu’il s’était passé dans les heures et les jours après l’écrasement et après la dissimulation mise en place par le gouvernement. Corso n’était pas à Roswell en 1947 et n’en avait même pas entendu parler à ce moment-là tellement c’était secret, même à l’intérieur de l’armée.

Les militaires ont pensé, au début, que l’appareil était une arme secrète soviétique parce qu’elle avait une certaine ressemblance avec la forme des ailes volantes Horton (Ndbl - des frères du même nom). Et si les Soviétiques avaient développé leur propre version de cet appareil ?

 

Mac Brazel

Les différentes histoires sur Roswell varient dans les détails. Comme Corso n’était pas là-bas, il a entendu des versions parlant de campeurs, d’archéologues ou du fermier Mac Brazel trouvant l’épave. Corso a lu différents rapports militaires sur différents crashs à différents endroits à proximité de la zone militaire de Roswell, comme San-Augustin ou Corona et d’un site dans la ville même. Tous ces rapports étaient classifiés et donc Corso ne fit aucune copie et ne conserva aucun de ces rapports après son départ de l’armée. Quelquefois, les dates du crash varient d’un rapport à l’autre: les 2, 3 ou 4 juillet 1947.

En 1961, les informations top-secrètes (Ndbl - Le plus haut niveau étant Cosmic Top Secret) sur Roswell arrivèrent en possession de Corso à son bureau des R&D. Le général Trudeau voulait que celui-ci incorpore la technologie de Roswell dans le développement d’armes en cours. Aujourd’hui, des choses comme les lasers, les circuits intégrés, la fibre optique, le faisceau à particules accélérées et le Kevlar dans les gilets "pare-balles" proviennent de cela. Dans les heures confuses qui ont suivi la découverte de l’appareil à Roswell, l’armée détermina qu’en l’absence de toute autre information, l’objet devait être extraterrestre. De fait, ce vaisseau et d’autres devaient surveiller les installations défensives américaines. Ces ovnis avaient des intentions hostiles et pouvaient même avoir pu interférer dans le déroulement de la deuxième guerre mondiale. L’armée estimait qu’à cause de ces événements et des mutilations de bétail, ils pouvaient être des ennemis potentiels. Dans le même temps, les USA entraient en guerre froide avec les Soviétiques et le KGB infiltrait leur agence. Les militaires se trouvaient confrontés à deux lignes de front: une guerre contre les communistes et une guerre contre les extraterrestres qui pouvaient être un bien plus grand problème que les communistes. Alors, l’armée utilisa la technologie des extraterrestres contre eux en l’adaptant pour créer un système de défense spatiale.

Croyez-le ou pas, voici l’histoire de ce qu’il s’est passé dans les jours qui ont suivi Roswell et comment un petit groupe d’officiers militaires des renseignements a changé l’histoire de l’homme (Ndbl - Et dont la plupart des gens, de tout niveau, ont toujours douté.)

 

2 - Le désert de Roswell

     Corso a entendu beaucoup de versions différentes de l’accident de Roswell. Beaucoup d’entre elles racontaient ceci : Pendant toute la nuit du 1er juillet, les radars du 509groupe de Roswell pistèrent d’étranges bips. Les radars étaient proches de White Sands, là où il y avait des essais de lancement de V2 allemands à la fin de la guerre et où il y avait aussi des essais nucléaires à Alamogordo. Ces bips apparaissaient à un coin de l’écran et traversaient l’écran à une vitesse incroyable pour disparaître ensuite dans un autre coin de l’écran. Puis, cela recommençait. Aucun appareil humain ne pouvait se déplacer aussi vite et changer de direction si rapidement. Ou c’était un appareil ou c’était une anomalie des radars due aux puissants éclairs de l’orage. C’est pourquoi les opérateurs radar recalibrèrent les appareils sans trouver de problèmes particuliers.

     Les observations furent confirmées par la base de White Sands. Pendant toute la nuit et la nuit suivante, les services des renseignements de l’armée restèrent en alerte de haut niveau parce que quelque chose d’étrange se passait à l’extérieur. Il fut présumé que ces appareils inconnus étaient hostiles et les services de renseignement furent envoyés à Roswell, au 509ème groupe, là où l’activité semblait se concentrer. Les observations radar continuèrent la nuit suivante.

Dan WilmotPendant ce temps, Dan Wilmot, propriétaire d’un magasin à Roswell, se tenait assis sur son perron, après dîner, pour regarder les éclairs au loin. Peu après 22h00, les éclairs devinrent plus intenses. Dan et sa femme regardaient le spectacle quand ils virent un objet ovale et lumineux passer au-dessus de leur maison et disparaître vers le nord-est. Cela passa aussi au dessus de Monsieur Steve Robinson alors qu’il conduisait son camion de lait sur la route au nord de la ville. Robinson vit un objet ovale lumineux passer à très grande vitesse. Les bips radar continuèrent à s’intensifier jusqu’à ce que cela devienne une violation aérienne continuelle. Maintenant, cela devenait plus sérieux. Il était évident aux commandants de la base qu’ils étaient sous surveillance et qu’ils pouvaient présumer que ce soit hostile.

Les officiers de la base pensaient que cela pouvait être des Russes espionnant la base nucléaire et son site de lancement de missiles. Mais maintenant, le service de contre-espionnage le plus secret, qui opérait en 1947, aussi bien dans le civil que dans l’armée, envoya du personnel à l’extérieur de Roswell. Le personnel du CIC arriva de Washington par avion, se changea avec des vêtements civils pour enquêter sur les activités de l’ennemi dans le secteur. Ces personnes rejoignirent les officiers

Jesse Marceldes renseignements de la base, comme Jesse Marcel ou Steve Arnold. Dans l’après-midi du 4 Juillet 1947, les opérateurs radar notèrent que les objets sur les écrans semblaient changer de forme. Ils émettaient des impulsions. Ils semblaient devenir plus lumineux et ensuite moins lumineux alors que d’énormes éclairs explosaient dans le désert. Steve Arnold, qui se trouvait dans la tour de contrôle, vit un objet sur l’écran disparaître quelques instants puis réapparaître et exploser dans une brillante fluorescence blanche et enfin disparaître. L’écran était vide, les bips avaient disparu. Les contrôleurs et les officiers du CIC pensèrent tous la même chose : UN OBJET S’ÉTAIT ÉCRASÉ.

Colonel Blanchard

Alors que l’opérateur radar donnait l’information au Colonel Blanchard, l’équipe du CIC avait déjà mobilisé une équipe de récupération pour baliser et sécuriser la zone de l’écrasement. Ils pensaient que c’était un appareil ennemi venu prendre des photos de la base. Ils voulaient tenir les civils à l’écart au cas où une fuite radioactive du système de propulsion de l’appareil se produirait. En fait, personne ne connaissait le système de propulsion de cet appareil. Blanchard donna l’ordre à l’équipe de récupération d’aller sur les lieux le plus vite possible et d’emmener avec elle tout l’équipement nocturne possible ainsi que des camions et une grue. Si c’était un écrasement, il voulait ranger l’épave dans un hangar avant que les civils mettent la main dessus et racontent tout aux journaux. Mais les contrôleurs de la base n’étaient pas les seuls à avoir vu un appareil s’écraser dans le désert. Des fermiers, des familles en camping dans le désert ainsi que des habitants de la ville avaient vu un appareil exploser dans une grande lumière et tomber sur le sol vers Corona.

 

George Wilcox

George Wilcox, le shérif de la ville, commença à recevoir des appels après minuit comme quoi un avion s’était écrasé dans le désert. Wilcox appela les pompiers de Roswell dès qu’il eut une localisation approximative du lieu de l’accident. Trouver le site de l’écrasement ne fut pas bien long. Un groupe de chasseurs de vestiges Indien campait dans le désert au nord de Roswell et avait vu aussi la lumière pulsante et entendu un sifflement. Ces chasseurs avaient ressenti l’étrange secousse au moment de l’écrasement à peu de distance d’eux. Avant d’inspecter l’étrange épave fumante, ils avaient appelé le shérif Wilcox et lui avaient donné la position de l’accident. Wilcox envoya les pompiers à un point situé à 60 Km au nord-ouest de Roswell. Vers 04h30 du matin, un convoi de pompiers accompagné par des policiers prirent la route de Pine Lodge dans le désert. Ils ne savaient pas qu’une équipe de militaires était aussi sur la route. L’équipe militaire arriva la première.

Un lieutenant dans la jeep de tète posta des sentinelles et des lampes-tempête furent installées autour de la zone. Là, Arnold eut sa première vue de l’épave. Ce n’était pas réellement une épave, en tout cas pas celle d’un avion qu’il ne connaisse. Dans l’obscurité, le vaisseau de couleur foncée, semblait intact et n’avait pas perdu de grosses pièces. La zone était pleine de petits débris mais le vaisseau lui-même ne semblait pas abîmé. Les militaires installèrent des projecteurs reliés à un générateur autour du site pour compléter l’éclairage des lampes-tempête. Sous cette lumière, Arnold put voir que l’objet avait une forme d’aile delta. Il était en un seul morceau même si son nez était profondément enfoncé dans le sol et que sa queue se tenait haute dans le ciel. Avec cette lumière, le terrain ressemblait à un terrain de football avant un match en nocturne.

Pour Arnold, cela ressemblait plutôt à un atterrissage forcé (Ndbl - ou intentionnel) parce que l’appareil était intact même s’il avait une fissure sur toute sa longueur et qu’il faisait un angle de 45° avec le sol. Il ressemblait plus à une aile volante qu’à une soucoupe volante. Il était petit et avait deux ailerons de queue qui pointaient vers le haut et vers le bas. Dans l’ombre, Arnold vit des créatures, de 1,2 mètre de hauteur environ, étalées sur le sol. « Qui sont ces gens ? » entendit dire Arnold, alors que l’équipe médicale approchait avec des brancards près de la lacération le long du vaisseau à travers laquelle les corps avaient été, apparemment, éjectés. Arnold regarda autour du périmètre de lumière et vit une autre créature immobile et une autre encore appuyée contre un petit monticule de sable. Il y avait cinq créatures à côté de l’ouverture dans l’appareil. Les techniciens constatèrent l’absence de radiation et les médecins coururent vers les corps avec leurs brancards. Arnold regarda à travers la déchirure du vaisseau et leva les yeux. De l’intérieur, c’est comme s’il faisait jour à l’extérieur. Pour être sûr, Arnold jeta un œil à l’extérieur et il faisait trop sombre pour appeler cela l’aube, mais à travers l’appareil, Arnold pouvait voir de la lumière. Pas celle de l’aube ou celle des projecteurs, mais néanmoins de la lumière. Il n’avait jamais vu cela auparavant et il se demandait si cela pouvait être une arme que les Russes avaient développée.

Le site de l’écrasement était un véritable chaos. Il y avait des techniciens avec des tâches spécifiques, des médecins, des radio-opérateurs, des sentinelles, et d’autres. Tous étaient estomaqués. Ils n’avaient jamais vu rien de tel auparavant. « Hé ! Il y en a un de vivant ! » entendit Arnold, et il se tourna pour voir une des petites créatures se démener sur le sol. Avec le reste des médecins, il courut vers elle et la regarda frémir et pousser un cri qui résonnait non pas dans l’air mais dans son cerveau. Il n’entendit rien avec ses oreilles mais sentit comme une onde de folie alors que la créature se convulsait par terre en tournant la tête d’un côté à l’autre comme si elle étouffait.

C’est là qu’il entendit le cri d’une sentinelle, « Hé ! Toi ! » Et il se retourna vers le côté opposé du site qui se trouvait dans l’obscurité. « Halte ! » Hurla la sentinelle à la petite créature qui essayait de grimper désespérément au-dessus de la colline. « Halte ! » Hurla à nouveau la sentinelle tout en brandissant son arme M1. D’autres soldats coururent vers la colline alors que la créature glissait dans le sable et recommençait à grimper. « Non ! » Un des officiers tira. Arnold ne put voir lequel avait tiré mais il était trop tard. Il y eut une salve de coups de feux provenant des soldats nerveux et la petite créature roula sur le sol, comme une poupée,(Matilda O’Donnell Mac Elroy, infirmière à l’époque au 509e définit Airl, l’extraterrestre avec qui elle a pu s’entretenir par télépathie sur la base durant plusieurs semaines, comme ayant un corps de poupée) sous l’impact des balles.

« Merde ! » cracha à nouveau l’officier, « Arnold, vous et vos hommes partez d’ici et allez stopper les civils qui s’approchent du périmètre. » Il annonça qu’un petit convoi de véhicules approchait. Ensuite, il appela, au loin, « Médecins ! ». Les médecins chargèrent la créature sur une civière et Arnold installa du personnel du CIC pour bloquer l’entrée du site. Il entendit l’officier ordonner aux médecins de charger les corps sur des civières puis de les mettre à l’arrière des camions GMC et de les emmener à la base immédiatement.

« Sergent ! », dit-il, « je veux que vos hommes mettent tout ce qui peut être ramassé dans les camions et embarquez moi ce damné...je ne sais quoi. », en indiquant l’objet en forme d’aile delta, « avec la grue et emmenez-le. Je veux cet endroit reluisant de propreté. Rien ne s’est passé ici, vous comprenez ? ». Les soldats formèrent une ligne pour ramasser tous les débris sur le site. Une équipe de MP fut envoyée au devant du convoi de civils qui approchait du site. Ils fixèrent leur baïonnette, chargèrent leur M1 et les tendirent droit devant eux.

Dan Dwyer, un des pompiers du convoi, put voir une oasis de lumière dans l’obscurité. Son petit convoi roulait avec les gyrophares mais sans sirène. On lui avait dit que c’était un avion crashé. Alors qu’il approchait de la zone lumineuse, qui ressemblait plus à un parc d’attractions qu’à un écrasement d’avion, il put voir les soldats en cercle autour de l’objet. En s’approchant encore, il put voir l’objet en forme d’aile delta. Trois ou quatre soldats chargeaient l’objet sur un camion et le fixait avec des chaînes et des câbles. Pour quelque chose qui était tombé du ciel, c’était indemne. Puis les soldats recouvrirent l’objet avec une bâche et il fut totalement camouflé. Un capitaine de l’armée s’approcha et derrière lui se tenait une ligne de soldats armés, baïonnette au canon, et avec des sigles MP sur leurs bras.

« Vos gars peuvent repartir » dit le capitaine à un officier de police de Roswell, « Nous avons sécurisé la zone ».

« Et les blessés ? » demanda le policier. « Pas de blessé, nous avons tout sous contrôle. » répondit le capitaine. Mais Dwyer put voir des petits corps sur les brancards chargés dans les camions. Deux d’entre eux se trouvaient dans des sacs à cadavre, mais un était attaché à son brancard. L’officier de police vit cela aussi. Celui-là semblait vivant. « Et à propos d’eux ? » demanda-t-il. « Hé ! Chargez ces choses ! » dit le capitaine aux hommes en train de charger les brancards dans les camions. « Vous n’avez rien vu ce soir, officier ! ». Dwyer, qui connaissait le personnel de Roswell, reconnut Jesse Marcel. Il vit aussi les débris à l’arrière des camions. Dwyer descendit de son camion et contourna la ligne de soldats dans la zone sombre. Il y avait tellement de confusion que Dwyer se doutait que personne ne ferait attention à lui pendant qu’il jetterait un œil. Il alla derrière un camion et regarda directement dans les yeux de la créature attachée sur le brancard. Elle n’était pas plus grande qu’un enfant, pensa-t-il, mais ce n’était pas un enfant. Une tête en forme de ballon et disproportionnée. Elle ne ressemblait pas à un humain bien qu’elle ait des caractéristiques humanoïdes. Ses yeux étaient larges, noirs et inclinés. Ses oreilles étaient juste des petites rainures sur les côtés de la tête. Sa bouche et son nez étaient très petits. La couleur de la créature était marron-gris et elle était complètement chauve. Elle le regarda comme si elle était un animal prit au piège qui demande de l’aide. Elle ne produisait aucun son mais Dwyer comprit qu’elle savait qu’elle était en train de mourir.

Dwyer put voir les débris sur le sol qui provenaient de l’appareil. Il pouvait voir ces débris répandus dans le petit cratère et dans l’obscurité derrière les projecteurs. Des soldats marchaient à quatre pattes et ramassaient dans des sacs tous les débris. D’autres, devant eux, marchaient avec des détecteurs de métaux. Il lui sembla qu’ils nettoyaient la zone. Dwyer ramassa un morceau métallique qui brillait dans le sable. Il le prit dans son poing et le roula en boule. Puis, il le relâcha et le morceau reprit sa forme originale, sans aucun pli. Il mit ce morceau dans sa poche pour le ramener à la caserne afin de le montrer à sa fille. Un sergent MP s’approcha de lui et lui dit, « Hé ! Vous, que diable faites-vous ici ? ».

« Je fais partie de la compagnie des pompiers » répondit-il le plus innocemment possible. « Hé bien, vous mettez votre cul de civil dans votre camion et vous partez d’ici » ordonna-t’il « Avez-vous pris quelque chose ? » « Pas moi, Sergent » dit Dwyer. Alors le sergent l’agrippa et l’emmena jusqu’au Major qui donnait des ordres à côté du générateur alimentant les projecteurs. Il reconnut Jesse Marcel, un habitant de Roswell. « J’ai attrapé ce pompier en train de flâner autour des débris, Monsieur » dit le sergent. Marcel reconnut Dwyer, bien qu’ils ne soient pas amis. Il lui jeta un regard tendu et lui dit « Vous devez partir d’ici et ne dire à personne où vous étiez ni ce que vous avez vu. » Dwyer hocha la tête. Marcel se tourna vers le sergent et dit, « Sergent, conduisez le jusqu’à son camion et faite le partir. » Dwyer remonta dans son camion et dit au chauffeur de revenir à la caserne. « Vous avez l’ordre de quitter cet endroit » dit le sergent « tout de suite ! » Le camion transportant l’objet avait déjà traversé la ville de Roswell endormie. L’observation d’un grand objet bâché derrière un camion militaire n’avait rien d’inhabituel. Le soleil commençait à se lever lorsque le camion franchit la porte de la base du 509e groupe.

Roy Danzer, plombier, qui avait travaillé toute la nuit sur la tuyauterie de la base, savait que quelque chose se passait à cause du convoi de camions dans l’obscurité. Il se trouvait à l’hôpital de la base pour fumer une cigarette et pour se faire soigner d’une coupure faite quelques jours plus tôt. C’est pendant cette pause qu’il vit que l’agitation à la porte de la base s’était transformée en un tourbillon de soldats pressés et qu’un groupe de MP poussait la foule afin de créer un passage. Ensuite, cette foule alla directement vers l’hôpital, droit vers l’endroit où se tenait Roy. Personne ne lui dit de se pousser ou de partir. En fait, personne ne lui parla. Roy, en regardant les soldats passer, vit la créature attachée au brancard et portée par deux soldats. Ceux-ci entrèrent directement dans l’hôpital. Pendant leur passage, Roy regarda la créature, la créature regarda Roy et Roy sut en un instant que ce qu’il regardait n’était pas humain. C’était une créature venant d’ailleurs. Le regard implorant sur le visage de cette créature et le sentiment de douleur et de souffrance que Roy vit et ressentit dans son cerveau, lui fit comprendre que c’était la fin pour elle. Elle ne parlait pas et bougeait à peine. Les deux porteurs jetèrent un regard mauvais à Roy en passant à côté de lui.

« Mais qu’est ce que c’est que ça ? » demanda-t-il à personne en particulier. Deux MP l’attrapèrent brutalement et l’emmenèrent jusqu’à un officier, un capitaine pensa-t-il, qui posa le doigt sur le visage de Roy et lui hurla dans les oreilles, « Qui êtes-vous Monsieur ? ». Sans attendre de réponse, les deux autres officiers lui demandèrent avec qu’elle autorisation il se trouvait dans la base. Ces gars ne blaguaient pas et Danzer pensa qu’il ne reverrait jamais sa famille. Il était effrayé. Mais un major s’approcha et brisa la tension. « Je connais ce gars », dit-il, « Il travaille ici avec d’autres, il est OK. »

« Monsieur » dit le capitaine mais le major le prit par le bras et Danzer put les voir discuter un peu plus loin et le regarder. Le visage cramoisi du capitaine retrouva peu à peu sa couleur normale et les deux hommes retournèrent à l’endroit où les deux MP plaquaient Danzer contre le mur. « Vous n’avez rien vu, vous comprenez ? » dit le capitaine à Danzer qui hocha la tête, « Vous ne direz rien, ni à votre famille ni à vos amis, vous comprenez ? » « Oui, Monsieur » dit Danzer. Il était moins effrayé maintenant. « Nous saurons quand vous parlerez, nous saurons ce que vous aurez dit et alors tout de vous disparaîtra, tout simplement. » « Capitaine ! » le coupa le major « Monsieur, ce gars n’a rien à faire là et s’il parle, je ne peux rien garantir » répliqua le capitaine. « Donc, oubliez tout ce que vous avez vu » dit le Major directement à Danzel. « Oui, Monsieur » répondit-il. Danzel ne jeta même pas un regard en arrière pour voir l’équipe de soldats transportant les sacs à cadavre entrer dans l’Hôpital. Les créatures furent préparées pour une autopsie. Bull Blanchard autorisa la rédaction de la dépêche sur “La soucoupe volante” qui fut envoyée par le service des relations publiques. Alors, le général Raley ordonna à Jesse Marcel de retourner là-bas et de retirer l’histoire de la soucoupe volante.

Cette fois, Marcel eut l’ordre de dire qu’il avait fait une erreur et que les débris étaient ceux d’un ballon météo. Dans les jours et les semaines qui suivirent le crash et la récupération, les services de renseignement militaires et le personnel du CIC allèrent dans la ville de Roswell et dans les communautés alentours pour supprimer toute l’information possible en utilisant la violence, l’intimidation physique et d’après certaines rumeurs, une fois un homicide. Les officiels de l’armée réduisirent la communauté au silence. Mac Brazel qui était le propriétaire de l’endroit où le crash avait eu lieu et un des premiers visiteurs du site fut menacé et soudoyé. Il devint tout à coup silencieux sur ce qu’il avait vu dans le désert. Les officiers du bureau du Shérif Wilcox furent forcés d’admettre que cela était du ressort de la Sécurité Nationale et que cela ne pouvait pas être discuté.

« Ce n’est jamais arrivé. » décréta l’armée. Quelques uns des témoins déclarèrent avoir eu des séances d’intimidation par des officiers militaires de Roswell. Parmi eux, la fille de Dan Dwyer, se rappelle la visite d’un officier avec des lunettes noires, dans sa cuisine, et qui lui dit que si elle racontait quelque chose, elle et sa famille disparaîtraient dans le désert. La fille de Roy Danzer, elle aussi, fut effrayée par la vue de son père à son retour de la base de Roswell le 5 Juillet 1947. Il ne lui raconta jamais rien mais elle entendit des bribes de conversation dans la chambre de ses parents. Ils parlaient de petites créatures et la phrase : « Ils nous tueront tous ! » Les débris récupères dans le désert furent envoyés à Fort Bliss, Texas, et sommairement analysés. Aussitôt arrivés, quelques uns des débris furent envoyés à la base de Wright Airflied, future Wright Patterson. Le reste fut chargé dans des camions et envoyé à Fort Riley, Kansas. Jesse Marcel est retourné à son travail habituel et n’a jamais touché l’épave de l’étrange vaisseau de ses propres mains. Voici l’histoire telle qu’on l’a racontée à Philip Corso. Il n’était pas à Roswell cette nuit la.

 

3 – Convoi pour Fort Riley

Fort RileyLe 6 Juillet 1947, le lundi suivant la fête du 4 Juillet, personne ne remarqua les cinq camions entrer dans la base de Fort Riley, cet après-midi la, en provenance de Fort Bliss, Texas, et en partance pour Wright Field, Ohio. En 1947, Corso se trouvait dans cette base de Riley, à l’école militaire. Il ne se doutait pas à cette époque que ce qui se trouvait dans ces camions atterrirait sur son bureau des années plus tard. Tout était calme ce soir là, Corso était l’officier responsable de garde. Alors qu’il s’apprêtait à faire sa ronde, il vit sur l’ordre de mission que Mr Brownie, un de ses amis qui faisait partie de son équipe de Bowling et collègue de travail, faisait partie de la garde et que son poste se trouvait devant le vieil immeuble de la clinique vétérinaire. Corso commença son tour des différents bâtiments afin de voir si tout le monde faisait bien son devoir et se trouvait à son poste. Corso alla à l’immeuble de la clinique où devait se tenir Brownie. Mais quand il arriva Brownie n’était pas là ou il était censé être. Quelque chose n’allait pas. « Major Corso » dit une voix dans la pénombre. La voix était excitée et terrorisée.

« Mais qu’est ce que vous faites la, Brownie ?" demanda Corso à la figure qui le regardait de derrière la porte. Brownie était supposé être à l’extérieur de l’immeuble, pas à l’intérieur. C’était un manquement aux règles.

« Vous ne comprenez pas, Major " chuchota-t-il à nouveau, « Vous devez voir cela. »

« Il vaudrait mieux » dit Corso en s’approchant de l’endroit ou se tenait Brownie et attendit qu’il sorte. « Maintenant, vous sortez pour que je puisse vous voir » ordonna t’il. Brownie sortit sa tête de derrière la porte et dit « Vous savez ce qu’il y a ici ? ». L’immeuble était interdit d’accès à quiconque. Même les sentinelles devaient rester dehors parce que ce qui était à l’intérieur était classifié “Accès interdit”.

« Brownie, vous n’êtes pas supposé être là » dit Corso, « Sortez et dites-moi ce qu’il se passe ». Brownie sortit par la porte et Corso put voir que son visage était pâle, comme s’il avait vu un fantôme. » Vous n’allez pas croire ça" dit-il, "Je ne le crois pas moi-même et je viens pourtant de le voir. »

« De quoi parlez-vous ? » demanda Corso. « Les gars qui ont déchargé ces caisses », dit Brownie, « ils nous ont dit qu’ils amenaient ces caisses de Fort Bliss et que cela provenait d’un accident au Nouveau Mexique. »

« Oui et alors ? » demanda Corso avec impatience. « Eh bien, ils nous ont dit que tout cela était Top Secret mais qu’ils avaient regardé à l’intérieur des caisses. Tout le monde l’a fait pendant le chargement des caisses dans les camions. Les gars qui ont chargé ces caisses ont dit qu’ils ne croyaient pas ce qu’ils avaient vu. Vous avez l’autorisation d’accès, Major, vous pouvez venir. » Corso était l’officier de garde, il avait donc accès à tous les endroits de la base pendant la garde. Donc, il entra à l’intérieur de la clinique vétérinaire. Il n’y avait personne à part lui et Brownie. « C’est quoi toutes ces caisses ? » demanda-t-il.

« Justement, Major, personne ne le sait » dit Brownie, « les chauffeurs nous ont dit que cela venait d’un avion crashé dans le désert quelque part autour de la base du 509e groupe. Mais quand ils ont regardé à l’intérieur, ce n’était rien de connu. Rien de cette planète. » C’était la chose la plus stupide que Corso ait entendu. Lui et Brownie marchèrent jusqu’aux caisses. « Vous n’êtes pas supposé être ici » dit Corso, « Vous feriez mieux de partir. »

« Je surveille dehors pour vous, Major » répondit Brownie. Corso attendit que Brownie reprenne sa place dehors. Il y avait une trentaine de caisses en bois entassées le long d’un mur. Corso utilisa sa lampe torche et marcha autour jusqu’à ce que sa vue s’habitue à l’obscurité. Corso trouva une caisse sur laquelle le dessus semblait avoir été ouvert récemment. Corso posa sa lampe et commença à retirer les clous qui avaient visiblement déjà été retirés avec un marteau à clou. Il fit glisser le couvercle le long de la caisse, reprit sa lampe et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Son estomac se retourna et Corso se figea. Cette caisse était une sorte de cercueil, mais un cercueil comme il n’en avait jamais vu. L’intérieur était entouré d’une sorte de paroi en verre et était rempli d’un liquide bleu lumineux, un peu comme un gel. La chose flottait et brillait comme la peau d’un poisson.

Au début, Corso pensa que c’était le cadavre d’un enfant qu’ils emmenaient quelque part, mais ce n’était pas un enfant. Cela avait une forme humaine, de 120 cm de haut, avec des bras, des jambes, des pieds, et une tête énorme. Corso toucha la peau grise, mais cela ressemblait plus à une sorte de vêtement en une seule pièce qu’à de la peau. Ses yeux avaient du rouler dans leurs orbites parce qu’il ne put voir de pupille ou d’iris. Ces yeux étaient démesurés et pointaient vers le bas, de chaque côté du très petit nez. Cela ressemblait à un nez de bébé. La chose n’avait pas d’oreille, pas de pommette saillante, pas de sourcil et aucun cheveu. Elle avait une bouche très fine et fermée, ressemblant plus à un pli qu’à un orifice fonctionnel. Le corps n’avait aucun dommage et aucune indication comme quoi il avait été impliqué dans un accident. Il n’y avait pas de sang, pas de coupures. Dans le conteneur, Corso trouva un document des services de renseignement militaires qui décrivait la créature comme étant un occupant d’un vaisseau qui s’était écrasé à Roswell, Nouveau Mexique, plus tôt ce week-end, et envoyé à la base de Wright Field puis à la morgue de Walter Reed. Corso remit le document dans la caisse. À cause du temps perdu à examiner la chose, il avait raté certains points de contrôle de sa garde mais personne, apparemment, ne le remarqua le lendemain. Corso espérait avoir vu une sorte de mutation humaine due à la radioactivité. Il savait qu’il ne pouvait parler de cela à personne et espérait ne jamais revoir cela à nouveau. Il chercha l’origine possible de la chose : expérience génétique nazie, monstre de cirque mort, mais il savait que cela ne pouvait être qu’une seule chose : un extraterrestre. Corso remit le couvercle sur la caisse et enfonça les clous avec le dos de sa lampe. Il rejoignit Brownie à la porte. « Vous savez que vous n’avez jamais vu cela » dit Corso, « et vous ne direz rien à personne. »

« Vu quoi, Major ? » répondit Brownie. Corso retourna au quartier des officiers en repensant à l’image de la chose.

 

4 – Les objets de Roswell

Corso ne revit jamais le corps de la créature sauf à travers des photos d’autopsie et des rapports médicaux envoyés pour lui en 1961, au Pentagone. Quand Corso arriva au Pentagone, en 1961, il était Lieutenant Colonel. Il entra dans le bureau du Général Trudeau. « Alors, quel est le grand secret, Général ? » demanda-t-il à son nouveau patron. C’était une façon bizarre de parler à un Général, mais ils étaient devenus amis pendant que Corso travaillait dans l’équipe d’Eisenhower. « Pourquoi pas le bureau d’en face ? » demanda-t-il.

« Parce qu’ils vous ont toujours observé, Phil » dit Trudeau. Il marcha avec Corso à travers les bureaux d’archives. « Les choses n’ont pas beaucoup changé depuis votre retour d’Allemagne. » dit-il, « Nous savons qui sont nos amis et qui nous pouvons croire. » Ils étaient en guerre froide et il y avait des ennemis partout autour d’eux : Dans les services de renseignement et même à la Maison Blanche. Ils savaient que la CIA était infiltrée par le KGB. Trudeau dit à Corso, « J’ai besoin de vous pour couvrir mes arrières, colonel. J’ai besoin de vous pour voir parce qu’avec tout ce que j’ai à faire, je ne peux pas me protéger moi-même. » Corso devint donc l’assistant spécial de Trudeau au R&D (Recherche & Développement), une des divisions du Pentagone et une des plus sensibles parce qu’elle travaillait avec les plans les plus classifiés et avec elle, le design des futures armes devenait réalité. Le R&D était le relais entre la lueur dans l’œil de quelqu’un et le prototype sortant d’une usine pour montrer son potentiel. Le travail de Corso était de garder tout cela secret jusqu’à ce qu’il soit développé.

« Mais il y a autre chose que vous allez faire pour moi, Phil » dit Trudeau, « Je vais faire déplacer cette armoire dans votre bureau. » Corso avait son bureau au deuxième étage, juste sous celui de Trudeau. Il pouvait ainsi entrer par la porte de derrière dans le bureau de Trudeau sans que quiconque puisse le voir. « Ce sont des dossiers spéciaux, du matériel de guerre, que vous n’avez jamais vus avant. Je veux que vous les preniez sous votre responsabilité au R&D » dit Trudeau. Le rôle de Corso au R&D était de lire les rapports des services de renseignement, de visionner des tests d’armes, de discuter avec des scientifiques et avec des universitaires pour savoir ce qu’ils savaient du travail de leurs collègues au-delà des mers. Puis, il devait écrire des propositions d’armes nouvelles que l’armée américaine aurait sûrement besoin. L’armée cataloguait les recherches sur les armes en deux catégories : les domestiques et les étrangères. Corso devait savoir ce que les Français faisaient avec leurs hélicoptères, si les Anglais étaient capables de fabriquer un avion à décollage vertical. Il y avait le V3 Allemand, le grand-père de la “Grosse Bertha” avec lequel les Allemands pilonnèrent Paris pendant la Première Guerre Mondiale. Ils découvrirent après l’invasion de Normandie le travail des Nazis sur les avions à réaction et les nouveaux Panzers qui auraient changé le cours de la s’ils avaient eu un peu plus de temps. Le rôle de Corso était de récupérer cette technologie, de reprendre les idées guerre qu’ils n’avaient pas eues eux-mêmes et il devait émettre des recommandations sur la façon d’incorporer tout cela dans les plannings d’armements en cours.

« Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe habituellement dans les mains » dit Trudeau, « Je ne sais pas ce que vous avez eu l’occasion d’apprendre sur cela quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d’écrire un quelconque rapport, vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell. » Corso ne fit pas tout de suite la connexion entre le dossier de Roswell et ce qui se trouvait dans le bureau du Général Trudeau. Trudeau appela quatre hommes qui transportèrent l’armoire jusqu’au bureau de Corso au 2è étage.

Trudeau dit aux hommes, « Ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Ne parlez à personne. Si quelqu’un vous arrête, dites-lui de venir me voir. C’est un ordre. » Trudeau se tourna vers Corso et dit « Pourquoi ne passeriez-vous pas un peu de temps avec tout cela, Phil ? Mais pas trop de temps. » Corso passa quelques temps à réfléchir dans son bureau sur pourquoi ces dossiers l’attendaient dans le bureau de Trudeau et pourquoi il avait voulu lui en parler directement seul à seul. Trudeau n’avait rempli aucun bordereau pour le transfert de l’armoire. Donc, quoi que ça puisse être, c’était sérieux et très secret. Corso se rappela ce 6 Juillet 1947, au Kansas, où il avait vu la chose dans la caisse, à Fort Riley, et espérait que ce qui se trouvait dans l’armoire n’ait pas de lien avec tout cela. Corso ouvrit l’armoire et immédiatement eut la chair de poule. Il savait, en regardant les boîtes à chaussures pleines de ferrailles enchevêtrées, à l’étrange vêtement et à d’autres articles, que sa vie allait subir un grand changement. Donc, voilà ce que c’était : du matériel récupéré à Roswell. Corso entendit des pas et Trudeau passa la tête par la porte, « Vous avez regardé à l’intérieur ? » demanda-t-il. « Que me faites-vous, Général ? » répondit Corso, « Je pensais que nous étions amis. »

« C’est justement pour cela que je vous ai donné ceci. » dit Trudeau. « Vous savez combien tout cela est précieux ? Vous savez ce que feraient toutes les autres agences pour avoir ceci dans leurs mains ? » « Ils me tueraient » dit Corso. « Ils voudraient vous tuer, de toute façon » répondit Trudeau, « L’Air Force voudrait ceci parce qu’elle pense que c’est à elle. La Navy voudrait ceci parce qu’elle veux tout ce qu’à l’Air Force. La CIA le voudrait aussi pour pouvoir le donner aux Russes. » « Que voulez-vous que je fasse, général ? », demanda Corso. « J’ai besoin d’un plan, Phil, pas seulement sur ce que sont ces éléments mais sur ce que nous pouvons faire avec. » Cela avait l’air, purement et simplement, d’un complot. "Regardez, quel est notre plus grand problème ? » demanda Corso. « Les mêmes qui ont perdu la guerre de Corée pour nous et que vous avez combattus à la Maison Blanche. » dit Trudeau, "Vous savez exactement ce que je veux dire. Cela ne doit pas tomber dans de mauvaises mains sinon aussi sûr que nous sommes dans le Pentagone, cela ira directement au Kremlin. » « Nous devons d’abord savoir ce que nous avons. C’est donc votre travail. Avons-nous quelque chose d’utilisable ? » « Quelqu’un sait que j’ai cela ? » demanda Corso. « Ils vous regardent comme ils me regardent » répondit Trudeau.

1) D’abord, il y avait un filament clair et flexible composé de fils, ressemblant à du verre, tortillés ensemble dans une espèce de gaine grise comme s’ils étaient des câbles pour une jonction. C’était des filaments étroits, plus fin que des fils de cuivre. Quand Corso tenait la gaine dans la lumière du bureau, il pouvait voir une lueur venir à travers eux comme s’ils la transportaient et la cassaient en différentes couleurs. Quand le personnel trouva ceci à côté de l’épave de l’objet, il a dû penser que cela était un relais électrique.

2) Ensuite, il y avait le mince morceau gris en forme d’huître de 60 cm de côté qui ressemblait à du plastique mais qui avait sur sa surface de minuscules "traces". Ces traces avaient la taille d’une pièce de 25 cents, mais la forme rappelait à Corso celle d’un insecte à cause des centaines de pattes qui sortaient à angle droit du corps. Quelques uns étaient de formes arrondies et d’autres elliptiques. C’était un circuit, comme il était possible de le constater à travers une loupe, mais un circuit inconnu de Corso. C’était un morceau de circuit qui provenait d’un large tableau de bord dans le vaisseau.

3) Corso était aussi intéressé par un dossier descriptif qui accompagnait deux pièces d’une sorte de peau noire. Comme une lentille pour œil de forme elliptique. Les pathologistes de Walter Reed disaient que ces lentilles adhéraient aux yeux des créatures extraterrestres et semblaient réfléchir la lumière existante. Même s’il faisait sombre, cela illuminait et intensifiait les images afin de permettre aux porteurs de voir les objets. Les rapports disaient que les pathologistes de l’hôpital de Walter Reed qui avaient fait l’autopsie d’une de ces créatures, avaient essayé de regarder à travers elles dans la nuit pour voir les sentinelles militaires et les aides médicales marcher dans un corridor adjacent au laboratoire. Les figures étaient illuminées d’une lueur orange, dépendant de la façon de tenir ces lentilles. Les pathologistes ne pouvaient voir que leurs silhouettes mais avec les lentilles, ils pouvaient voir les rangées de fourniture sur les murs et les objets sur les bureaux. Corso pensa que peut-être les soldats pourraient porter une lunette qui intensifierait les images afin de permettre la navigation dans l’obscurité. Ces choses ne transformaient pas la nuit en jour, elles illuminaient seulement les silhouettes des objets. Il y avait une feuille argentée, terne, que vous pouviez tordre, plier, comprimer et qui reprenait ensuite sa forme originale (Ndbl - matériau à mémoire de forme), sans aucun pli. C’était une fibre métallique qui avait les caractéristiques de ce qui s’appellerait plus tard, "Super Ténacité". Quand Corso essayait de couper la feuille avec des ciseaux, les lames glissaient dessus. Les fibres semblaient aller dans une même direction. Pour Corso, c’était un vêtement avec des fibres métalliques, qui avait la douceur et la malléabilité d’un tissu et la force et la résistance d’un métal.

4) Il y avait une description et un croquis sur un autre objet. Comme une sorte de lampe torche avec sa propre source d’énergie et qui n’était pas une pile. Les scientifiques à Wright Field qui avaient examiné cela disaient qu’ils ne pouvaient pas voir le rayon de lumière (laser) sortir de l’objet mais que lorsqu’ils tenaient l’objet face à un mur, ils pouvaient voir un petit rond rouge de lumière sur celui-ci. Quand ils faisaient passer un objet entre le mur et la lampe, le rayon était si intense que l’objet commençait à fumer. Ils jouèrent longtemps avec avant de comprendre que c’était un couteau extraterrestre. Lorsque de la fumée passait dans le rayon, celui-ci devenait tout à coup visible. Pourquoi les occupants du vaisseau avaient un couteau de cette sorte ? C’est plus tard que Corso, en lisant des rapports militaires sur les mutilations de bétail durant lesquelles des organes étaient retirés sans traumatisme des tissus, réalisa que le rayon de lumière était un scalpel qui avait été utilisé par les extraterrestres lors d’expériences médicales sur les troupeaux.

5/ Il y avait un objet étrange, une sorte de bandana qui avait des connexions électriques sur une face. Peut-être récupérait-il les ondes cérébrales comme un encéphalogramme. Mais aucune expérience ne prouva qu’il fasse quelque chose d’équivalent. Les scientifiques ne savaient pas comment l’utiliser et ne savaient pas qu’elle était la source d’énergie utilisée.

Pentagon

5 – À l’intérieur du Pentagone, au bureau des R&D

Le Pentagone ne dort jamais, il y a toujours quelqu’un en train de travailler. Corso passait plus de temps dans son bureau que chez lui. Soirée, week-end, tôt le matin avant l’aube, Corso réfléchissait sur la stratégie à recommander à son patron. Tout le monde pense que le Pentagone est une énorme entité avec un seul esprit et avec un seul but. Tout le monde pense aussi que l’armée américaine n’a qu’un seul but, que tout le monde marche ensemble. C’est totalement faux.

L’armée Américaine et le Pentagone sont comme n’importe quelle grosse entreprise avec des centaines de bureaux différents. Beaucoup de buts différents et des agendas différents. Comme la Navy, l’Air Force avait des partisans différents avec des buts différents. Chacun jouait avec l’autre dans un seul but : avoir la plus grosse part du budget militaire (Ndbl - de nos jours, le budget annuel de l’armée américaine est de 600 milliards de dollars). Et au centre de tout cela, l’endroit où serait dépensé tout cet argent par les gens qui développeraient des armes dans leur branche militaire respective. Donc, avec toutes ces tensions entre les bureaux du Pentagone, Corso ne mit pas longtemps à comprendre la politique à suivre pour son nouveau travail. Avec les rapports de terrain, les analyses scientifiques, les autopsies médicales et les débris technologiques du crash de Roswell, il devait tout mettre sous clé. Quand les gens pensent que vous n’êtes pas là, ils parlent. Et c’est à ce moment-là que vous apprenez des choses.

Durant les deux premières semaines de son travail, Corso entendit beaucoup de choses, notamment sur la politique utilisée pour la découverte de Roswell durant les 40 ans séparant le crash et les intenses discutions à la Maison Blanche après qu’Eisenhower soit devenu Président. Chaque branche de l’armée avait protégé ses propres dossiers sur Roswell et avait essayé de récupérer le plus possible de matériel de Roswell. Certainement, tous les services avaient leurs propres rapports des examinateurs à Walter Reed et à Bethesda en ce qui concernait la physiologie des extraterrestres. Il était clair, pour Corso, que vu la façon dont l’Air Force et la Navy formulaient leurs plans de développement d’armes avancées, quelques pièces de même nature que celles de Corso se trouvaient dans ces autres services. Personne ne disait rien, mais tout le monde voulait savoir ce que possédait l’autre. Malgré tout, il y avait de réelles histoires qui circulaient. Par exemple, Corso entendit une rumeur comme quoi l’Air Force gardait l’ovni à la base d’Edwards, en Californie et qu’elle étudiait la technologie du vaisseau et plus particulièrement le système de propulsion par ondes magnétiques. D’autres rumeurs circulaient autour de l’Air force à propos de l’implication de Roswell sur le design des bombardiers en forme d’ailes. L’armée avait développé des avions en forme d’aile après la Première Guerre Mondiale et un an après l’écrasement de Roswell, étrangement, la compagnie Jack Northrop commençait les essais de leur aile volante, YB49.

 

Un bombardier

YB49

Le YB49 avec ses 4 queues verticales était si ressemblant avec la forme de l’appareil de Roswell qu’il était difficile de ne pas faire le lien. Mais le développement des ailes volantes commença 10 ans avant l’arrivée de Corso aux R&D donc, il n’a pas de preuves sur ce lien entre le bombardier et le vaisseau. Le Général Trudeau avait raison lorsqu’il disait que tout le monde au Pentagone regardait le bureau des R&D parce qu’ils pensaient que les R&D avaient quelque chose. Les gens voulaient savoir sur quoi les R&D travaillaient, juste pour être sûr que ce n’était pas sur la même chose qu’eux et que les R&D ne gaspillaient pas le budget. En plus des regards des autres services, Corso et Trudeau devaient faire face aux analystes de la CIA. La CIA amassait le maximum de pouvoir possible. L’information c’est le pouvoir, et plus la CIA essayait de se renseigner sur les programmes de développements en cours, plus les R&D étaient nerveux.

« Vous m’avez mis sur un siège brûlant, Général » dit Corso, « Comment la CIA sait-elle ce que nous avons ? »

« Ils font seulement des suppositions, je pense » répondit-il, « Ils utilisent le processus d’illumination. Regardez, tout le monde suspecte ce que possède l’Air Force. » Trudeau avait raison. Tout le monde au Pentagone pensait que l’Air Force possédait le “Saint Graal”, un vaisseau spatial et même un extraterrestre vivant. Personne n’était certain mais tout le monde savait qu’après la séparation de l’Air Force avec le reste de l’armée, en 1948, celle-ci avait envoyé du matériel de Roswell à Wright Field, Ohio, base de l’Air Force. La Navy avec sa technologie sous-marine et ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires luttait avec son propre problème : Les UUO ou USO — Unidentified Submerged Objets (objets sous-marins non identifiés) — la Navy cherchait où ils avaient construit leurs bases sous-marines bien plus en profondeur que les capacités de leurs meilleurs sous-marins. La Navy était occupée à faire sa propre guerre contre les vaisseaux extraterrestres dans l’air et sous la mer.

Les R&D devaient développer un camouflage sur la technologie de Roswell. Ils opéraient avec le budget normal pour l’analyse des nouvelles armes. Ils avaient des contrats avec les plus grandes entreprises nationales. Les buts des recherches étaient d’améliorer les armes actuelles avec les renseignements collectés dans les autres pays. Les Français, les Italiens, les Allemands avaient leurs propres systèmes d’armement et leurs propres développements en cours qui semblaient exotiques pour les standards Américains mais qui pouvaient avoir certains avantages. Ce que l’armée avait récupéré à Roswell était probablement le secret le mieux gardé. Jusqu’en 1961, l’armée n’avait pas trouvé de plan particulier pour utiliser cette technologie sans révéler sa nature. En 1961, Trudeau lança le développement. D’abord, il fallait savoir comment les informations - rapports sur le terrain, autopsies, descriptions d’objets et les objets eux-mêmes étaient arrivés au bureau des R&D. La recherche de Corso ne concernait pas le crash en lui-même.

Roger Ramey

Le jour suivant l’écrasement, Bill Blanchard du 509è Groupe, envoya les débris extraterrestres à Fort Bliss, où l’équipe du Général Roger Ramey détermina sa position finale et que l’histoire officielle du gouvernement, le cover-up (dissimulation), commença à être déployé. Dans les heures qui suivirent l’arrivée de Corso au Texas, il y eut tellement de confusion sur ce qui avait été trouvé que les officiers militaires, qui avaient la responsabilité de la découverte, créèrent rapidement une histoire de remplacement et un plan de mise au silence des témoins militaires et civils fut lancé. L’histoire de remplacement était facile, le Général Ramey ordonna au Major Jesse Marcel de se rétracter sur son histoire de soucoupe volante et de poser pour de nouvelles photos avec des débris de ballon météo, qu’il décrivit comme les restes découverts à l’extérieur de Roswell. Marcel suivit les ordres et la soucoupe volante devint officiellement un ballon météo. Le silence des témoins militaires fut facile grâce à l’ordre de Général Ramey, au personnel du 509è et de Fort Bliss, de dénier qu’ils faisaient partie d’une opération de récupération différente de celle d’un ballon météo. Une fois que le matériel arriva à Wright Field, sous la responsabilité du Lieutenant Général Nathan, Twining Ramey dénia tout de l’histoire et que ce n’était plus de sa responsabilité.

Le Général Ramey traita l’accident comme touchant la “Sécurité Nationale”. Il déploya le personnel des Renseignements du 509è Groupe et lui ordonna d’aller dans la ville pour supprimer l’histoire du crash et de sa récupération. Aucune info ne devait sortir, aucune spéculation tolérée. L’histoire circulant sur une soucoupe volante devait être écrasée.

Le 8 Juillet, la suppression de l’histoire du crash était en cours. L’armée avait fourni une nouvelle histoire pour la presse. Les officiers du CIC soudoyaient ou menaçaient les témoins, les forçant à se rétracter de leurs témoignages. Mac Brazel, le fermier qui fut le premier sur le site pendant la récupération, disparut pendant deux jours puis réapparut en ville avec un camion pick-up neuf. Il dénia avoir vu quelque chose. Les officiers du CIC rencontrèrent les habitants de la ville et parlèrent avec les parents à propos de ce que leurs enfants entendaient. Quoi que les gens pensaient sur ce qu’il s’était passé, l’armée disait que c’était faux et que cela devait rester comme cela. Le travail de mise au silence marcha si bien que pendant les 30 années suivantes, l’histoire resta étouffée.

 

Nathan Twining - USAF General

 

Robert Cutler

Nathan Twining  (à gauche) est devenu important aux yeux des ufologues à cause de son implication dans des réunions top secrètes à la Maison Blanche. Elles avaient pour but de découvrir l’implication des ovnis dans la Sécurité Nationale. Il intéressait aussi les ufologues à cause de ses relations avec Robert Cutler, l’assistant spécial de la Sécurité Nationale qui était le lien entre la NSC et le Président Eisenhower. Corso était dans la NSC, dans les années 1950. Le Général Twining était celui qui avait fait la première étude et qui avait disséminé le matériel de Roswell. En partie à cause des ses capacités à gérer l’AMC, il devint membre d’un groupe de militaires et de civils rassemblés par le Président Truman afin de l’aviser sur la découverte de Roswell et de ses implications dans la Sécurité Nationale. Le Général Twining voyagea jusqu’à la base d’Alamogordo, Nouveau Mexique, et y resta jusqu’au 10 Juillet.

Werhner von Braun

La base d’Alamogordo n’était pas seulement importante pour son site d’essais nucléaires, entre 1940 et 1950, mais aussi parce que là s’y trouvait le bureau de l’Army Material Command. Là-bas, se trouvaient des spécialistes des fusées, comme Werhner von Braun et d’autres. Il y avait des installations sensibles, spécialement durant l’activité ufologique ce week-end et il est parfaitement censé qu’immédiatement après la découverte de l’ovni, le Général, qui était responsable, veuille gérer cette découverte directement sur les lieux avec ses meilleurs spécialistes. Corso n’a jamais vu le mémo de Truman au pour le Général Twining à propos de son voyage au Nouveau Mexique. Il a entendu des histoires comme quoi Truman aurait directement contacté Twining au Nouveau Mexique et lui aurait donné l’ordre d’enquêter sur le crash et de lui rapporter directement, à la Maison blanche, ce qu’il avait trouvé. Corso pense que le rapport du Général Twining au Président confirmait que l’armée avait récupéré quelque chose dans le désert et que cela suggérait la création d’un groupe pour définir la politique à adopter sur cette découverte.

Dans les 48 heures après l’écrasement, personne ne savait ce qu’était l’objet. Pendant que les débris étaient transportés de Fort Bliss à Wright Field, le Général Twining volait vers Wright Field pour voir les analyses et l’évaluation du trésor de Roswell. Twining revint rapidement à son bureau. Les corps des extraterrestres furent autopsiés dans le secret et le vaisseau et son contenu, analysés, catalogués, et préparés pour être disséminés dans différentes installations militaires. Tout ce qui avait un rapport avec le crash était classifié au plus haut niveau. Le camouflage officiel était très important en 1947 et toujours aussi important en 1961. Il était important parce que l’armée était impliquée en 1947 dans une guerre, une guerre froide mais une guerre quand même. Donc, l’armée traita le matériel de Roswell comme si c’était une opération dans des conditions de combat pour que les Soviétiques ne mettent pas la main dessus. Le Général Twining vit lui-même le matériel et avant son départ de Wright Field, il discuta avec les spécialistes des fusées qui faisaient partie de son équipe à Alamogordo. Ensuite, il compila un rapport qu’il donna au Président Truman. Il recommandait la création d’un groupe de militaires et de civils qui deviendrait, plus tard, le groupe responsable de ce qui pourrait devenir un futur contact avec des extraterrestres (Ndbl - On peut être persuadé que ce contact a bien eu lieu, il y a quelques décennies).

George Shulgen

Comme des histoires de crash et d’observation d’ovnis apparaissaient, le Général Twining eut besoin d’établir un chaînon de sécurité inférieur afin qu’il puisse échanger des informations avec d’autres commandants qui n’avaient pas accès aux niveaux supérieurs. Le Général Twining avait besoin de maintenir un cover-up à l’intérieur même de l’armée. Le premier des rapports de Twining au commandant de l’Air Force à Washington datait du 23 Septembre 1947. Il était écrit à l’intention du Général George Shulgen. Ce rapport parlait, en termes basiques de la prise en considération, par le Service des Renseignements de l’Air Force, des ovnis. Twining écrivit un certain nombre de conclusions basées sur ses propres informations de premières mains, comme par exemple le matériel en possession de l’armée.

« Les soucoupes volantes ne sont pas des illusions », disait Twining, « elles sont quelque chose de réel et pas une vision. »

« Bien que certaines observations soient dues à des météorites, ou à d’autres raisons naturelles » écrit-il « Ces rapports sont basés sur des observations de vrais objets. »

« Approximativement de la forme d’un disque avec une taille appréciable pouvant être de fabrication humaine. »

Comme le rapport n’était pas à diffusion publique, Twining s’émerveilla sur les caractéristiques de ces appareils. Il écrivit que leur extrême manœuvrabilité et leurs actions évasives pour éviter tout contact étaient une intention hostile. Les officiers estimaient que ces objets ainsi que leurs occupants étaient une menace militaire. Il décrivit le vaisseau de la même façon que les témoignages, « Réflexion lumineuse ou surface métallique. Absence de queue excepté dans les conditions de très hautes performances. Forme circulaire ou elliptique. Plat sur le dessous et bombé sur le dessus. Vols en formation de 3 à 9 objets. Pas de son excepté dans quelques cas ou un grondement est entendu. Ces objets se déplacent trop vite pour être des avions de cette époque. (Ndbl. et même aujourd’hui) » Pour que les USA puissent développer un tel appareil, le coût et la charge de travail nécessiteraient que le projet soit indépendant et extérieur au développement normal. En fait, Twining, suggérait au commandant de l’Air Force, qui deviendrait une branche à part dans l’armée l’année suivante, d’exploiter la technologie récupérée séparément et indépendamment des programmes de développement normal. La description des projets ‘Top Secret’ de la base de Nellis ou de la Zone 51, au Nevada, semblait avoir le profil des recommandations de Twining. Il ne fut pas révélé au commandant de l’Air Force que Twining lui-même avait visité des bases au Nouveau Mexique dans les heures qui suivirent l’écrasement. Le Général disait à ses patrons que les militaires devaient traiter les soucoupes volantes comme étant d’origine domestique, « Les produits d’un projet de haute sécurité », développés par les USA en dehors des circuits normaux, ou développés par une puissance étrangère. Quand Twining suggérait aux officiers de l’AAF que toutes les branches de l’armée devaient participer à cette information, la dispersion du matériel de Roswell était déjà en route. Et c’est pourquoi cette technologie est arrivée en possession des R&D.

Trois jours après ce mémo, le 26 Septembre 1947, Twining remis son rapport sur l’écrasement de Roswell et son implication pour les USA au Président TRUMAN. Il fournit aussi une petite liste d’officiels qu’il rassemblerait pour commencer à gérer le sujet. Ce groupe était composé de :

Majic 12

Ce groupe, à la Maison Blanche, était appelé, “Le Groupe”. Il était aussi connu sous le nom “MAJESTIC 12”. Mais le plan ne s’arrêtait pas à la création de ce groupe de travail. En fait, l’opération se développa rapidement en quelque chose de plus sophistiqué parce que les soucoupes volantes de Twining n’étaient pas parties. De plus en plus d’informations arrivaient : Des officiers de la police tapaient des rapports sur des civils effrayés, des pilotes de ligne étaient suivis par d’étranges objets... Le groupe réalisa qu’il devait définir une politique pour maintenir quelque chose qui devenait un phénomène de masse. Ils avaient besoin d’une mécanique pour gérer les centaines de rapports d’ovnis. Le groupe devait aussi estimer la menace de l’Union Soviétique et d’autres pays, en présumant, bien sûr, que les soucoupes volantes ne se contentaient pas de survoler les USA. Ce groupe devait aussi chercher comment utiliser la technologie de Roswell. (Ndbl – Voilà pourquoi du cheval nous sommes passés dans les étoiles en quelques décennies). Il créa donc des petits comités et des sous-groupes, quelquefois des organisations complètes, comme le projet BLUE BOOK, sans qu’il n’y ait aucune fuite. Tout était dirigé par ce groupe. Les plans à long terme sur la technologie de Roswell pouvaient commencer.

 Mais comment faire cela ?

 Où mettre le matériel ?

 Et comment camoufler ce que les militaires faisaient ?

Twining avait un plan. Dans le rapport 100-203-79 de 1948, intitulé, « Analyses des accidents de soucoupes volantes aux USA », les ovnis ne sont pas montrés comme extraterrestres mais comme éléments de “Technologie Étrangère.

Ce rapport inoffensif pour la plupart des gens, parce qu’il ne dit pas que les soucoupes volantes viennent de l’espace, est un des premiers qui montre comment le plan de camouflage était supposé fonctionner dans les années suivantes. Les auteurs de ce rapport ont localisé, dans l’administration militaire, le seul endroit où toutes les recherches pourraient se faire : le bureau des Recherches et Développements de technologies étrangères. Ici, le matériel pourrait être en sécurité jusqu’à ce que l’armée décide de quoi faire de lui. Il ne fallait pas appeler cela extraterrestre mais “Technologie Étrangère”. Et c’est pourquoi, 12 ans plus tard, la technologie de Roswell qui se trouvait dans une vieille armoire se retrouva dans le bureau de Corso.

 

OVNIS : 50 (70) Ans De Déni ? (1/4)

6 – La dissimulation

Roswell Daily Record

Corso entendit cette histoire racontée par l’équipe de la Sécurité Nationale d’Eisenhower, six ans plus tôt. Pendant que le Général Twining volait de l’Ohio vers le Nouveau Mexique, à Moscou, Joseph Staline était furieux. Il tenait une copie du “Roswell Daily Record” daté du 8 Juillet 1947. Il n’avait pas besoin d’un journal américain pour lui dire ce que ces gens du NKVD lui avaient rapporté une semaine avant : qu’une équipe de récupération militaire avait eu un vaisseau extraterrestre écrasé dans le désert du Nouveau-Mexique et qu’elle était en train d’évaluer la technologie découverte. Au début, les Renseignements Soviétiques prirent cela avec scepticisme. Ils pensaient que c’était une histoire fausse pour tromper les espions soviétiques suspectés d’avoir infiltré les bases secrètes américaines. Ainsi, si les Soviétiques réagissaient à l’histoire, les Américains pourraient localiser ces espions. Mais quand les journaux parlèrent du crash puis du ballon météo, les Soviétiques comprirent que c’était réel. Lors d’une réunion avec des scientifiques soviétiques, Staline leur demanda ce que les USA pouvaient faire avec ceci. Dans ce groupe se trouvait le chef du programme, embryonnaire, sur les missiles à carburant liquide. Lui et d’autres avaient les dossiers des armes secrètes allemandes à la fin de la guerre et savaient exactement où en étaient les Américains avec leur programme de missiles guidés. Toutes les informations nécessaires étaient données par les agents sur le terrain. Mais ils n’avaient jamais entendu parler du crash.

Les programmes de missiles américains étaient entièrement basés sur les recherches allemandes récupérées avant la fin de la guerre. Ce fut le projet “PAPERCLIP” qui débuta en 1944. Les designers du V2 comme Wernher von Braun, Willy Ley et d’autres furent envoyés aux USA. L’armée américaine s’était appropriée, avec succès, leur technologie et commençait ses essais au Nouveau Mexique. Les Soviétiques avaient eux aussi leur propre technologie allemande récupérée par les services de renseignement et par les partis communistes locaux dans les pays occupés. Les Allemands avaient développé un Jet en forme d’aile volante, un Messerschmitt, et des sous-marins U-Boat lanceurs de V1 et de V2. Tout ce qu’ils avaient besoin, c’était d’un peu de temps pour déployer une petite flottille de U-Boats prés des côtes américaines afin de bombarder le pays. C’était leur stratégie à la fin de l’année 1944.

Avec leurs armes nouvelles, ils pouvaient battre les alliés. Les Américains et les Soviétiques voulaient posséder les armes allemandes et en particulier les V2. Après la guerre, les deux camps étaient à égalité dans la récupération des armes allemandes mais le crash du vaisseau c’était une autre affaire. Les Américains pouvaient prendre un énorme avantage sur les Soviétiques. C’est pourquoi ceux-ci cherchèrent ce que les Américains avaient bien pu récupérer du crash. Les agents soviétiques rapportèrent que la petite ville de Roswell parlait de petites créatures sur le site de l’écrasement et d’un vaisseau que l’armée avait emmené dans un camion. Mais ces histoires avaient été rapidement mises sous silence grâce aux services de renseignement militaire américains. Les Américains n’étaient pas les plus efficaces pour capturer des espions, mais les renseignements étaient en alerte bien avant que les Russes ne sachent qu’une soucoupe volante avait été récupérée. Pendant l’été 1947, et à partir de la base du Nouveau Mexique, les agents du CIC questionnèrent quiconque semblait intéressé par ce qu’il s’était produit à Roswell. Vous posiez des questions et un couple d’agents frappait à votre porte et fouillait vos affaires sans mandat de perquisition. Début août, cette méthode commença à porter ses fruits. Pendant que le général Twining écrivait son rapport au commandant de l’Air Force à Washington, les commandants de la Navy et du Renseignement de la Navy savaient que les Soviétiques avaient une opération de haute priorité sur place, dans les bases militaires, autour de la région. Les agents soviétiques étaient partout. Roscoe Hillenkoetter, membre du groupe sur les ovnis du président Truman et directeur du Service Central du Renseignement, informait le Président. Une opération de renseignement fut immédiatement mise en place. Il y avait beaucoup de questions :

 Est-ce que cette soucoupe volante était un prélude à quelque chose de plus grand ?

 Est-ce qu’ils communiquaient avec les Soviétiques ? Étaient-ils alliés avec les Soviétiques ?

 Est-ce qu’ils sondaient les défenses militaires pour une invasion planétaire ?

Les militaires avaient toujours estimé que les intentions de ces vaisseaux étaient hostiles, mais que voulaient-ils ? Un secret si grand, à propos des soucoupes volantes, révélé au public, causerait une panique dans la population civile. C’est pourquoi un plan de camouflage élaboré fut établi. De plus, les Américains devaient tenir à l’écart les Soviétiques jusqu’à ce qu’ils sachent ce qu’ils possédaient. Certains disent que ce fut l’idée du Secrétaire à la Défense James Forrestal, d’autres que l’idée vint de Hillenkoetter. Corso ne le sait pas, car pendant la mise en route du plan, il se trouvait à Fort Riley, essayant d’oublier l’image de la créature flottant dans la caisse. Peut-être était-ce Forrestal, après tout. Il était la seule personne du cabinet qui pouvait parler au président Truman. Truman savait comment une histoire pouvait se transformer. C’était pareil pour le général Twining qui s’était trouvé, lui-même, sur le site de l’écrasement. Si Truman voulait des réponses, il devait passer par quelqu’un qui s’était trouvé directement sur les lieux.

« Savons-nous après quoi sont ces fils de putes ? » demanda Truman à propos des extraterrestres trouvés dans la soucoupe volante. « C’est une question que nous devons résoudre » répondirent Forrestal et Hillenkoetter. « Comment allez-vous procéder pour cela ? » Demanda Truman. Forrester et Hillenkoetter expliquèrent qu’ils voulaient que le président écoute ce que le général Twining avait à dire et ensuite qu’il devait convoquer un groupe de militaires, de civils et de personnel du renseignement. Dans cette logique, quoi qu’ils décident de faire, cela ne devait pas être rendu public, pour éviter le risque de fuite auprès des Soviétiques. « Nous ne voulons pas que les journaux et les radios aient quoi que ce soit dans leurs mains. » dirent-ils au président.

« Winchell voudra me crucifier s’il découvre ce que nous allons faire. » dit, apparemment, Truman à cette réunion. Personne dans le secret n’aimait beaucoup le président Truman et il appréciait cela. « C’est comme le projet Manhattan, Mr le Président » lui rappela Hillenkoetter, « c’était la guerre, nous ne devions rien dire à personne. C’est à nouveau la guerre. La même chose. » Ensuite, ils expliquèrent qu’après avoir convenu d’un groupe de travail, ils voulaient créer un détachement spécial pour la recherche extérieure sur la technologie alors que la machine à espionner soviétique était en route. « Nous le cacherons au gouvernement lui-même » expliqua le secrétaire. « Créez un nouveau niveau de sécurité juste pour cela » dit le Directeur du Centre du Renseignement. « Toutes les informations que nous déciderons de diffuser, même en interne, devront descendre à un niveau inférieur empêchant, ainsi, ceux qui auront cette information de remonter plus haut. La seule façon de cacher cela aux Soviétiques, c’est de le cacher à nous-mêmes. » Le président réfléchissait sur la difficulté à cacher un sujet qui était devenu un des sujets les plus chauds.

 Qu’était-il supposé dire quand les gens questionneraient le gouvernement sur les soucoupes volantes ?

 Comment faire des recherches sur ces étranges créatures sans que les journaux mettent la main dessus ?

 Comment étudier les propriétés physiques du matériel décrit par Hillenkoetter sans impliquer des gens externes au gouvernement ?

Truman ne voyait pas comment un gouvernement dans un gouvernement pourrait travailler sans perdre le contrôle. Malgré les assurances de Forrestal, le président restait sceptique. « Et il y a un point final » dit Truman, « Devons-nous dire au peuple américain ce qu’ils’est réellement passé ? » Il y eut un silence.

« Eh ! bien » dit Truman, « Le faisons nous ? » C’était une question simple avec une réponse simple, « oui ou non ». Forrestal et Hillenkoetter répondirent par réflexe, « NON ». Forrestal vit cependant que ce ne serait pas aussi facile. Comme administrateurs en temps de guerre, leur première réponse était naturellement de garder tout secret. Ce que le peuple ne sait pas, il n’a pas besoin de le savoir. Mais le président Truman, qui n’avait pas de passé militaire, avait vu quelque chose que ni Forrestal ni Hillenkoetter n’avaient vu. Si ces vaisseaux pouvaient échapper aux radars et pouvaient atterrir n’importe où, qu’est-ce qui pouvait les empêcher d’atterrir devant la Maison Blanche où devant le Kremlin ? Certainement pas l’armée américaine.

« Alors que dirons-nous lorsqu’ils atterriront ? » continua Truman, « et pour ne pas créer de panique dans les rues identique à celle qui apparaîtrait si nous disions ce que nous savons ? »

« Mais nous ne savons réellement rien » répondit le Directeur du Renseignement. « Rien jusqu’à ce que nous analysions ce que nous avons récupéré. » Le secrétaire à la défense et le directeur du renseignement étaient d’accord avec le président Truman sur le fait qu’il soit sceptique, et plus spécialement sur ce point final de la révélation publique. « Donc nous ne pouvons tirer aucune conclusion tant que vous n’aurez pas rencontré le Général Twining » dit Hillenkoetter. « Je pense qu’il fournira quelques réponses à nos questions. » Pendant que Hillenkoetter et Forrestal étaient en discussion avec le Président Truman à propos du groupe de travail, le Général Twining terminait ses premières analyses des rapports et du matériel envoyé à Secrets Field. Il envoya immédiatement les restes des extraterrestres à l’Hôpital Naval de Bethesda et à l’hôpital militaire de Walter Reed pour différentes analyses. Le vaisseau lui-même fut envoyé à Wright Field, mais comme Twining l’avait promis dans son mémo, il se préparait à distribuer le matériel de l’épave à travers les différents bureaux militaires et civils pour des évaluations complémentaires. Il avait eu l’assurance de l’amiral Hillenkoetter qu’une nouvelle classification de sécurité était mise en place à propos de Roswell. Personne dans l’armée, autres que les noms qu’il avait reçus du président lui-même, ne possédait le niveau de sécurité suffisant pour écouter l’histoire à propos de Roswell que Twining devait fournir au président et au groupe de travail.

Trois mois après sa visite au Nouveau Mexique afin d’écouter ce qu’il s’était passé à Roswell, le général Twining rencontrait le président Truman comme Hillenkoetter et Forrestal l’avaient suggéré. Il expliqua très clairement ce qu’il pensait de l’objet récupéré dans le désert par l’armée. C’était en dehors de toute compréhension, décrivit-il au président, rien qui ne pouvait venir de cette Terre. Si les Soviétiques travaillaient sur quelque chose comme cela, c’était si secret qu’aucun commandant n’en avait entendu parler. Pour Twining, ce qu’ils avaient trouvé n’était pas « de cette Terre ». Après que le résident Truman eut entendu cela, il appela Forrestal pendant que Twining retournait dans l’Ohio. Il était convaincu. C’était plus gros que le projet Manhattan et nécessitait d’être géré à une plus grande échelle et manifestement pour une longue période. Le groupe proposé par Forrestal et Hillenkoetter devait considérer ce qu’ils devaient réellement gérer et pour combien de temps. Ils devaient essayer de garder le secret du vaisseau extraterrestre écrasé à Roswell. Ils devaient le cacher dans ce qui deviendrait plus tard, le plus grand programme de recherche parallèle de l’histoire, la gestion de ce qui pouvait devenir une relation entre l’Amérique et les extraterrestres. Le Général Twining montrait clairement dans ses analyses préliminaires qu’ils enquêteraient sur le phénomène des disques volants, Roswell inclus. Ces entités étaient hostiles, disait le général. Si elles étaient en mission pacifique, elles n’utiliseraient pas des manœuvres d’esquives pour éviter tout contact, même lorsqu’elles pénétraient dans l’espace aérien américain au-dessus des installations les plus secrètes. Elles avaient une technologie bien supérieure à la leur. Ils devaient l’étudier et l’exploiter au cas où ces entités deviendraient plus agressives. S’ils étaient obligés de se battre dans une guerre spatiale, ils devaient comprendre mieux la nature de leurs ennemis, et plus spécialement s’ils devaient préparer le peuple américain à faire face à un ennemi.

Ceci, Truman pouvait le comprendre. Il comprenait que Twining lui décrivait les étrangetés d’un vaisseau spatial qui semblait n’avoir ni moteur, ni carburant, ni aucun système de propulsion apparent, bien qu’il dépasse en vitesse leurs plus rapides chasseurs. Il décrivait les curieuses créatures au look d’enfant qui étaient à l’intérieur de l’appareil et dont une avait été tuée avec un fusil. Il décrivait le fait que vous pouviez voir l’aube de l’intérieur du vaisseau même si le soleil n’était pas encore levé. Il décrivait également les débris métalliques qu’ils ne pouvaient pas brûler ou fondre, un rayon de lumière que vous ne pouviez pas voir jusqu’à ce qu’il touche un objet et le brûle, etc.

Plus de questions que de réponses, disait Twining. C’était en dehors des capacités des militaires de faire quoi que ce soit de pareil. Cela prendrait beaucoup d’énergie humaine, disait le général, et tout le travail à venir devrait rester secret. Le général Twining montra des photographies de ces créatures humanoïdes et des rapports d’autopsie qui suggéraient qu’elles étaient trop humaines. Elles devaient avoir eu des rapports avec notre espèce à un moment donné (Ndbl – ou plutôt l’inverse). Elles étaient intelligentes et capables de communiquer. Des témoins, sur les lieux de l’accident, avaient constaté une sorte de télépathie. Ils ne savaient pas si elles venaient d’une autre planète comme Mars, dans notre système solaire, où d’une autre galaxie. Mais elles possédaient une technologie militaire qui, apparemment, était compréhensible et exploitable même si c’était seulement pour se défendre contre les Soviétiques. Mais en étudiant ce que possédaient ces extraterrestres, les Américains seraient capables de fabriquer un système de défense valable aussi contre eux. À la fin, Twining disait que comme le vaisseau extraterrestre était très ressemblant avec les ailes volantes allemandes Horten, appareils vus par les aviateurs américains à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Il suspectait les Allemands d’avoir rencontré quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. La conversation de Twining avec Wernher von Braun et Willy Ley, à Alamogordo, dans les jours suivant l’écrasement lui avait confirmé ceci. Ils pensaient qu’il y avait une histoire souterraine à propos de ce que construisaient les Allemands. Les similitudes entre les ailes Horten et le vaisseau récupéré n’étaient pas un accident. Les Américains avaient toujours été émerveillés par la technologie avancée utilisée dans les développements d’armes allemands dans un temps si court et pendant la grande dépression.

Avaient-ils eu de l’aide ? Peut-être les Américains étaient aussi chanceux que les Allemands et allaient récupérer une partie de cette technologie pour eux-mêmes. Avec une capacité de manœuvre et d’accélérations pareilles, ce vaisseau occuperait les ingénieurs américains pendant des années rien que pour pouvoir incorporer le design. Cette chose était trop importante à cacher tout ce temps alors que les journalistes tournaient comme des chiens autour d’un os. Donc, mettre ceci sur le plus haut degré de classification n’était pas suffisant. Vous ne pouviez prévenir les fuites, elle pouvaient venir de partout. Le général pensait à ceci avant que le groupe ne prenne sa décision finale. Le président avisera. Mi-septembre, tout ceci était évident pour chaque membre du groupe de travail du président Truman. Groupe constituait de :

 Roscoe Hillenkoetter : Directeur du Bureau Central du Renseignement.

 James Forrestal : Secrétaire à la Défense.

 Le Général Nathan Twining : Commandant de l’AAF puis de l’USAF.

 Donald Menzel : Astronome et expert sur les renseignements cryptographiques de la Navy.

 Vannevar Bush : Président du « Joint Research and Developpement Board. »

 Detlev Bronk : Président du « National Research Council » et biologiste qui sera nommé au « National Committee on Aeronautics. »

 Le Général Robert Montague : Camarade de classe du Général Twining à West Point. Commandant à Fort Bliss et avec un niveau de commandement supérieur au Commandement de White Sands.

 Gordon Gray : Secrétaire du Président Truman et Président du « CIA’s Psychological Strategy Board. »

 Sidney Souers : Directeur du « National Security Council (NSC). »

 Le Général Hoyt Vandenberg : Directeur du « Centre Intelligence Group » puis chef de l’équipe de l’USAF en 1948.

 Jérôme Hunsaker : Ingénieur en aéronautique et Directeur du « National Advisory Committee on Aeronautics. »

 Llyod Berkner : Membre du « Joint Research and Developpment Board. »

( Voir tableau plus haut)

À moins que ce groupe n’établisse un plan à long terme pour protéger et développer le projet Roswell, le secret serait bientôt divulgué. Corso pense que c’est le général Twining qui fit la remarque comme quoi l’histoire s’était déjà répandue. Elle était sortie, dit-il, quelques heures après l’écrasement puis s’était effacée. En fait, la population du Nouveau Mexique parlait, mais après l’histoire du ballon météo de l’armée, les journaux Nationaux traitaient les rapports sur les soucoupes volantes comme une vision de gens qui avaient trop regardé de films de Buck Rogers. ( Ndbl - Ben voyons) La presse nationale avait déjà fait le travail du groupe. Ce qui était réellement nécessaire, suggéra Twining, c’était une méthode pour rassembler l’information à propos des activités continuelles des ovnis, spécialement les écrasements, les observations très probantes des pilotes ou des militaires, ou les rencontres physiques individuelles, et furtivement, faire filtrer cette information par le groupe pour que l’explication non identifiée devienne un phénomène complètement identifiable et explicable.

Sous la couverture des explications des soucoupes volantes, les agences appropriées représentées par des membres du groupe pouvaient enquêter librement sur le vrai phénomène des ovnis. Mais par-dessus tout, dit Twining, il fallait dénier complètement et durablement le phénomène des ovnis jusqu’à ce que le public soit préparé à une révélation graduelle pour réduire le potentiel de peur d’une confrontation avec une entité biologique plus puissante venant d’un monde différent. Cela devait être, suggéra Twining, la plus grandedissimulation et le plus grand programme de relations publiques jamais fait.

Le groupe fut d’accord. Il ne formait, en fait, rien de plus qu’un gouvernement dans le gouvernement.

« Cela sera » dit le général Twining, « Un cas où la dissimulation est une révélation et la révélation une dissimulation. Dénier tout, mais laisser le sentiment du public faire son chemin. Rester sceptique jusqu’à ce que la vérité devienne plus acceptable. »

Le groupe fut d’accord pour établir un projet d’information et de collecte. Il fut nommé BLUE BOOK, et il fut géré par l’Air Force. Pendant que les officiels du projet BLUE BOOK donnaient des explications sur les observations, le projet entier, en fait, était une machine pour récupérer des enregistrements photographiques sur l’activité des soucoupes volantes pour l’évaluation et la recherche. Les observations les plus intrigantes et ayant les plus grandes chances d’être de vrais ovnis étaient envoyées au groupe de travail pour ensuite être envoyées aux différentes agences de recherche. Quand Corso entra au Pentagone, la catégorie traitant de la recherche et de l’évaluation des soucoupes volantes s’appelait simplement “Technologie étrangère”.

 

7 – La stratégie

Il y a une vieille histoire qu’entendit une fois Corso à propos des secrets. Un groupe d’hommes essayait de protéger les plus important secret au reste du monde. Ils prirent leurs secrets et les rangèrent dans une cabane dont la localisation était secrète. Mais la localisation secrète fut bientôt trouvée et à l’intérieur fut découvert les secrets que le groupe cachait. Mais avant que les secrets ne soient révélés, les hommes construisirent rapidement une autre cabane où ils rangèrent les secrets qu’ils essayaient de garder pour eux-mêmes. Bientôt, la deuxième cabane fut découverte et le groupe réalisa qu’il devrait donner quelques secrets pour protéger le reste. Donc, ils construisirent une troisième cabane pour protéger tous les secrets possibles. Le processus se répéta de lui-même encore et encore jusqu’à ce que quiconque voulant trouver les secrets de la première cabane poursuive sa route de cabane en cabane jusqu’à ce qu’il arrive à un cul-de-sac parce qu’il ne connaissait pas la localisation de la cabane suivante.

Pendant 50 ans, ce fut comme cela que les secrets de Roswell furent gardés secrets, et cela continue aujourd’hui. Ceux qui cherchent des documents gouvernementaux déclassifiés afin de trouver les secrets de Roswell et des contacts que maintiennent les USA avec ceux qui les visitent, trouveront des projets, nom de code après nom de code, chacun avec ses propres dossiers, son propre système de classification, sa propre administration militaire ou gouvernementale, son propre budget et même ses propres rapports sur des documents hautement classifiés. Tous ces projets avaient la même fonction : gérer la relation en cours avec les visiteurs extraterrestres découverts à Roswell. Ainsi, à chaque niveau, une fois la sécurité violée pour n’importe qu’elle raison, une partie du secret était révélé à travers la déclassification pendant que le reste était emmené dans un nouveau projet classifié ou déplacé dans un projet déjà existant. Pour ceux qui travaillent dans la machine militaire et gouvernementale, le gouvernement est dynamique, très réactif. Pendant toutes les années après Roswell, ils n’ont pas été juste une poignée à vouloir savoir ce qu’il s’était réellement passé, ils étaient des centaines, ou même plus. En fait, ils n’ont jamais caché la vérité, elle a toujours été là, les gens ne savaient pas ce qu’ils regardaient et ne reconnaissaient donc pas ce que c’était lorsqu’ils le voyaient. Et pourtant ils l’ont trouvé encore et encore.

Le projet BLUE BOOK fut crée pour rendre le public heureux d’avoir un organisme qui permettait de rapporter les observations. Les projets “GRUDGE” et “SIGN” étaient au plus haut niveau de sécurité afin de permettre aux militaires d’enquêter sur les observations qui n’étaient pas explicables par des ballons, des oies, ou la planète Vénus. BLUE FLY et TWINKLE avaient d’autres buts, comme par exemple camoufler d’autres projets comme HORIZON, HARP, RAINBOW et même la SDI (Space Defense Initiative).

Tous avaient quelque chose à voir avec la technologie extraterrestre. Mais personne ne l’a jamais su. Et quand des journalistes, aujourd’hui, décrivent des rencontres extraterrestres, ils se tordent de rire ou vendent l’histoire aux tabloïds, lesquels impriment un dessin d’extraterrestre avec un grosse tête, des yeux en amande, et six doigts. À nouveau tout le monde rigole, mais c’est ce à quoi ces choses ressemblent réellement parce que Corso en a vu une qui partait pour Wright Field.

Les soucoupes volantes ont vraiment volé au-dessus de Washington en 1952 et il y a plein de photographies et de rapports radar pour le confirmer. Mais ils dénièrent tout et ils encouragèrent les écrivains de science-fiction à faire des films comme "THE MAN FROM PLANET X » pour réduire la pression en ce qui concernait la vérité sur les soucoupes volantes. Ceci était appelé camouflage avec révélation limitée et cela marchait. Si le public s’amusait et s’effrayait avec ces divertissements, il serait moins content de voir ce qu’il se passait réellement. Mais que se passait-il réellement ?

Comme l’avait suggéré le général Twining dans son rapport, la “Technologie étrangère” désignait la catégorie des recherches sur les objets extraterrestres de Roswell. “Technologie étrangère” était un terme qui englobait beaucoup : de l’hélicoptère Français au Mig Russe capturé. Et si quelques débris technologiques d’un étrange vaisseau en forme d’aile arrivaient dans les bureaux des R&D ?

Toute cette recherche était classifiée parce qu’il s’agissait de mises au point d’armes contre les Russes et les journalistes le savaient. Donc les R&D n’avaient rien à dire. Les R&D étaient la couverture parfaite. Tout ce qu’avait à faire Corso, c’était de chercher quoi faire avec les objets qu’il possédait.

« Allez, Phil, allons-y » dit le général Trudeau à Corso par l’intercom de son bureau. Corso rejoignit Trudeau dans son bureau. C’était une routine répétée 3 ou 4 fois par jour. Trudeau voulait être mis au courant en personne parce que les murs avaient des oreilles au Pentagone. Leurs discussions étaient toujours privées.

« Donc maintenant, vous savez comment le paquet est arrivé ? » demanda Trudeau. Sur une feuille, Corso avait tracé le chemin de l’information de Roswell du 509e groupe jusqu’à Fort Bliss, puis de là, à Wright Field, le point de dissémination.

« Je me doutais que cela n’était pas arrivé par la poste » dit-il, « Je ne pensais pas qu’elle avait un camion assez gros. »

« Est-ce que cela peut nous aider à trouver ce que nous devons faire ? » demanda-t-il. Même s’il avait été négligé pendant des années, il était clair que le bureau des R&D était la destination voulue pour ce paquet. Le général Twining, plus que quiconque, savait combien le budget des R&D était protégé pendant les années de la guerre froide. Maintenant, Corso comprenait comment le camouflage avait prit place et il voyait maintenant combien le plan du général était brillant. À moins qu’ils ne fassent partie du groupe de travail d’Eisenhower, même les membres de la Sécurité Nationale de la Maison Blanche ne savaient pas que les R&D servaient de dépôt pour les objets de Roswell. Corso en faisait partie. En fait, c’est jusqu’à ce qu’il voit les dossiers par lui-même que Corso réalisa ce que Twining et son groupe de travail avaient accompli. Au moment où Corso était à la Maison Blanche, tout était, apparemment, de l’histoire ancienne. Les gens étaient plus inquiets à propos des informations sur les observations qui inondaient chaque jour le projet BLUE BOOK que par l’histoire oubliée de Roswell. Trudeau voulait savoir ce que les recherches de Corso avaient donné et ce qu’il avait entendu à propos de Roswell pendant ses années à la Maison Blanche, ce qu’il avait vu.

« Phil, nous savons tous les deux que le paquet que vous possédez n’est pas une surprise. » dit Trudeau. Corso ne répondit pas car en répondant à cela, il brisait la confidentialité à laquelle il était assigné par l’équipe de NSC à la Maison Blanche.

« Vous n’avez rien à dire officiellement » continua-t-il, « et je ne vous en veux pas. Mais vous pouvez me donner vos impressions sur la façon de parler des gens qui travaillaient pour le groupe. »

« Je n’ai pas travaillé pour le groupe, général » dit Corso, « Et quoi que j’ai vu ou entendu, c’est parce que c’est passé à côté de moi. Pas parce que j’étais supposé travailler avec. » Mais Trudeau poussa Corso à se rappeler comment la NSC avait traité avec le groupe et combien l’équipe du centre des renseignement, à la Maison Blanche, pressait pour avoir toute l’information possible sur ce que faisait le groupe. Bien sûr, Corso se rappelait ces questions à propos de ce qui avait pu se passer à Roswell, à propos de ce qui se cachait derrière le projet BLUE BOOK et aussi à propos de ces lumières survolant Washington en 1952. En 1961, avec les informations que Corso venait de recueillir, il pouvait voir clairement les choses qu’il n’avait pas comprises en 1955. Il ne comprenait pas pourquoi la CIA était si agressive à propos des observations répétées d’ovnis et pourquoi elle cherchait toute les informations possibles sur la technologie de Roswell.

Trudeau voulait savoir comment travaillait la bureaucratie, combien d’activités gérait lui-même le groupe. Le général W. B. Smith avait remplacé Forrestal après son suicide (Ndbl – Il est indéniable que Forrestal ne s’est pas suicidé mais a été assassiné comme des dizaines d’autres qui approchaient de trop près le monde des OVNi/Aliens. La CIA est à coup sûr impliquée dans tous ces meurtres) durant la deuxième année de l’administration Truman. À travers les questions du général Trudeau, Corso se rendit compte que non seulement il connaissait déjà parfaitement l’histoire mais qu’en plus il savait quels types de problèmes rencontreraient les R&D et comment les résoudre. Ce groupe était au-dessus du Top-Secret et officiellement, n’avait pas le droit d’exister. Des sous-groupes furent formés pour enquêter sur des zones spécifiques de la recherche. Ces groupes avaient des niveaux de classification inférieurs.

Le groupe devait déterminer ce qui pouvait être diffusé au public et ce qui devait rester secret coûte que coûte. Comme dans l’histoire des cabanes, les membres du groupe ont crée de nouvelles structures de protection pour l’information qu’ils devaient préserver. Le camouflage officiel pliait sous le poids de l’information que le groupe devait étudier. La structure du groupe a changé depuis sa formation à la fin des années 40. Ce qui avait commencé comme un groupe de vieux amis était devenu un désordre incontrôlable dans les cinq années qui ont suivi. Beaucoup de morceaux du gâteau s’échappaient tout autour et chaque branche militaire volait une part du “budget noir”. Il était donc nécessaire d’avoir une administration entière juste pour gérer les gestionnaires du “cover-up”. Ainsi, à un certain moment, au milieu de l’administration d’Eisenhower, le grand camouflage semblait craquer. Personne ne savait ce que faisaient les autres. Dans les années 1950, une cascade d’effets se développa. Ce qui avait commencé par une simple opération de camouflage s’était brisée en plusieurs petites unités. Les fonctions de contrôle et de commandement commençaient à faiblir et comme un sous-marin faisant surface, des morceaux d’information émergeaient. L’armée du CIC, une des forces les plus puissantes pour garder le secret de Roswell, avait faibli à cause de la CIA et du FBI qui poussaient derrière.

À la fin des années 1950, le schéma original pour perpétrer le camouflage était défectueux. Les fonctions étaient maintenant gérées par une série de groupes individuels dans les agences militaires et civiles, chacun avait accès à une information limitée, et chacun poursuivait ses propres recherches et enquêtes et chacun se comportait comme si le super groupe des renseignements était aux commandes. Mais comme le Magicien d’Oz, il n’y avait pas de super groupe des renseignements. Ses fonctions avaient été absorbées par les différents groupes, mais personne n’en parlait parce que ce groupe n’était pas supposé exister officiellement. Et, pendant les quarante années suivantes, chaque agence crut être gérée par des hauts placés. Rappelez-vous les files d’attente de voitures pendant la crise pétrolière de 1973. Quand un conducteur, pensant qu’une station d’essence était ouverte, attendait à la pompe, 50 minutes après, d’autres voitures attendaient derrière lui. De grandes files de voitures attendaient derrière des pompes qui n’ouvriraient jamais parce qu’elles n’avaient pas d’essence. C’était ce à quoi ressemblait le grand camouflage pendant le gouvernement Kennedy.

« Il n’y a personne à la maison, Phil » dit Trudeau en lisant les notes de Corso, « personne excepté nous. Nous devons faire notre propre politique. » Trudeau était général, le produit d’un procédé politique et de l’approbation du Congrès. Les généraux sont faits par le gouvernement, pas par l’armée. Ils se trouvent entre le gouvernement et la vaste machine militaire. Les généraux sont là pour créer la conduite à suivre afin que la politique militaire fonctionne telle qu’elle est censée le faire. Trudeau allait faire une politique là où 10 ans de groupes de travail secrets avaient échoué : exploiter la technologie de Roswell.

« J’ai besoin de vous pour me dire ce que vous avez trouvé et aussi pour trouver le chemin à suivre en dehors de ce bureau » dit Trudeau. « Il y a sûrement quelques pièces technologiques dans vos dossiers qui pourraient faire des armes, que nous pourrions utiliser pour un de nos hélicoptères. Qu’avons nous ici, Phil ? » dit-il

« Nous devons faire quelque chose parce que personne ne le fera. » Cinq ou six personnes, à la Navy, à l’Air Force et à l’Armée savaient ce que possédaient les R&D et ils ne diraient rien à quiconque dans leurs branches respectives et rien à la CIA. Donc, dans le cas où cela devrait se passer dans la bureaucratie militaire, le cover-up deviendrait le cover-up du cover-up, laissant chacun d’entre eux libre de faire ce qu’il veut. Les renseignements militaires disaient que les Soviétiques étaient si infiltrés dans les secrets américains qu’au Kremlin ils savaient des choses avant que les militaires américains soient mis au courant par le Congrès.

L’armée savait que le KGB avait pénétré la CIA et le responsable de la CIA avait fait partie intégrante du groupe de travail sur les soucoupes volantes depuis les années 50. Donc, quels que soient les secrets que le groupe possédait, ce n’était certainement pas des secrets pour le KGB. Mais le KGB et la CIA n’étaient pas réellement les adversaires que tout le monde pensait. Ils s’espionnaient tous les uns et les autres, si bien qu’ils travaillaient comme une seule organisation. C’étaient tous des espions professionnels. L’information est un pouvoir à utiliser. Vous ne la donnez pas simplement à vos responsables politiques républicains, communistes, ou autres, juste parce qu’ils vous le demandent. Vous ne pouvez pas croire les politiciens, mais vous pouvez croire les autres espions. Les espions étaient donc, finalement, fidèles à leur groupe et tous les groupes jouaient le même jeu. La CIA, le KGB, les Services Secrets Britanniques et d’autres agences du renseignement étaient loyaux à eux-mêmes et à leur profession d’abord et seulement ensuite à leur gouvernement respectif. Les militaires savaient que le KGB, pas le parti communiste officiel, récupérait le maximum d’information sur le gouvernement soviétique et la CIA sur le gouvernement américain. Des organisations professionnelles d’espionnage comme la CIA et le KGB avaient tendance à vouloir se préserver elles-mêmes et c’est pourquoi pas plus les militaires russes que les militaires américains ne les croyaient.

Si l’on regarde la grande guerre d’espionnage pendant la guerre froide, on peut voir que la CIA et le KGB se comportaient comme une seule organisation. Corso pensait qu’ils avaient une raison pour faire cela. Il savait qu’ils pensaient que les autres étaient trop stupides pour garder le monde en sécurité. Corso pense cela parce qu’il a connu des agents du KGB pendant son activité et qu’il a eu suffisamment de bribes d’information pour lui donner une image de l’Union Soviétique durant les années 1950 et 1960 et que c’était très différent de ce que l’on pouvait lire en première page du “New York Times”. Ils savaient que dans les années 1950 et 1960, la CIA était infiltrée par le KGB et que la plupart des gens du Pentagone jouaient à espion contre espion avec eux. Ils changeaient d’itinéraire pour aller travailler, utilisaient toujours des histoires fausses pour tester les lignes téléphoniques non sûres, exploraient leurs bureaux à la recherche de micros espions, utilisaient toujours un code lorsqu’ils parlaient avec d’autres sur un sujet sensible. Ils avaient un agent des renseignements qui avait des amis dans l’armée russe qui ne croyaient pas plus au KGB qu’à la CIA. Si le nom de Corso était associé à une histoire, cet agent le prévenait, mais il ne prévenait jamais la CIA.

Dans la capitale de son propre pays, ce genre d’information permit à Corso de rester en vie. La CIA a suivi Corso de très prés pendant ses 4 années à la Maison Blanche. Cela le rendit malade. Puis lorsqu’il revint à Washington, en 1961, pour travailler avec le général Trudeau, la CIA recommença sa surveillance rapprochée. Le jour suivant, après avoir dit à son patron ce qu’il allait faire, Corso alla directement à Langley, Virginie, et entra dans le bureau de son vieil adversaire, le directeur des opérations de camouflage, Frank Wiesner, un des meilleurs amis du KGB. Corso dit à Wiesner qu’hier était la dernière journée durant laquelle il se promènerait sans arme. Il posa son colt 45 sur le bureau de Wiesner et lui dit que s’il voyait encore la surveillance rapprochée demain, ils retrouveraient Wiesner dans le Potomac avec deux trous sanglants à la place des yeux. Wiesner dit, « Vous ne ferez pas cela, Colonel ». Mais Corso lui rappela qu’il savait très précisément où tous les cadavres étaient incinérés. Tout ces gens qu’il avait fait assassiner pendant sa coopération avec les Russes. Il raconterait tout ce qu’il savait au Congrès.

Wiesner se rétractera.

Lors d’un voyage à Londres, Wiesner se suicida (Ndbl - ???) et fut trouvé pendu dans sa chambre d’hôtel. Corso n’a jamais raconté son histoire. Deux ans plus tard, en 1963, un des amis de Wiesner à l’agence lui dit que tout était « Pour rire, Phil ». C’était une partie d’un processus pour recruter Corso à la CIA après son départ à la retraite de l’armée. Mais Corso voulait travailler pour le sénateur Strom Thurmond, au comité des relations étrangères et pour le sénateur Richard Russel à la commission Warren. Leur connaissance commune sur la CIA et le KGB faisaient que lorsque Trudeau voulait que la CIA sorte pendant les délibérations sur les budgets, c’était parce qu’il savait que toute la discussion serait donnée au KGB dans les 24 heures. La CIA était l’ennemi. Vous ne deviez croire personne. Donc, il fut évident qu’avant 1961 plus personne ne se rappelait ce que l’armée avait reçu de Roswell. Tout ce qu’avaient à faire Trudeau et Corso, c’était d’élaborer leur propre stratégie sans faire participer la CIA et les espions dans le gouvernement.

Donc, quand le général Trudeau dit qu’ils devaient faire silence radio sur le paquet de Roswell, Corso savait exactement de quoi il parlait. Si personne ne sait ce que vous possédez, ne le dites pas. Mais si vous pensez que vous pouvez en tirer quelque chose à l’extérieur, dites-le. Utilisez toutes les ressources à votre disposition mais ne dites pas tout à tout le monde sur ce que vous faites. Les seules personnes dans la pièce étaient Trudeau et Corso. Le général Trudeau promit, « Je ne dirai rien si vous ne dites rien, Phil. »

« Il n’y a personne à part nous, général » répondit Corso.

Alors, ils commencèrent à élaborer une stratégie. « Hypothétiquement, Phil » dit Trudeau, « quelle est la meilleure conduite à tenir pour exploiter ce que nous avons sans que quiconque devine que nous faisons quelque chose de spécial ? »

« Simple Général » dit Corso, « nous ne faisons rien de spécial ».

« Vous avez un plan ? » questionna Trudeau. « Plus une idée qu’un plan » commença Corso, « Mais elle commence comme cela : c’est ce que vous avez demandé. Si nous ne voulons pas que quelqu’un pense que nous faisons quelque chose sortant de l’ordinaire, et bien, nous ne ferons rien qui sorte de l’ordinaire. Quand le général Twining a fait ses recommandations au président Truman et à l’armée, il n’a pas suggéré qu’ils feraient quelque chose de différent avec ce dossier plutôt qu’avec les dossiers habituels. Travail habituel. C’est comme cela que le groupe opérait. Ce qu’ils ont fait, c’est d’organiser un plan de travail même si c’était quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant. C’était le camouflage : ne changez pas les choses mais utilisez vos procédures habituelles pour manier cette technologie extraterrestre. »

« Donc, quelles sont vos recommandations ? » demanda Trudeau. « Nous allons suivre le même chemin que ce bureau a toujours utilisé : les rapports. » dit Corso, « Je vais écrire des rapports sur la technologie extraterrestre comme tout autre rapport sur une technologie étrangère. Ce que je vois, ce que je pense des potentiels, où nous pouvons les développer, avec quelles compagnies et avec quels styles de contrat. »

« Quand commencez-vous ? » demanda le général. « Je vais lister le dossier, je vais aller voir les scientifiques autorisés avec lesquels nous pouvons avoir confiance, comme Oberth et von Braun, pour conseils. »

« Je vois ce que vous voulez dire » dit Trudeau, « bien sûr, nous allons lister tous nos entrepreneurs dans la défense, aussi. Pour voir lesquels ont des contrats de développement en cours qui nous permettraient d’insérer nos projets directement à l’intérieur. »

« Exactement, les contrats existants seront la couverture sur ce que nous développerons. » dit Corso, « Rien ne sortira de l’ordinaire parce que nous ne commencerons jamais rien qui ne soit déjà commencé dans un contrat précédent. »

« C’est juste un grand mélange » dit Trudeau. « Ce que nous allons seulement faire » dit Corso, « c’est de mélanger la technologie actuelle en cours de développement avec la technologie extraterrestre, et nous allons laisser les compagnies déposer leur propre brevet d’invention. »

« Bien sûr » réalisa Trudeau, « s’ils possèdent leur propre brevet, nous aurons complètement inversé l’étude de la technologie. »

« Exactement, Monsieur, c’est vrai. Personne ne le saura jamais. Nous ne dirons jamais aux compagnies d’où vient cette technologie, ainsi le monde connaîtra l’histoire de ces brevets comme faisant partie de l’histoire des inventions. »

« C’est une couverture parfaite, Phil » dit le général, « Où allez-vous commencer ? »

« Je vais écrire mes premières analyses et recommandations cette nuit. » promit Corso, « Il n’y a pas un moment à perdre. » Corso commença son rapport par les rapports d’autopsie dans lequel il indiqua : « Montrent un être de 10 cm (110 cm ?). Le corps semble décomposé et les photos elles-mêmes ne sont pas très utilisables sauf pour la curiosité. Ce sont les rapports médicaux qui sont intéressants. Les organes, les os, et la peau sont différents des nôtres. Le cœur de l’être et ses poumons sont plus gros que ceux des humains. Les os sont plus fins mais semblent plus solides comme si les atomes étaient alignés pour une plus grande résistance à la tension. La peau montre aussi un alignement atomique différent avec ce qu’il semble pour but de protéger les organes vitaux des rayons cosmiques ou des ondes gravitationnelles que nous ne comprenons pas. Les rapports médicaux suggérant que les médecins ont été plus surpris par les similitudes entre l’être trouvé dans le vaisseau et l’être humain que leurs différences (note : les rapports de la NSC font référence à cette créature comme une entité biologique extraterrestre ou EBE). Plus spécialement le cerveau qui est plus gros chez EBE mais différent du nôtre. »

Corso écrivit cela durant une des nombreuses nuits qu’il allait passer cette année-là, ébauchant des notes qu’il taperait plus tard dans des rapports officiels qui ne seraient vus que par le général Trudeau, apportant des conclusions qui ressembleraient plus à de la science-fiction qu’à la réalité. Corso pensait que ses rapports ne verraient jamais la lumière du jour. Dans la réalité quotidienne du monde, ils semblaient, même maintenant, fantastiques.

 Est-ce que c’était réellement ce qu’il avait écrit ?

 Où quelqu’un d’autre ?

 D’où venaient les idées ?

Si l’on considère les facteurs biologiques similaires qui affectent l’être humain, comme les coureurs de fond chez qui le cœur et les poumons sont plus gros que la moyenne, les montagnards dont la capacité pulmonaire est plus grande que ceux qui vivent au niveau de la mer et même aux athlètes dont l’alignement musculaire est différent de ceux non-athlètes, on peut supposer que les EBE représentent la fin d’un processus génétique pour les adapter aux voyages spatiaux de longues distances, dans un environnement électromagnétique et à des vitesses telles que décrites dans la théorie de la relativité d’Einstein ?

(Note : le Dr. Herman Oberth suggéra qu’il faudrait considérer l’appareil de Roswell, non pas comme un vaisseau spatial, mais comme une machine temporelle. Son rapport technique sur la propulsion est joint.).

 

8 – L’EBE (L’Entité Biologique Extraterrestre)

Les EBE sont décrits dans les rapports d’autopsie plutôt comme des robots humanoïdes que comme une forme de vie. (Ndbl. Les transcriptions de Roswell ont été tenues secrètes pendant soixante ans et Matilda O’Donnell Mac Elroy, infirmière à l’époque, nous décrit AIRL, l’EBE qui a « survécu » au crash quelques semaines, avec une foule de détails. Si ces documents sont restés TOP SECRET pendant plus de six décennies, ce n’est pas pour rien.)

«Vie» fabriquée spécialement pour les voyages longues distances à travers l’espace et le temps. En été, Corso fit son premier rapport pour le général Trudeau. Et quel rapport ! Il donnait le ton pour tous les autres rapports et recommandations que ferait Corso pour le général pendant les deux années suivantes. Ce rapport commença avec la plus grosse chose trouvée : les extraterrestres eux-mêmes. Les rapports médicaux et les photos, qui se trouvaient devant Corso, lui suggéraient que la créature était remarquablement adaptée pour un long voyage spatial. Par exemple, le temps biologique.

Les médecins de Walter Reed faisaient l’hypothèse que le temps devait passer très lentement pour cette entité parce qu’elle possédait un métabolisme très lent mis en évidence, disaient-ils, par les énormes capacités du cœur et des poumons. La physiologie de cette chose indiquait que ce n’était pas une créature qui avait un corps devant travailler dur pour se sustanter. Un gros cœur voulait dire qu’il battait moins vite qu’un cœur humain pour conduire le fluide, comme du fluide lymphatique, à travers un système circulatoire limité, primitif et de capacité réduite. Le résultat devait être que l’horloge biologique battait moins vite que celle d’un humain et probablement permettait à la créature de voyager à grandes distances dans un temps biologique plus court que celui d’un humain. Le cœur était en état de décomposition avancé au moment où les chercheurs de Walter Reed avaient mis la main dessus. Ils pensaient que l’atmosphère terrestre était légèrement toxique pour les organes de la créature. Le personnel médical du 509e groupe avait rapidement mis dans un gel de préservation une de ces créatures. Chose que Corso avait vue des années auparavant.

Les pathologistes de Walter Reed furent incapables de déterminer avec certitude la structure du cœur de la créature excepté qu’il fonctionnait comme une réserve passive de sang ainsi que comme une pompe qui ne travaillait pas de la même façon qu’un cœur humain. Ils disaient que le cœur de l’extraterrestre semblait avoir un diaphragme musculaire interne qui devait travailler plus dur qu’un cœur humain parce que les créatures devaient survivre dans une zone de gravité réduite, en tout cas telle que la gravité est comprise actuellement. Comme les chameaux stockent l’eau, la créature stockait une atmosphère respirable dans ses poumons de grande capacité. Ces poumons travaillaient comme un réservoir d’essence envoyant l’atmosphère très lentement dans le système de la créature. À cause de son gros cœur et de la capacité de ses poumons, les chercheurs croyaient que cela permettait de réduire le transport d’un volume important d’atmosphère pendant le voyage. Les créatures ne faisaient que 120 cm de haut et les poumons occupaient une grande partie de la cage thoracique. Cela indiquait aussi que, peut-être, la créature était spécialement conçue pour les voyages de longues distances.

Ils pensaient que le cœur et les poumons étaient “bio-fabriqués” et donc le squelette aussi. Bien qu’elle soit en état de décomposition avancée, les os de la créature ressemblaient à de la fibre. Ils étaient comparables aux os humains tels que : côtes, sternum, clavicules et pelvis. Les pathologistes spéculèrent sur les os qui étaient plus flexibles que ceux d’un humain et plus résistants. Ceci pouvait avoir pour but d’absorber les chocs. Les créatures semblaient adaptées, avec ce squelette, aux chocs et aux forces extrêmes. L’équipe de récupération à Roswell avait signalé que deux créatures vivantes après l’écrasement avaient des difficultés à respirer notre atmosphère. Peut-être était-ce dû au fait qu’elles avaient été éjectées de leur vaisseau, non protégées à notre gravité ou à notre atmosphère. Personne ne le savait. Personne ne savait non plus si la créature morte peu après l’écrasement était morte à cause des blessures faites par les armes des sentinelles ou pour d’autres raisons. Les témoins militaires racontèrent des histoires différentes à propos de la créature qui a survécu et qui a essayé de s’échapper. Certains disaient qu’elle luttait pour respirer, d’autres disaient qu’elle agonisait uniquement après avoir été “flinguée” par les sentinelles. Corso pensa que c’était peut-être la forte gravité de la Terre qui avait d’abord fait paniquer la créature. Cela peut expliquer sa respiration laborieuse. Puis, après avoir été “flinguée”, elle avait de la peine à respirer à cause de ses blessures. Le rapport médical ne mentionnait rien à propos de gaz toxiques ou d’une sorte d’atmosphère quelconque que la créature aurait pu respirer.

Si le vaisseau de Roswell est un appareil de surveillance, comme le pensaient des chercheurs à Wright Field, alors il est probable que les créatures n’avaient pas l’intention de quitter ce vaisseau. C’était un vaisseau équipé avec un appareil capable de percer la nuit en utilisant la différence de température des objets pour créer une image visuelle permettant aux occupants du vaisseau d’observer dans l’obscurité. Et parce qu’il pouvait apparaître et disparaître des écrans radar, les chercheurs pensaient que les créatures restaient simplement à l’intérieur du vaisseau et observaient. Peut-être que d’autres types de vaisseaux de la même culture étaient équipés pour atterrir ou effectuer des missions à l’extérieur et qui permettaient à l’équipage de sortir sans subir la moindre conséquence. Les médecins ne spéculèrent pas là-dessus. Ce qui intrigua ceux qui inspectaient le vaisseau, une fois envoyé à Wright Field, c’était la totale absence de nourriture et de moyens pour la préparer. Il n’y avait aucun garde-manger à bord. À l’époque où le voyage dans l’espace était de la science-fiction, les analystes militaires étaient toujours au travail pour formuler des idées sur comment une technologie de cette sorte devait être incorporée. Ce n’était pas pour voyager vers les autres planètes mais pour naviguer autour de la Terre. Si vous voulez mettre des hommes en orbite terrestre, comment allez-vous gérer leurs déchets, fournir l’oxygène adéquat et les nourrir pendant des périodes prolongées ?

(Ndbl – Encore une fois, ces fameux grands esprits de notre planète ne parlent que de ce qu’on pourrait bien faire, nous pitoyables terriens. Si l’on prend en considérationle simple fait que sur notre planète la vie est possible au plus profond de nos océans, mais là l’homme n’est pas en mesure de s’y rendre, pourquoi ne pourrait-il pas y avoir la vie n’importe où dans l’univers. La vie est cosmique, elle s’adapte à tous les milieux.)

Après avoir développé un véhicule assez puissant pour mettre un vaisseau en orbite autour de la Terre, le garder assez longtemps pour qu’il puisse effectuer sa mission était le problème suivant. Le vaisseau de Roswell semblait avoir résolu ce problème, mais il n’y avait aucune indication sur comment la nourriture se préparait et comment les déchets étaient gérés. Il y avait beaucoup de spéculation des chercheurs à propos de la composition de ces créatures et de ce qui pouvait les nourrir. D’abord, les docteurs étaient plus intéressés par les similitudes entre les créatures et les humains que par les différences. Plutôt qu’une apparence hideuse d’insecte ou de reptile mangeur d’hommes comme dans “La Guerre des Mondes”, (Ndbl - Et pourtant je suis persuadé que dans l’univers de telles créatures existent, la mythologie est là pour nous le rappeler) ces créatures ressemblaient à de petites versions d’hommes (Ndbl - Des corps de poupées), seulement différentes. C’était sinistre.

Bien que les docteurs n’aient pu définir le travail chimique des corps des créatures, ils avaient déterminé qu’elles ne contenaient pas de nouveaux organes. Le rapport que Corso possédait suggérait une nouvelle organisation des organes qui nécessitait plus d’évaluation avant de se faire une opinion. Un intérêt spécifique était le fluide qui servait de sang à la créature mais qui servait aussi à réguler les sécrétions glandulaires de façon plus importante que dans un corps humain. Dans ces entités biologiques, les systèmes sanguins et lymphatiques semblaient combinés. Si un échange nutritionnel se passait entre ces deux systèmes, cet échange pouvait seulement prendre place à travers la peau de la créature parce qu’elle ne possédait ni organe digestif ni intestinal. Le rapport médical révélait que les créatures étaient recouvertes d’une pellicule protectrice, en un seul morceau, une autre peau dans laquelle les atomes étaient alignés afin de fournir une grande résistance tissulaire et une grande flexibilité. Un examinateur décrivit que ceci lui rappelait une toile d’araignée. Cela semblait très fragile mais c’était très solide. La qualité unique de la toile d’araignée provient de l’alignement de ses fibres qui permet de résister à une grande pression. Le vêtement, ou seconde peau, de la créature avait été littéralement tissé autour de la créature, lui fournissant une parfaite peau protectrice. Les docteurs n’avaient jamais rien vu de tel. (Ndbl – Spiderman et autres n’ont-ils été que des adaptations dites de fiction mais dont les réalisateurs avaient pu avoir des échos de quelque nature ?)

L’alignement des fibres du vêtement suggérait aux docteurs qu’il pouvait aussi protéger le porteur des rayons cosmiques qui bombardent tout vaisseau se trouvant dans l’espace. Les organes internes de la créature semblaient si fragiles et si grands que les docteurs de Walter Reed pensaient que sans ce vêtement, la créature aurait été très vulnérable au constant bombardement de particules d’énergie. Tout voyageur de l’espace subirait, sans protection, le même sort : Il cuirait comme dans un four à micro-ondes. Le bombardement de particules à l’intérieur du vaisseau serait si intense qu’il accélérerait la structure atomique de la créature et la chaleur résultante aurait littéralement cuite la créature. Les docteurs étaient fascinés aussi par la peau interne de la créature. Elle ressemblait à une couche de peau de tissu gras comme ils n’en avaient jamais vue auparavant. Elle était, de plus, complètement perméable comme si elle faisait constamment des échanges chimiques avec les systèmes sanguin et lymphatique. Était-ce la façon dont la créature se nourrissait et la façon dont les déchets étaient gérés ?

La très petite bouche et l’absence de système digestif troubla les chercheurs au début parce qu’ils ne savaient pas comment ces créatures se nourrissaient. Mais leurs hypothèses comme quoi les processus chimiques de la peau et peut-être même le gaspillage chimique lors de la circulation pouvaient expliquer l’absence de moyens pour la gestion de la nourriture et les déchets dans le vaisseau. Corso pensait que ces créatures n’avaient pas besoin de nourriture ou de toilettes parce qu’elles n’étaient pas des formes de vie, juste une sorte de robot ou d’androïde. Une autre explication suggérée par les ingénieurs de Wright Field était que ce vaisseau était juste un petit vaisseau qui ne s’éloignait pas trop loin d’un plus gros vaisseau. Le métabolisme des créatures montrait qu’elles pouvaient survivre pendant des périodes prolongées en se nourrissant d’une petite ration alimentaire jusqu’à leur retour à la base. Ni les ingénieurs, pas plus que les docteurs avaient une explication sur l’absence de toilettes à bord du vaisseau. Personne ne pouvait expliquer le processus pour les excréments de la créature.

(Ndbl – pas de système digestif, pas de nourriture, donc pas de toilettes).

Corso pensait que la peau de la créature était plus ressemblante à une écorce de plante qu’à de la peau humaine. Cela pouvait expliquer l’absence de nourriture et de toilettes. Une attention toute particulière fut apportée, lors de l’autopsie, au cerveau des créatures. Sur sa taille, sa nature et son anatomie. Des témoins, lors de la récupération du vaisseau, avaient signalé l’impression de recevoir des sensations de la créature mourante. Sensations de douleur et de souffrance. Personne n’entendit la créature produire le moindre son, les sensations ne pouvaient être que télépathique. Les témoins avaient déclaré qu’ils n’avaient pas entendu de mots distincts dans leur cerveau, juste des sensations, plus simples que des phrases mais aussi plus complexes parce que les témoins étaient capables de prendre part, non seulement à la souffrance de la créature, mais aussi à son désarroi, comme si elle pleurait les autres qui avaient péris dans le vaisseau.

Les médecins pensaient que le cerveau extraterrestre, disproportionné en comparaison avec le cerveau humain et à la taille de la créature, était constitué de quatre parties. Les créatures étaient mortes et leur cerveau avait commencé à se décomposer. Même si les créatures avaient encore été vivantes, la technologie médicale en 1947 n’avait pas encore les scanners à ultrasons des laboratoires d’aujourd’hui. Les docteurs n’avaient pas les moyens d’évaluer la nature des lobes, ou des “sphères” comme elles étaient appelées dans le rapport. Excepté la spéculation sur la nature du cerveau et de son pouvoir psychokinétique, les rapports étaient très légers en données véritables. Une des preuves possibles de la façon de travailler des cerveaux extraterrestres était ce que Corso appelait dans ses rapports : “Le bandana”.

Cet objet ressemblait à un bandeau de tête sans ornement ou décoration aucun. Fabriqué dans une sorte de plastique flexible avec des senseurs et des contacts électriques similaires à ceux d’un électroencéphalogramme. Cette chose était placée autour du crâne de l’extraterrestre, juste au-dessus des oreilles, à l’endroit où le crâne commençait à s’élargir pour contenir le gros cerveau. En ce temps-là, les rapports de Wright Field indiquaient que les ingénieurs pensaient que cela pouvait être une sorte d’appareil de communication, comme le micro des pilotes pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Il est inutile de dire que pendant les quelques heures durant lesquelles cet objet s’était trouvé à Walter Reed, plus d’un officier du 509e Groupe avait essayé cette chose autour de sa tête pour voir ce que cela faisait. Au début, cela ne fit rien. Il n’y avait pas de bouton, pas d’interrupteur, pas de fils électrique, rien qui ne puisse suggérer que cela était un panneau de contrôle. Personne ne savait comment l’allumer ou l’éteindre. Cette bande n’était pas vraiment ajustable bien qu’elle soit assez élastique pour s’adapter à toutes les têtes des créatures. Toutefois, les rapports indiquaient que quelques officiers qui avaient un tour de tête assez large pour avoir le contact avec toute la surface avaient eu le choc de leur vie.

Les officiers signalèrent comme une sensation de picotement à l’intérieur de leur tête et un impressionnant ballet de couleurs changeantes et explosives à l’intérieur de leurs paupières alors qu’ils tournaient l’objet autour de leur tête et posaient les capteurs à différents endroits de leur crâne. Ces rapports de témoins suggéraient à Corso que ces senseurs stimulaient différentes parties du cerveau et en même temps échangeaient des informations avec le cerveau. Cet objet était un mécanisme sophistiqué pour traduire les impulsions électriques de l’intérieur du cerveau des extraterrestres en ordres spécifiques. Peut-être cela permettait-il de gérer les systèmes de propulsion et de navigation du vaisseau. C’est seulement lorsqu’ils développèrent le projet de recherche sur les ondes cérébrales que Corso comprit ce qu’ils possédaient et comment il devait être développé. Cela prit très longtemps pour récolter les fruits de cette technologie mais 50 ans après Roswell, des versions de cet objet sont devenues, éventuellement, un composant du système de navigation de quelques uns des plus sophistiqués hélicoptères et plus tard une interface électronique pour les jeux d’ordinateurs individuels.

Les ingénieurs du 509e étaient aussi surpris par l’absence de contrôles traditionnels et de système de propulsion dans le véhicule crashé. D’après ces rapports et les objets, Corso imagina que les clés pour comprendre ce qui faisait bouger et ce qui dirigeait le vol du vaisseau n’était pas dans le vaisseau lui-même mais dans la relation entre les pilotes et le vaisseau. Avec l’hypothèse d’un système de guidage par ondes cérébrales, cela montrait un concept de guidage de vol révolutionnaire dans lequel le pilote était le système. Corso pensait que le vaisseau était navigué de cette façon, avec une relation directe entre les ondes cérébrales des cerveaux des pilotes et les systèmes de contrôle. Les ondes cérébrales étaient interprétées par le “bandana” qui servait d’interface. Corso ne reçut jamais de copie de l’autopsie de l’extraterrestre que la Navy avait reçue du général Twining. Il avait seulement lu les rapports militaires. Initialement, les cadavres furent stockés à Wright Field, puis ils furent envoyés dans d’autres services. Quand l’Air Force devint une branche à part de l’armée, les corps stockés à Wright Field, ainsi que le vaisseau, furent envoyés à la base de Norton, Californie, où l’Air Force commença ses expériences pour dupliquer la technologie du véhicule. L’Air Force étudia les capacités de vol du vaisseau et sur comment construire des défenses contre lui.

Ces expériences se passèrent à Norton, puis finalement, à Nellis, Nevada, au fameux site de Groom Lake où la technologie Stealth fut développée. L’armée n’était intéressée que par les systèmes d’armement (Ndbl – l’armement, voilà tout ce qui intéresse cette criminelle Amérique) à bord du vaisseau et comment elle pouvait les réutiliser dans ses propres installations. Le vaisseau original de Roswell est resté à Norton où l’Air Force et la CIA ont maintenu une sorte de musée extraterrestre. Mais les expériences sur la réplique du vaisseau extraterrestre continuèrent à travers les années durant lesquelles les ingénieurs cherchèrent à adapter les systèmes de navigation et de propulsion à la technologie actuelle. Cela continue encore. Corso n’a jamais vu le vaisseau à Norton mais il vit assez de rapports passer dans son bureau pour savoir quel secret c’était et comment il était maintenu. Il n’y avait pas de système de propulsion conventionnel pour expliquer le vaisseau de Roswell. Il n’y avait pas de moteur nucléaire, pas de fusée, pas de réacteur. Certains du R&D cherchèrent à adapter le système de guidage du vaisseau à la technologie actuelle. Mais des années 1960 aux années 1970, ils échouèrent pour le rendre opérationnel. Le vaisseau de Roswell était capable de déplacer la gravité à travers la propagation d’ondes magnétiques. Une fois ceci découvert, les ingénieurs cherchèrent comment le vaisseau pouvait contenir sa capacité électrique et comment les pilotes pouvaient vivre à l’intérieur d’un champ magnétique. Le résultat ne serait pas seulement une grande découverte, mais aussi un bénéfice de billions de dollars à travers les contrats de développement pour une nouvelle génération d’appareils militaires aériens et sous-marins. Les premières révélations sur la nature du vaisseau et son interface avec le pilote arrivèrent très rapidement pendant les premières années de tests à Norton. L’Air Force découvrit que le véhicule entier fonctionnait comme un conducteur géant. Le vaisseau emmagasinait lui-même l’énergie nécessaire pour propager la vague magnétique afin de le soulever et afin qu’il puisse atteindre des vitesses supérieures à 7000 km/h. Les pilotes n’étaient pas affectés par la force G durant l’accélération parce qu’à l’intérieur du vaisseau, c’est comme si la gravité était pliée autour de l’onde développée par le vaisseau. C’était peut-être comme voyager à l’intérieur d’un ouragan. Mais comment l’interface travaillait-elle entre les pilotes et l’onde générée ?

Corso écrivit dans son rapport à Trudeau que le secret de ce système pouvait se trouver dans le vêtement que portait les créatures. Ces créatures n’étaient pas juste des pilotes d’un véhicule, elles devenaient une partie du circuit électrique de ce véhicule, le déplaçant de la même façon que l’on bouge un muscle. Le vaisseau était simplement une extension de leur propre corps parce qu’il était lié à leur système neurologique. Donc, ces créatures étaient capables de survivre de manière prolongée à l’intérieur d’un haut champ d’énergie en devenant le circuit primaire de contrôle de l’onde.

Elles étaient protégées par leur vêtement qui les recouvrait de la tête aux pieds. Leur vêtement les rendait capable de faire un avec le vaisseau, de faire partie de l’onde. En 1947, c’était une technologie si nouvelle qu’elle était effrayante et frustrante. Si les Américains pouvaient reproduire seulement la source d’énergie de l’appareil, ils obtiendraient une technologie qui dépasserait toutes les formes de propulsion à réaction classique. C’est ce qu’ils essayent encore de faire aujourd’hui, 50 ans après l’écrasement de Roswell. Corso voulait commencer son rapport avec les rapports d’autopsie des extraterrestres et ensuite sur ce qu’ils pouvaient comprendre de la technologie du vaisseau spatial. Corso entra dans le bureau du général Trudeau et dit : « Voici le rapport que vous attendez, général ».

Ce rapport contenait bien plus qu’il ne pensait parce que le sujet était nouveau et compliqué. Corso savait qu’il était dans quelque chose qui pouvait changer le monde. Il était dans les R&D et avait la responsabilité de ce matériel comme le général Twining avait dit qu’il serait, 50 ans plus tôt. Corso avait trouvé des pièces d’un puzzle pour une nouvelle ère de technologie. Pendant des années, les scientifiques avaient pensé sur ce que pourrait être un voyage dans l’espace, spécialement depuis que les Russes avaient envoyé Spoutnik. Les plans pour une base militaire lunaire étaient développés par l’armée dans les années 50 sous la responsabilité du général Arthur Trudeau mais cela avait été stoppé à cause de la création de la NASA. Ces plans avaient pour but de se confronter avec les problèmes de voyage dans l’espace. Mais le vaisseau montrait qu’une race extraterrestre s’était adaptée elle-même au voyage dans l’espace, aux différentes gravités, aux rayons cosmiques et aux ondes magnétiques. Tout ce qu’avaient à faire les R&D, c’était d’utiliser les vastes ressources militaires et industrielles à leur disposition pour récolter les fruits de cette technologie.

 

9 – Les projets démarrent

« C’est un rapport diabolique, Phil », dit le général Trudeau, en regardant la liasse de papier que Corso lui avait amenée ce matin-là. Corso avait attendu depuis 6h00 du matin après son retour au pentagone. « Que faites-vous ? Vous avez passé la nuit à écrire ? »

« J’ai fait quelques heures supplémentaires » dit Corso, « je ne veux pas passer trop de temps avec ce dossier dingue quand les gens sont supposés travailler. »

Le général rigola mais il était impressionné. La recherche militaire et les agences de développement étaient mises sous pression par le Congrès afin d’obtenir des succès. Le projet Horizon dormait dans sa propre armoire et prenait la poussière. Il y avait un intérêt croissant dans l’armée sur le fait qu’elle soit impliquée avec les Français en Indochine pour prendre le Vietcong. C’était une guerre que les Américains ne pouvaient pas gagner mais qui pomperait toutes les ressources de la vraie guerre avec l’Europe de l’Est. Donc, plutôt que de marquer quelques buts, le général Trudeau avait besoin de projets pour garder les agences civiles et empêcher la fuite de leurs ressources. Le général Trudeau poussa pour un plan tactique.

« Nous savons ce que nous voulons faire, général » dit Corso, « et voila comment j’aimerais commencer. » Corso expliqua qu’il voulait compiler une liste de toutes leurs ressources humaines, comme les scientifiques allemands sur les fusées qui travaillaient à Alamogordo et White Sand. Corso avait rencontré beaucoup de spécialistes sur les systèmes de guidage de missiles pour le programme de missiles guidés à Red Canyon. C’étaient ces gens que Corso voulait rassembler dans un ‘Brain Trust’ (Ndbl - groupe de réflexion). Des gens avec lesquels il pourrait parler des étranges objets qui n’avaient pas pour origine la Terre. C’étaient ces scientifiques qui pourraient lui dire quoi faire de tout cela.

« Et après ce ‘brain trust’ », demanda Trudeau, « Alors quoi ? »

« Opposez-les à ces technologies » dit Corso. Il savait qu’ils marchaient en aveugle avec ce matériel. Ils ne pouvaient pas parler de cela avec la communauté scientifique et académique parce qu’ils auraient perdu rapidement le contrôle de leurs secrets. D’un autre côté, beaucoup de ces secrets avaient à voir avec l’armement et il y avait des règles très strictes sur ce qu’ils pouvaient dévoiler ou non sans les autorisations appropriées. Mais leur ‘brain trust’ était inestimable. Et avec les bonnes orientations et contrôles de sécurité, ils pourraient donner leurs secrets.

« Quels scientifiques avez-vous en tête ? » demanda Trudeau. « Je pense à Robert Sarbacher » dit Corso, « Wernher von Braun, bien sur, Hans Kohler, Hermann Oberth, John von Neulann. »

von Braun et les autres

« Que savent-ils sur Roswell ? » voulut savoir Trudeau. S’ils avaient été consultés en 1947 sur le matériel de Roswell, comme Wernher von Braun l’avait été par le général Twining, alors ils ne révéleraient aucun secret. S’ils ne savaient rien sur le crash, alors ils prendraient des risques en divulguant des informations classées au-dessus du Top-Secret. Trudeau voulait savoir à quel point c’était dangereux d’impliquer ces scientifiques. Mais Corso le rassura sur le fait que tous savaient déjà quelque chose sur Roswell à cause de leurs relations avec les R&D. Durant l’administration d’Eisenhower, l’information à propos des recherches classifiées sur les extraterrestres était filtrée par le bureau des R&D parce que la tête des R&D était une des personnes originales du groupe.

« J’étais à la Maison Blanche quand Sarbacher était dans le comité, général » dit Corso, « Je suis presque sûr qu’il était dans le secret avec Hermann Oberth. Il m’a toujours dit que les objets que l’on voyait sur les radars à Red Canyon, et qui disparaissaient, étaient probablement du même genre que le vaisseau extraterrestre récupéré à Roswell. Donc, il savait, mais je ne sais pas comment. »

« Eh bien! Ce sont en fait de bonnes nouvelles » dit le général Trudeau, « Je ne voudrais pas être celui qui autorisera la diffusion d’information classifiée à quelqu’un qui ne connaissait rien au préalable et je ne veux pas vous mettre dans la position, Phil, d’avoir à expliquer aux plus hauts, la raison de la diffusion d’information top-secrète à des gens sans autorisation, même pour la sécurité du pays. » Corso apprécia cela, mais pour que leur plan réussisse, ils avaient besoin de l’aide d’experts comme von Braun, Oberth et Sarbacher.

« Comment allez-vous les approcher ? » demanda Trudeau.

« Nous devons d’abord faire un inventaire de tous les contrats industriels avec la défense que nous pourrons gérer, général » dit Corso, « Mêler les contrats et les systèmes que nous développons avec le matériel que nous possédons pour voir comment ils l’adapteront. Ensuite, nous introduirons les scientifiques pour consultation afin d’être sûr de ce que nous avons. »

« Allons à travers une première liste de production potentielle » suggéra le général, « pour voir où nos contrats nous emmènent et où les scientifiques peuvent aider. Et vous savez ce qui se passera alors ? » Questionna Trudeau.

« Nous allons vous coller dans des vêtements civils et vous envoyer sur la route pour rendre visite à nos amis qui ont des contrats avec la défense. »

« Je veux que personne ne sache », expliqua le général, « qu’un lieutenant colonel sur la liste de recherche de la CIA voyage à travers les différents contrats avec la défense avec une mystérieuse mallette pleine de quelque chose que personne ne connaît. » Il rigola, « Nous devons travailler sur cette liste ». Cet après-midi là, Corso retourna à son rapport sur l’ EBE et son vaisseau et commença à faire la liste des énigmes qu’il contenait et les opportunités pour de nouvelles productions qu’il représentait. Quel était le moteur ou l’énergie utilisée par ce vaisseau ? Il n’avait pas de propulseur, pas de réacteur. Il n’avait pas de système de propulsion comme les V2, il ne contenait aucun carburant. À la base de Norton, où le vaisseau fut éventuellement rangé, les ingénieurs étaient émerveillés par le fin amalgame de cuivre et d’argent qui recouvrait l’extérieur du vaisseau. Ce métal était remarquable par sa conductivité, comme si le vaisseau en entier était un circuit électrique n’offrant aucune résistance au courant. C’était quelque chose que les techniciens ne pouvaient dupliquer. Dans les années 1950, à la base de Norton, deux prototypes du vaisseau extraterrestre furent fabriqués, mais ils n’eurent jamais la puissance du vaisseau qui s’était écrasé. À la place, il fut mis des générateurs à fusion nucléaire mais ils étaient inefficaces et dangereux. Même le générateur nucléaire qui fournissait l’énergie pour les satellites soviétiques et américains dans les années 1960 était inefficace pour les besoins de la réplique du vaisseau spatial. Donc la question restait:

 Qu’elle était l’énergie du vaisseau spatial ?

Corso fit la liste de toutes ses découvertes:

 Le vaisseau en forme de croissant n’a pas de système de contrôle directionnel que nous connaissions. Il n’y a pas de manette, de roue, de pédale, de câble, de vanne, d’abattant ou de gouverne. Comment ces créatures contrôlaient ce vaisseau et comment contrôlaient-elles la vitesse, accélérant d’un point stationnaire, comme un hélicoptère, à des vitesses supérieures à 7000 miles/h (Ndbl - 10.200km/h) en quelques secondes ?

 Comment étaient protégées ces créatures des forces G ? Les pilotes pendant la Deuxième Guerre Mondiale devaient porter une combinaison spéciale pour diffuser l’oxygène et éviter le ‘black-out’. Mais rien ne fut trouvé dans les vêtements des créatures qui indique qu’elles devaient faire face au même problème.

 Leur vaisseau pouvait manœuvrer dans des forces G 10 fois supérieures à celles de nos pilotes. Comment géraient-elles cela ?

 Pas de contrôle, pas de protection, pas de source d’énergie, pas de carburant. Ce sont les choses que Corso lista. À côté de ceci, Corso nota que : le vaisseau lui-même était un circuit électrique, que les vêtements de vol — “peaux de vol” est une meilleure description — que les créatures portaient étaient faits d’une substance dans laquelle la structure atomique était allongée, renforcée dans sa longueur, pour fournir un sens directionnel à tout courant appliqué dessus.

Les ingénieurs découvrirent que cette peau était un pur conducteur, fonctionnant comme la peau du vaisseau lui-même, et qu’elle avait la pure habilité à protéger les porteurs, tout en conduisant un champ électronique de quelconque nature.

Où était la jonction physique entre le pilote et le vaisseau ?

Est-ce-que c’était le pilote lui-même qui servait de commutateur ?

Corso nota le “bandeau de tête” avec senseurs qui avait tant intrigué les officiers à Roswell et qui le fascinait aussi. Si, comme il le supposait, cet objet récupérait les signatures électroniques du cerveau des créatures, qu’en faisait-il ?

Corso pensait que cet objet transmettait ces signaux électroniques du cerveau au système de commande du vaisseau pour contrôler la vitesse, la direction et la hauteur. Peut-être que ce “bandeau de tête” devait être ajusté individuellement à chaque pilote (Ndbl – onde cérébrale), ou peut être, que le pilote était calibré au “bandeau de tête”. De toute façon, ces ‘bandanas’ étaient les interfaces entre le pilote et le vaisseau. Mais cela ne résolvait pas la question de l’absence de câble, de manette ou de volant.

Peut être la réponse était non pas dans la forme des contrôles mais dans la façon dont le vêtement, le “bandeau de tête”, le cerveau de la créature et le vaisseau en entier travaillaient ensemble. En d’autres termes, quand Corso regardait la fonction entière du système, la synchronisation entre le “bandeau de tête”, la conductivité du vaisseau, et la structure des peaux, qui travaillaient aussi comme un circuit, il pouvait voir comment les informations de pilotage pouvaient être envoyées du “bandeau de tête” par une sorte de courant traversant les peaux et entrant dans une sorte de panneau où se trouvaient les empreintes digitales des créatures.

Grauman’s Chinese Theater

Ces empreintes sur les panneaux, comme les décrivent les rapports, ressemblaient aux empreintes digitales laissées au « Grauman’s Chinese Theater » à Hollywood.

Les instructions électroniques étaient transmises directement du cerveau de la créature, puis le long de son corps et ensuite à travers les panneaux dans le vaisseau lui-même. Comme si ce vaisseau était seulement une partie du corps de la créature.

Mais quelque chose manquait : les moteurs. À nouveau, Corso retombait dans l’idée de fonctions au delà des structures. Les débris et le vaisseau indiquaient qu’un moteur ne s’était pas détaché au moment du crash. Un moteur conventionnel n’est jamais au premier endroit. Ce qu’ils ont trouvé, c’est que le vaisseau semblait avoir la capacité d’accumuler, comme un conducteur, une grande quantité de courant. Et si le vaisseau était lui-même le moteur, avec un courant continu provenant d’une autre source et qu’il stockait comme un grand condensateur ? Cela serait comme charger des batteries pour une voiture électrique et de la conduire jusqu’à ce que ses batteries soient vides. Ce n’est pas diffèrent d’une voiture que l’on remplit d’essence ou qu’un avion plein de carburant volant et atterrissant avant la panne sèche. Corso suspectait le vaisseau de Roswell de n’être qu’un condensateur qui stockait le courant, qui était dirigé et contrôlé par le pilote et était capable de se recharger d’une quelconque façon. Mais quels étaient les moyens de propulsion et de direction ?

S’il y avait une force qui fonctionnait de la façon dont ils pensaient, cela n’expliquait pas comment elle était créée et dirigée. Début septembre 1947, les scientifiques qui étaient allés à Wright Field pour voir les débris, spéculèrent que le potentiel électronique de l’appareil de Roswell rappelait les expériences d’antigravité des Allemands et des Anglais de 1920 à 1930. Le général Twining fut rapporté avoir dit plus d’une fois que le nom de l’ingénieur en électricité serbe et inventeur du courant alternatif, Nikola Tesla, revenait souvent dans la conversation parce que les scientifiques qui avaient examinés le vaisseau endommagé avaient décrit la façon dont il devait convertir une champ électromagnétique en un champ d’antigravité. Et bien sur, le vaisseau rappelait l’avion de combat allemand qui avait fait son apparition vers la fin de la Deuxième Guerre Mondiale mais qui était en développement depuis les années 30.

Tesla et un certain nombre d’autres scientifiques européens avaient été les pionniers dans la conversion restreinte de petites zones d’antigravité à partir de champs magnétiques. Toutefois, l’effort pour développer des avions par antigravité ne porta jamais ses fruits parce que l’essence et les réacteurs fournirent une parfaite technologie d’armement. Mais la théorie de l’antigravitation n’était pas inconnue même si elle n’était pas très bien comprise, et sans une source d’énergie comme une petite pile nucléaire, rien n’était réalisable. Et si le vaisseau était capable de porter assez d’énergie et avait une capacité de stockage pour garder son énergie, comme une batterie volante très avancée ? Alors, il devait avoir toute l’énergie nécessaire pour propager et générer une vague directionnelle par déplacement de ses pôles magnétiques. Si la théorie de l’onde magnétique portée par des ingénieurs comme Paul Biefeld et Townsend Brown dans les années 20, à l’Institut de Californie pour les Études Avancées, était fidèlement rapportée, alors la théorie sur le vol par antigravité existait avant la Deuxième Guerre Mondiale. En fait, des prototypes en forme de disque étaient sur les planches à dessin de l’Institut de Californie avant la guerre. C’est juste que personne ne prêtait attention à eux aux USA. Les Allemands avaient développé et fait voler des soucoupes volantes, même si cela n’a pas eu d’impact dans la guerre à venir à part stimuler une course entre les USA et la Russie pour récupérer le plus possible de technologie allemande. Ainsi, même si les ingénieurs avaient tenté de fabriquer des avions en forme d’aile et avec succès, le vaisseau spatial de Roswell avec sa vraie fonctionnalité qui dépassait tout ce qu’ils avaient, comme voyager dans l’espace, représentait un challenge technique pratique pour les scientifiques.

Ils savaient ce que faisaient les EBE mais ils ne pouvaient pas le dupliquer. Les rapports de Corso pour les R&D analysaient les types de technologie qu’ils devraient développer pour construire une défense crédible contre ce vaisseau ou pour en construire un eux-mêmes. Dans ses notes pour le général Trudeau, Corso passa en revue toutes les implications technologiques qu’ils pourraient récolter du vaisseau de Roswell. Il écrivit aussi ce qu’il comprenait de la technologie par champ magnétique et comment des ingénieurs non conventionnels avaient brouillonné des prototypes ‘antigravifiques’ dans le siècle. Corso suggéra que tout ceci pointait dans la même direction: ils possédaient un vaisseau et pouvaient exploiter industriellement ses composants en incluant cette énergie par antigravité et le contrôle de navigation par ondes cérébrales. Pour cela, ils devaient avoir le conseil de scientifiques qui pourraient éventuellement faire partie de leur ‘brain trust’, des individus en qui ils pourraient faire confiance et parler des débris de Roswell. C’étaient ces scientifiques qui travaillaient habituellement avec les premiers fournisseurs des R&D et pourraient leur dire comment les approcher dans leur division au R&D pour des consultations privées et sécurisées. Corso espérait que l’évaluation des choses qu’ils possédaient de l’EBE et de son vaisseau pourrait leur apporter quelques solutions sur les problèmes physiologiques connus des astronautes durant les vols spatiaux.

Au début des années 60, les astronautes américains et russes avaient fait leurs premiers vols orbitaux et avaient subi les effets négatifs de l’apesanteur pendant leurs missions. Malgré les déclarations officielles comme quoi l’homme pouvait voyager dans l’espace, les docteurs disaient que même de courtes périodes en apesanteur désorientaient extrêmement les astronautes et que plus le vol était long, plus les symptômes devenaient inconfortables. Ils étaient tracassés par la perte de la force physique, la réduction de la capacité musculaire du cœur et du diaphragme, la réduction de la capacité des poumons et la perte de la résistance à la flexibilité des os. Les créatures éparpillées sur le sol désertique de Roswell semblaient complètement adaptées au voyage spatial. Juste examiner ces créatures était une énorme opportunité. L’oxygène renouvelable et les provisions de nourriture étaient les directions à prendre et dans les années 1960, les ingénieurs de la NASA étaient prêts à dessiner les façons de recharger l’atmosphère à l’intérieur d’une capsule et de fournir de la nourriture.

Les R&D donnèrent un coup de main. Ils développèrent un processus d’irradiation de la nourriture qui fournit encore aujourd’hui les bases de la nourriture non réfrigérée dans les vaisseaux spatiaux. Mais la réadaptation du corps d’un homme à la gravité terrestre après un voyage en apesanteur était un autre problème à résoudre. La physiologie des EBE fournissait un important indice. Ils devaient examiner la façon d’entraîner les astronautes physiquement, ainsi, ils seraient plus adaptés aux périodes en apesanteur et à la désorientation spatiale. Dans le même temps, ils devaient développer des rations nutritionnelles qui ne seraient pas exagérées dans un système digestif qui aurait besoin de compenser la perte de la gravité. Il n’y avait pas de moyen de préparer de la nourriture à bord du vaisseau et ils ne savaient pas comment ils stockaient la nourriture ou même ce qu’ils mangeaient. S’ils devaient voyager dans l’espace, il était clair qu’avec ce que l’armée avait trouvé à Roswell, qu’en fait, une culture avait développé la technologie pour le faire, alors les R&D devaient trouver un moyen pour nourrir les pilotes dans l’espace. Mais avant, ils devaient développer un moyen pour préserver la nourriture qui ne nécessiterait pas une réfrigération ou une consommation excessive d’énergie.

Le problème des voyages spatiaux longues distances n’était pas encore résolu en partie parce qu’ils comptaient sur les moyens de propulsion conventionnels qui mettraient les astronautes dans de grandes périodes de tension physique. Ils n’avaient pas non plus de moyen pour réajuster les astronautes à la gravité terrestre après un long voyage dans l’espace comme la station russe MIR. Corso suggéra à Trudeau, dans son rapport, que ce n’était pas explicitement la mission des R&D. La NASA devrait commencer à préparer les candidats astronautes dès leur présence à l’école. « Si nous entraînons nos astronautes depuis leur enfance comme nous le faisons pour les athlètes, nous créerons un groupe d’officiers capables, physiquement, d’entrer dans la nouvelle génération de voyage dans l’espace. » écrit Corso. Il sut que Trudeau avait passé cette recommandation à la NASA parce qu’elle créa un camp d’entraînement pour les futurs astronautes quelques années à peine après le départ de Corso de ce service. Derrière l’entraînement des astronautes pour les voyages spatiaux avec des moyens conventionnels, l’examen de l’EBE et du système de propulsion possible du vaisseau posait d’autres questions. Et si, en plus d’être bio-fabriqués pour les voyages spatiaux, les EBE n’étaient pas soumis aux mêmes forces que celles auxquelles les pilotes humains devaient faire face ?

Si les EBE utilisaient une technologie par propagation des ondes comme propulsion par antigravité, alors ils voyageaient à l’intérieur d’une sorte d’onde électromagnétique ajustable. Corso suggéra à Trudeau d’étudier les effets physiologiques sur les humains après une longue exposition à cette sorte d’énergie générée par la propagation d’une onde électromagnétique. Les biologistes avaient besoin de déterminer comment cette radiation pourrait désorganiser l’activité des cellules dans le corps humain. Peut-être que la peau externe, en un seul morceau, portée par les EBE, leur offrait une protection contre les effets d’une onde électromagnétique. Bien que l’armée des R&D ne fit jamais ces études parce que les problèmes médicaux sur les voyages spatiaux étaient gérés par la NASA à travers des contrats avec les militaires, des recherches médicales indirectes furent conduites des années plus tard. Les études entourant les effets physiologiques sur des personnes vivant à côte des lignes à haute tension et sur celles utilisant des téléphones portables furent peu concluantes. Bien que certaines personnes argumentaient qu’il y avait de hautes incidences sur ces groupes de personnes, d’autres argumentaient du contraire.

Derrière cela, pour que l’homme puisse atteindre des destinations au-delà du système solaire, une technologie de propulsion radicalement différente était nécessaire pour atteindre une vélocité à ou au-delà de la vitesse de la lumière. Dans l’esprit de Corso, ce n’était rien de plus qu’une confirmation comme quoi les recherches sur l’électromagnétisme dans les années 20, les expériences sur les soucoupes pour les développements d’un vaisseau par les alliés, montraient la voie pour une nouvelle génération d’appareils. Corso savait que ses rapports étaient lus dans les hautes sphères de l’armée parce que la recherche top-secrète a continué jusqu’à aujourd’hui à travers les designs et les systèmes de propulsion du Stealh Fighter et des prototypes de bombardiers suborbitaux, développés à Nellis et Edwards, maintenant sur les planches à dessin et qui peuvent voler à des vitesses supérieures à 7000 miles/heure. Après avoir fini son rapport sur les opportunités qu’ils pouvaient tirer des EBE et du vaisseau, Corso tourna son attention à compiler une petite liste des opportunités immédiates qu’ils pouvaient atteindre aux R&D avec les articles récupérés de l’écrasement. C’étaient des choses spécifiques, pas comme les questions théoriques sur la physiologie des EBE ou de leur vaisseau. Bien que pour certains ces objets soient banals, chacun de ces objets, avec une intervention directe des R&D, engendrerait une industrie technologique entière de laquelle sortirait de nouvelles armes militaires.

Parmi les objets de Roswell, les questions et les problèmes venant de l’écrasement de Roswell, sur la liste préliminaire de Corso, qui nécessitaient un plan de développement ou simplement une investigation de la part des scientifiques militaires, se trouvaient:

 Intensificateurs d’images, qui deviendraient plus tard « vision de nuit »

 Fibre optique

 Fibres à « super ténacité »

 Lasers

 Alliage métallique avec alignement moléculaire.

 Circuits intégrés et miniaturisation des circuits logiques.

 HARP (High Altitude Research Project) (Projet de Recherche en Haute Altitude)

 Projet Horizon (base lunaire)

 Pile atomique portable (énergie propulsion ionique)

 Nourriture irradiée

 « Troisième cerveau » système de guidage (bandeau de tête EBE)

 Faisceau à particules (« Star Wars » armes anti-missiles)

 Systèmes de propulsions électromagnétiques.

 Projectiles d’uranium appauvrit.

Pour chacun de ces articles de la liste de Corso, le général Trudeau chercha dans les fichiers des ressources humaines et trouva les noms de scientifiques qui travaillaient sur des projets de la défense ou sur des projets alliés dans les universités où Corso pourrait aller pour des conseils et des consultations. Corso ne fut pas surpris de voir von Braun apparaître à chaque problème de propulsion de fusée. Von Braun avait été enregistré en 1959 lorsqu’il avait annoncé que les militaires américains avaient acquis une nouvelle technologie suite à des recherches top secrètes sur les ovnis. Corso ne fut pas surpris non plus de voir le nom de John Von Neumann à côté de la mention de l’étrange tranche en silicone avec des empreintes argents. « Si ceci est ce à quoi je pense, alors cela doit être » dit le général Trudeau, « des circuits imprimés. Il y a une seule personne à qui nous pouvons en parler. »

Le Dr. Robert Sarbacher était une personne importante à contacter dans notre liste parce qu’il avait travaillé au « Research and Development Board » pendant l’administration d’Eisenhower. Non seulement Sarbacher avait été consulté par les membres de l’amiral Hillenkoetter et par le groupe de travail sur les ovnis de général Vandenberg dans les années 50, mais il avait fait partie, aussi, de la décision originale du général Twining pour envoyer tous les débris de Roswell à Wright Field pour examens préliminaires avant de les envoyer à la recherche militaire. En 1950, Sarbacher, commentant la nature des débris, dit qu’il était sûr que la légèreté et la solidité de ces matériaux devaient être très soigneusement étudiées par les laboratoires gouvernementaux qui avaient pris possession des débris après l’écrasement. Parce qu’il était toujours bien informé sur les débris de Roswell, le Dr.

wilbert smith

Sarbacher était un autre candidat pour les R&D. Ils listèrent aussi le Dr. Wilbert Smith qui dans un mémo au contrôleur des télécommunications, en novembre 1950, avait demandé au gouvernement canadien d’enquêter, avec urgence, sur la nature de la technologie extraterrestre que les USA avaient récupérée de véhicules extraterrestres crashés.

Il implora le gouvernement de faire un effort substantiel pour utiliser la technologie extraterrestre. Le général Trudeau plaisanta sur le fait que même si le Dr. Smith savait qu’ils avaient récupéré de la technologie à Roswell, il ne savait pas réellement ce que c’était. « Je ne peux pas attendre pour voir sa tête lorsque vous ouvrirez votre serviette devant lui, Phil » dit le général Trudeau. Chacun de ces scientifiques maintenait des relations avec beaucoup de fournisseurs de la défense durant les années 1950. Le général Trudeau avait aussi des relations avec des fournisseurs de l’armée qui travaillaient sur des nouveaux systèmes d’armement pour les militaires. C’étaient avec des compagnies comme, Bell Labs, IBM, Monsanto, Dow, General Electric, et Hughes que le général Trudeau voulait discuter à propos des produits technologiques qu’ils avaient compilés avec le dossier de Roswell aux R&D. « Vous allez commencer à appeler nos amis scientifiques » dit Trudeau, « et prendre tous les rendez-vous que vous voulez. ». « Où serez-vous général ? » demanda Corso. « Je vais faire aussi quelques voyages « dit-il, » d’abord au chef d’équipe pour être sûr que nous aurons le budget discret dont nous aurons besoin, ensuite à quelques personnes auxquelles je veux parler une fois que vous aurez le retour de la communauté scientifique sur les projets de votre liste. »

« Où d’abord ? » demanda Corso. « Qu’aimeriez-vous ? » répondit le général

« Nous allons travailler sur les intensificateurs d’images pour quelques temps » dit Corso, « Nous avons même entre nos mains les articles sur lesquels travaillaient les Allemands à la fin de la guerre. »

« Eh bien, pourquoi ne faites-vous pas un voyage préliminaire à Fort Belvoir » dit le général Trudeau, « ils ont un projet de vision de nuit en route depuis les 10 dernières années, mais il ne donne rien de comparable à ce que vous avez en votre possession. »

« Je m’occupe d’abord de cette chose » dit Corso.

« Oui, Phil, mais vous allez quitter cet uniforme et mettre un vrai costume d’avocat » ordonna le général, « et ne prenez pas votre voiture ringarde » Trudeau vit Corso faire les gros yeux.

« Tout ce que vous allez faire, c’est d’alimenter un projet », continua Trudeau, « Ils ont aussi des voitures ringardes, mais vous allez leur donner un grand choc. Après les avoir vus, vous disparaîtrez et j’assignerai un projet de vision de nuit ici pour voir le développement. »

« Personne ne saura » dit-il, «comme vous le pensez, la visionneuse de nuit de Roswell va mettre une graine dans l’esprit de quelqu’un à Fort Belvoir puis elle fera partie d’un long projet historique. Elle disparaîtra, comme vous, dans l’histoire du développement. »

« Oui, Monsieur » dit Corso. Corso réalisa combien ce travail serait solitaire.

« Bonne chance, Phil » dit le général Trudeau, « soyez sûr que personne ne sache ce que vous faites et je ferai en sorte que vous ayez tout le budget dont vous aurez besoin ».

C’était le début.

Corso salua le général mais celui-ci tendit sa main et Corso la serra. Un lieutenant général affectant l’argent pour son budget de développement et un lieutenant colonel cherchant quelqu’un pour développer une protection visuelle inoffensive qu’un G.I. inconnu avait ramassé dans le sable à côté d’un ovni crashé dans une roche à côté de Roswell au cours d’un orage 40 ans plus tôt. Quelle paire ils faisaient.

 

OVNIS : 50 (70) Ans De Déni ? (2/4)

10 – Le projet était officiellement commencé

Le général Trudeau alla voir son patron au Pentagone pour commencer le processus de financement des nouveaux articles qu’ils avaient identifiés dans leur budget des R&D. Corso rentra chez lui et essaya son costume trois pièces. Le président Eisenhower avait dit une fois À Corso qu’il croyait toujours un homme qui portait une veste, et Corso n’avait jamais oublié ceci. Bien que certaines fois le président lui demanda de porter son uniforme pour des réunions spéciales où il devait avoir le look militaire, Corso portait, habituellement, un costume pendant son travail. Mais après des années passées à la base de missiles de Red Canyon et dans la tenue de combat en Allemagne, Corso avait perdu l’habitude de porter des vêtements civils. Néanmoins, après toutes ces années, il devait à nouveau porter des vêtements civils comme 95% des types à Fort Belvoir, peut-être la base militaire la plus importante dans tout le district militaire de Washington.

 

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Fort Belvoir était l’une de ces bases où les activités d’entraînement et les tests d’armes étaient une forme efficace de couverture pour ce qui serait connu comme le secret vital de Fort Belvoir. Le fort se trouvait à 30 minutes du pentagone et c’est là-bas que prit place une des recherches les plus secrètes sur la technologie des ovnis. Belvoir hébergeait l’école militaire des services techniques et maintenait une base de données vitale sur les tests de balistique et sur les développements de nouvelles armes. Mais sur sa face cachée, Fort Belvoir était le berceau où les officiers du NSC (National Security Council), qui avaient le niveau de sécurité valable, pouvaient s’entraîner.

Même des années après le départ à la retraite de Corso, des histoires traînaient à propos d’archives sur les ovnis qui étaient stockées à Fort Belvoir, celles-ci incluant des photos et même des films sur la récupération de vaisseaux extraterrestres par les militaires. Ce que quelques personnes savaient, c’est qu’il y avait une unité d’élite de l’Air Force qui opérait à l’extérieur de Fort Belvoir et qui était responsable de la récupération des ovnis tombés. C’est pourquoi Fort Belvoir devint le dépôt des films classifiés sur les ovnis. Ces secrets sont restés à Fort Belvoir, gardés de très prés, pendant des années, et à la longue, ce stockage s’est enveloppé de mystère. Pour ceux qui suspectent le genre d’information gardée à Fort Belvoir, Fort Belvoir garde une partie des légendes entourant le cover-up militaire sur les ovnis. Corso était en route pour cette base afin de parler du projet de vision nocturne et pour voir les dossiers allemands de la Deuxième Guerre Mondiale qu’ils possédaient sur les viseurs infrarouges que les Nazis essayaient de déployer pour leurs troupes de combat nocturne. Ces viseurs étaient encombrants, peu maniables, pesaient très lourds et laissaient l’infanterie très encombrée. Ces viseurs ne furent jamais efficaces pour la guerre mais ils montraient l’énorme promesse que pouvait avoir une armée qui pouvait manœuvrer autour d’un ennemi aveugle et impuissant. C’était la promesse qui tourmentait aussi bien les forces soviétiques qu’américaines dans les derniers mois de la guerre, au moment où ils approchaient des installations d’armes secrètes allemandes.

Les forces américaines mirent en sécurité toutes les archives allemandes sur les viseurs nocturnes mais ce n’est que lorsqu’ils regardèrent à l’intérieur du véhicule tombé à Roswell, et qu’ils purent voir une aube brumeuse, qu’ils réalisèrent le potentiel de la vision nocturne. Ils comprirent cela peu après que le véhicule soit emmené à Wright Field et que le Général Twining fit son rapport initial sur le fait qu’ils étaient l’ennemi aveugle et impuissant face aux yeux des EBE. Ces créatures contrôlaient nos cieux obscurs. Ils observaient les humains avec une facilité qui n’amusa pas les Américains jusqu’à ce qu’ils aient à leur tour leurs propres lunettes de vision nocturne, des années plus tard, et permettent ainsi, d’élever le niveau de jeu contre eux. L’Oldsmobile bleue de Corso n’était sûrement pas une arme secrète dans l’arsenal américain mais elle transportait la description d’un minuscule composant qui deviendrait une des armes les plus efficaces pendant la guerre froide. Les guérilleros utilisent la nuit elle-même comme une arme pour passer les lignes ennemies sans être repérés. Mais équipez une équipe avec des lunettes de vision nocturne montées sur des chars ou des véhicules d’observation, ou sur un hélicoptère planant au-dessus de la zone de combat, et soudainement la nuit devient le jour et les ennemis invisibles deviennent, dans votre viseur, comme une proie pour un chasseur. Pour les EBE, les humains étaient les proies et ils savaient que ces EBE surveillaient leur défense, étudiant les avions qu’ils envoyaient pour les chasser, et planant autour des satellites expérimentaux qu’ils lançaient. Ils pouvaient les voir sur les radars.

Les EBE avaient un avantage sur eux tant qu’ils n’auraient pas acquis une habilité technologique suffisante pour avoir une défense pouvant leur faire des pertes trop importantes et ainsi éviter une guerre de grande ampleur. Ce n’était pas seulement un avantage pour eux de récupérer le maximum de technologie extraterrestre lors des rencontres avec eux, mais c’était aussi un des facteurs qui les obligeait à garder le silence sur la présence extraterrestre. S’il n’y avait pas d’ennemi public, il n’y aurait pas de pression de la part du public pour qu’ils fassent quelque chose. Ils dénièrent donc tout sur l’activité extraterrestre mais pendant ce temps ils planifièrent, mesurèrent leurs intentions hostiles et poussèrent le développement d’armes qui réduirait l’avantage des EBE. Tout cela n’aurait pas été possible si les américains n’avaient pas reçu d’aide de la part de leurs vieux adversaires; les Russes et les Chinois. Les Soviétiques ne laissaient aucun doute sur leurs intentions de dominer le monde à travers leur révolution communiste et défiaient les USA même avant la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. En 1948, le rideau de fer était tombé au-dessus de l’Europe de l’Est et les Soviétiques essayaient de mettre les USA dans une position d’assouvissement. C’était des temps difficiles, pas seulement difficiles pour le monde libre mais pour le monde entier qui était sous une menace militaire et sous un pouvoir bien plus grand que les forces combinées de l’Amérique, de la Russie et de la Chine. Ils ne savaient pas, au début, ce que les EBE voulaient, mais ils savaient qu’entre les mutilations de bétail, la surveillance de leurs installations d’armement secrètes, les étranges rapports sur les enlèvements d’êtres humains, leurs bourdonnements incessant autour des lancements dans l’espace, habités ou non, les EBE n’étaient pas seulement juste des visiteurs amicaux et courtois disant, « Hello ! Nous ne vous voulons pas de mal ». Ils nous veulent du mal, et les Américains le savaient. Le problème était qu’ils ne pouvaient rien faire, et tout ce qu’ils essaieraient de faire devrait rester secret ou cela créerait une panique mondiale, pensaient-ils.

(Ndbl – Si ces êtres venus d’ailleurs avaient vraiment eu l’intention de nous porter préjudice, de nous nuire ou même de nous dominer, en possédant une pareille technologie, cela n’aurait été qu’une formalité.)

La guerre froide était une énorme opportunité pour eux, parce qu’elle leur permettait d’améliorer leurs préparations militaires pour combattre publiquement les communistes pendant que secrètement ils créaient un arsenal et une stratégie pour se défendre contre les extraterrestres. En fait, la guerre froide, aussi réelle et dangereuse qu’elle était, était aussi une couverture pour eux afin de développer une détection planétaire et un système de défense qui regarderait aussi bien dans l’espace qu’en Russie. Et les Soviétiques faisaient exactement la même chose, regardant au même moment en haut et en bas. Dans une tentative de coopération tacite, les Soviétiques et les Américains, pendant que chacun tentait de prendre l’avantage sur l’autre durant la guerre froide, cherchaient à développer une défense contre les extraterrestres. Quand le président Reagan fit la démonstration à Mikhaïl Gorbatchev que les USA étaient capables de déployer une défense de missiles anti-missiles et de la tourner contre les extraterrestres, tous les prétextes de la guerre froide prirent fin et le grand monolithe soviétique en Europe de l’Est commença à s’effriter. La guerre froide permit à ces superpuissances de préparer des défenses contre les extraterrestres sans jamais rien révéler au public. Quand vous examinez ceci, les archives elles-mêmes montrent qu’un autre agenda était présent pendant la guerre froide. Après tout, pourquoi chaque côté avait-il dix fois plus d’ogives que nécessaire afin de détruire l’arsenal nucléaire de l’autre côté ainsi que ses zones habitées ?

La vraie histoire derrière l’immense arsenal d’ogives, l’énorme flotte de bombes et les plateformes sous-marines ICBM que chaque côté avait déployés, était celle de la menace que les extraterrestres feraient s’ils occupaient une partie de notre planète. Ils avaient ainsi le pouvoir de les faire disparaître. Si les extraterrestres avaient voulu attaquer les USA ou la Russie pour rendre un arsenal inopérant, ils avaient assez de missiles restant pour leur faire payer le prix de vouloir commencer une guerre. C’était une partie de leur agenda secret derrière l’immense développement militaire dans les années 1950 et 1960 : sacrifier une partie de la planète pour permettre au reste de vivre. Elle permit aux USA et à l’URSS d’intimider l’autre mais elle permit aussi d’intimider toutes les cultures extraterrestres. Personne n’écrivit de mémo sur cela parce que les déploiements d’armes pendant la guerre froide étaient la couverture pour l’agenda secret contre les extraterrestres. Chaque côté essayait de faire dépenser à l’autre plus d’argent qu’il n’en possédait afin de l’affaiblir économiquement.

La CIA donna constamment des estimations fausses parce qu’elle s’alimentait avec des informations du KGB, les Américains essayaient de faire la même chose envers les Soviétiques. Et si les Soviétiques avaient pu gagner la guerre froide en répandant le moins possible de sang, ils l’auraient fait. Mais à la fin, la futilité de la destruction mutuelle rendit la Troisième Guerre Mondiale infaisable et leur attention mutuelle se focalisa sur leur ennemi commun : les extraterrestres qui refusaient de partir. Il y eut de subtiles et de moins subtiles allusions durant toute la guerre froide comme quoi un agenda caché était en route. La plupart des gens ne savait pas où regarder. Pour ceux qui l’on fait, et il y en eut beaucoup, les réponses étaient clairement visibles. Bien qu’il y eut de la censure et des menaces de carrières brisées, beaucoup de militaires et de civils rapportèrent des observations de soucoupes volantes. Les histoires d’abductions continuaient à foisonner. Certaines étaient vraies et cela créa une grande consternation à travers les membres du groupe de travail sur les ovnis. Si le gouvernement ne pouvait pas protéger les citoyens contre les abductions par des extraterrestres, est-ce que cela ne signifiait pas un échec de l’autorité gouvernementale ? De même, si trop de soucoupes volantes étaient vues par trop de gens au même moment, est-ce que cela ne deviendrait pas évident que les superpuissances militaires ne pouvaient pas protéger leur population ?

Pendant un temps, cela fut vrai mais le public ne s’en rendit jamais compte. Bientôt, ils seraient capables d’améliorer la défense de leur espace aérien et d’envoyer un grand nombre d’intercepteurs contre les EBE et donc de leur poser un vrai souci. Ainsi, la course entre les superpuissances pour dépenser des billions de dollars afin de construire l’intercepteur le plus rapide et le meilleur avait deux véritables buts. Ils avaient besoin de tous ces avions parce qu’ils donnaient aux superpuissances la réponse alternative pour simplement se détruire eux-mêmes avec des missiles guidés, mais au même moment, ces mêmes superpuissances développaient une technologie de défense aérienne pour défendre la planète contre les extraterrestres.

Le second agenda s’était toujours trouvé là et la guerre froide fournit l’élan budgétaire que les militaires avaient besoin : ils construisaient des appareils pour se protéger contre les soucoupes volantes. Et dans une certaine mesure, ils réussirent. Les USA et l’URSS étaient sensibles à un autre territoire où les extraterrestres agressaient le personnel militaire : les programmes d’exploration spatiale. Dès le début de leurs efforts pour envoyer des satellites en orbite, les extraterrestres avaient surveillé et interféré activement dans les lancements de véhicules, habités ou non, en causant des interférences dans les transmissions radio, en causant des problèmes électriques ou en causant des mal fonctions mécaniques. Les cosmonautes américains et soviétiques avaient, séparément, fait des rapports sur des observations d’ovnis tellement de fois que cela en était devenu banal. Les liaisons audio et vidéo entre les capsules spatiales et la NASA, toutefois, étaient des liaisons sécurisées, donc les commentaires sur ces ovnis n’étaient pas écoutables par des auditeurs privés. Malgré cela, les astronautes avaient des instructions spécifiques pour ne pas rapporter d’observation d’ovni jusqu’à ce qu’ils soient au sol. L’astronaute Gordon Cooper, par exemple, rapporta que lorsqu’il était pilote de chasse au-dessus de l’Allemagne dans les années 1950, il se rua avec d’autres jets ‘Sabre’ pour intercepter une formation d’ovnis volant au-dessus de sa base, mais quand sa formation s’approcha trop près, la formation d’ovnis partit au loin.

Cooper décrivit aussi le film qu’il vit à la base d’Edwards en Californie en 1957 sur un atterrissage d’ovni. Il dit qu’il envoya le film à Washington et qu’il l’envoya aussi aux officiers du projet BLUE BOOK, mais ils ne lui répondirent jamais. De même, le pilote du X-15, Joe Walker, révéla que sa mission de 1961 pour battre le record de vitesse mondiale était aussi une chasse aux ovnis durant les vols en haute altitude. Il dit aussi qu’il filma des ovnis durant un vol en X-15 en 1962. Des rapports persistèrent à propos des astronautes de Mercury 7 suivis par des ovnis et à propos de Neil Armstrong qui aperçut une base extraterrestre sur la Lune durant l’atterrissage d’Apollo 11. La NASA n’a, comme toujours, rien admis de tout cela et cela a été traité comme affaire de haute sécurité nationale.

Une présence extraterrestre sur la Lune, vraie ou fausse dans les années 1950, était un problème si important pour les militaires qu’elle devint un sujet de débat au « National Security Council » avant que l’amiral Hillenkoetter et les Généraux Twining et Vandenberg le récupèrent dans leur groupe de travail. Le problème n’atteint jamais formellement le « National Security Council », quoique les R&D, sous le nouveau commandement du général Trudeau, développèrent rapidement les plans préliminaires pour HORIZON, un projet de construction de base lunaire pour fournir aux USA une présence militaire sur la surface lunaire.

(Ndbl – Ceci ne fut jamais réalisé car la présence des EBE sur la Lune était réelle et ceux-ci interdirent aux américains d’y remettre les pieds tant qu’ils n’auraient pas un peu « grandi ».)

Commencé à la fin des années 1950 et prévu en achèvement entre 1965 et 1967, Horizon était supposé établir des fortifications défensives sur la Lune contre une tentative d’évasion soviétique, de l’utiliser comme une base militaire et comme système de surveillance et d’alerte contre les attaques de missiles soviétiques, et, plus important, pour faire une surveillance et une défense contre les ovnis. C’était, pour être brutal, un plan pour établir une ligne d’escarmouche dans l’espace afin de protéger la Terre contre une attaque surprise. Mais le projet fut mis sur une voie de garage quand le « National Space and Aeronautics Act » donna le contrôle de l’exploration spatiale à la NASA civile, qui élimina les branches militaires et poursuivit ses propres projets jusqu’à la fin des années 1970. La peur d’une attaque contre notre planète était une idée qui régnait au National Security (Ndbl – Ah, ces cons ! Il est évident que si ces êtres avaient été hostiles au point du nous envahir et de nous dominer, ils n’auraient pas attendu qu’on récupère leurs vaisseaux, qu’on en exploite leur technologie pour pouvoir ensuite l’utiliser contre eux-mêmes, c’eut été d’un véritable masochisme) et à travers les chefs d’états-majors durant les années 1950.

Douglas Macarthur

Même après qu’il se soit retiré de l’armée, le général Douglas MacArthur était encore dans la mêlée en recommandant aux militaires de se préparer eux-mêmes pour ce qu’il sentait être la prochaine guerre. Il dit au New York Times, en 1955, que « Les nations de la Terre devraient faire un jour front commun contre l’attaque de gens d’autres planètes ».

Le public prêta peu attention à cette déclaration, mais c’était en fait une révélation sur la pensée stratégique militaire en la fin des années 1950 expliquant une partie de la paranoïa qu’avait le gouvernement à propos des soucoupes volantes et des vaisseaux non identifiés. Une partie de la recherche militaire sur ce qu’ils percevaient être une menace militaire fut d’abord une analyse des façons dont les vaisseaux extraterrestres interrompaient passivement les communications mondiales à travers des ondes d’interférence magnétiques et électriques et ensuite le développement de circuits protégés contre ceci. Ensuite, le général Trudeau et ses homologues dans les autres branches de l’armée au Pentagone furent chargés d’établir un plan de stratégie envers le comportement agressif des EBE. Ceux-ci ne suivirent ou ne surveillèrent pas seulement les vaisseaux en orbite, ils essayèrent de faire des dégâts dans les communications de la NASA assez souvent pour l’obliger à repenser la sécurité des astronautes dans les programmes Mercury et Gemini. Des années plus tard, il y eut même des spéculations parmi les analystes des renseignements militaires qui s’étaient trouvés en dehors de la stratégie de la NASA, comme quoi le programme d’alunissage d’Apollo avait été finalement abandonné parce qu’il n’y avait pas de solution pour protéger les astronautes contre une menace extraterrestre possible.

Les vaisseaux extraterrestres bourdonnaient aussi au-dessus des lignes de défense américaines en Europe de l’Est. Corso qui se trouvait là-bas les vit lui-même de ses propres yeux sonder leurs radars pour voir avec quelle vitesse ils répondaient. Ils pouvaient voir des bips sur leurs écrans qu’ils ne pouvaient pas identifier puis qui disparaissaient soudainement. Alors, ils réapparaissaient, seulement cette fois plus près de leurs aérodromes ou des lanceurs de missiles. Une fois qu’ils déterminèrent qu’ils n’étaient pas sondés par des avions de Russie ou d’Allemagne de l’Est, ils décidèrent, la plupart du temps, de ne pas répondre à ces menaces.

Très souvent ils partaient tout simplement, mais quelquefois ils voulaient jouer au chat et à la souris, s’approchant de plus en plus prés jusqu’à ce que les militaires soient obligés de répondre. C’est ce que les EBE voulaient voir, combien de temps les Américains mettraient à envoyer des intercepteurs après la détection sur les radars. Les EBE volaient à plus de 7000 miles/heure. Le seul succès de défense contre eux eut lieu à la fin des années 1950, début des années 1960, quand ils furent capables de fixer une cible avec un radar. Alors, quand ils fixaient leur cible radar sur eux, les signaux que les missiles étaient supposés suivre pour suivre la cible, interféraient quelquefois dans les capacités de manœuvre des EBE et le vol de leurs véhicules devenait erratique. Si les Américains étaient chanceux et capables d’augmenter le signal avant la perte de liaison, ils pourraient effectivement les mettre au tapis. Quelquefois, ils eurent effectivement la chance de tirer un missile avant que l’ovni puisse faire une action évasive.

Ramstein base

Un bataillon de l’armée de l’air put le faire avec un missile anti-avion à côté de la base de Ramstein, en Allemagne, en Mai 1974. Le vaisseau spatial s’écrasa dans une vallée. Le vaisseau fut récupéré et envoyé à la base de Nellis, Nevada. Le crash de Roswell était diffèrent. Il y avait plus de spéculations sur lui comme quoi c’était la combinaison des éclairs de foudre et de leur traque radar persistante qui avaient aidé le vaisseau extraterrestre à s’abattre dans le désert du nouveau Mexique en 1947.

Ensuite, il y avait les mutilations de bétail suspectes et les rapports d’abductions, peut-être les formes d’intervention les plus directes contre notre culture et une attaque directe au-dessus des installations militaires. Pendant que les débunkers (Ndbl - démystificateurs) disaient que ceci n’était que combinaison de cannulars, d’attaques journalières de prédateurs contre le bétail, de flash-back psychologiques d’enfance (Ndbl – Ah ! qu’ils sont forts, quand ils veulent) dans les cas d’abduction, et une fabrication des médias, les enquêteurs sur le terrain, trouvèrent qu’ils ne pouvaient expliquer certaines mutilations animales, spécialement quand de la chirurgie laser semblait avoir été utilisée et les psychologues trouvèrent des similitudes alarmantes dans les descriptions d’untel ou untel qui ne connaissaient rien aux histoires des autres. La communauté des renseignements militaires regarda ces histoires de mutilation et d’abduction très sérieusement. Ils travaillèrent sur ces descriptions pour trouver pas moins de trois scénarios différents dans lesquels :

1) Les EBE faisaient simplement des expériences scientifiques sur les formes de vie terrestres et collectaient tous les spécimens qu’ils pouvaient sans causer de rupture ou alerter les humains.

2) Les EBE collectaient activement des spécimens et effectuaient des expériences afin de déterminer si cela était un environnement hospitalier pour eux afin d’y habiter, et toute les perturbations qu’ils faisaient ne les concernaient pas.

3) Toutes les expérimentations et les collectes de spécimens étaient un prélude à une sorte d’invasion de notre planète. Personne ne savait leurs motivations mais on pouvait imaginer le pire et, de fait, on avait besoin de se défendre nous-mêmes aussi bien que possible.

Bien que cela ne fut jamais révélé au public, les analystes des renseignements militaires soutenaient la vision que la Terre était toujours sous une sorte de prélude d’attaque par une ou plusieurs cultures extraterrestres qui testaient les défenses humaines. Sans qu’il n’y ait de contact direct entres les extraterrestres et les gouvernements terriens,(Ndbl -permettez-moi d’en douter) — parce que les notes du groupe de travail de Hillenkoetter ne furent jamais diffusées aux chefs d’équipes ou à leurs officiers des renseignements —, les têtes des services militaires décidèrent, collectivement, qu’il était préférable de faire un plan de guerre plutôt qu’être pris par surprise. Au même moment, les responsables civils du programme spatial de la NASA décidèrent que les renseignements militaires étaient excessifs à propos des filatures des vaisseaux américains par les ovnis. La NASA, bien qu’informée par les rapports relatant l’activité extraterrestre entourant les véhicules spatiaux américains, décida d’apporter une attitude interne officielle, « Attendre et voir », parce qu’elle pensait qu’il était impossible de lancer un programme de défense spatiale explicite tout en achevant les visées des scientifiques civils dans le même temps.

Donc, la NASA fut d’accord pour tout cacher. Comme couverture, la NASA en 1961, fut d’accord pour coopérer avec les militaires afin de travailler sur un second programme spatial caché par les missions scientifiques civiles. Ils furent d’accord pour ouvrir un « canal arrière » de communication confidentiel afin de créer un lien avec les renseignements militaires à propos des activités hostiles conduites par les EBE contre leurs vaisseaux spatiaux même si cela n’était que des filatures et de la surveillance. Corso prit connaissance de tout ceci grâce à ses contacts dans les renseignements militaires. Ce que la NASA ne dit pas aux renseignements militaires, bien sûr, c’est qu’elle avait un autre « canal arrière », classifié, avec le groupe de travail de Hillenkoetter et qu’elle tenait informé ce groupe sur chaque rapport d’astronaute parlant d’ovni, spécialement pendant les premiers vols Apollo, quand le vaisseau extraterrestre commença à virevolter autour des modules lunaires après leur sortie de l’orbite terrestre. Même si les renseignements n’étaient pas au courant du lien entre la NASA et le groupe de travail, Corso et quelques autres avaient des liens avec la communauté des renseignements civils qui les tenait informés.

L’armée et l’Air Force s’arrangèrent pour trouver 122 photos prises par les astronautes sur la Lune qui montraient quelques preuves d’une présence extraterrestre. C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement Reagan poussa si fort pour le SDI en 1981. (Space Defense Initiative). En 1960, une fois l’approbation du groupe de travail, et la requête de la NSA qui était concernée à propos de la vulnérabilité de ses vols de U2, la NASA fut d’accord pour que certaines de ses missions deviennent des couvertures pour des satellites de surveillance militaire. Ces satellites, bien qu’approuvés pour la surveillance de l’activité ICBM soviétique, étaient aussi supposés détecter l’activité extraterrestre dans les régions éloignées de la Terre. Peut-être qu’en 1960, les Américains n’avaient pas la technologie d’aujourd’hui pour intercepter les vaisseaux extraterrestres, mais en utilisant la nouvelle technologie de surveillance par satellite, ils étaient capables de détecter une présence extraterrestre sur la surface de la planète. Les planificateurs des renseignements spéculèrent que s’ils rendaient la visite des bases terrestres plus difficile aux extraterrestres, peut-être partiraient-ils tout simplement. C’était un autre exemple sur comment la guerre froide était utilisée avec la double intention de surveiller l’activité extraterrestre tout en surveillant l’activité soviétique. Toutefois, pendant les années 1960, les projets critiques démarrèrent au bureau des R&D pour protéger les systèmes vitaux de contrôle et de commandement, ceux-ci incluant le renforcement des communications et des circuits informatiques en enfouissant les composants sensibles aux ondes électromagnétiques, le même type d’énergie dégagée après une explosion nucléaire, dégagées par les vaisseaux extraterrestres.

En fait, les recherches sur les effets des ondes électromagnétiques, ou EMP, étaient si importantes, que jusqu’à la fin des années 1950, le Département de la Défense avait simulé des EMP afin de déterminer comment protéger les circuits des avions, des chars, des missiles et des appareils. Des générateurs EMP furent installés dans les installations autour du pays, celles-ci incluant les laboratoires de Harry Diamond, Adelphia, Maryland, et les simulateurs d’EMP I et II pour l’armée au milieu de « Chesapeake Bay » et un autre à « China Lake » en Californie. L’Air Force mit des simulateurs d’EMP à la base de Kirkland, Nouveau Mexique, aux installations additionnelles de l’armée à White Sands, et à l’arsenal de Redstone en Alabama. Ils initialisèrent le développement de l’équipement de vision nocturne pour rendre leurs troupes capables de voir la nuit de la même façon que les EBE. C’est seulement à ce moment-là qu’ils commencèrent seulement à réaliser qu’elles étaient les intentions des EBE et l’effrayant secret à propos de leur existence sur cette planète. C’était à la vision nocturne que pensait Corso alors qu’il passait le poste de sentinelles à la porte principale et qu’il fila rapidement aux laboratoires de développement à Fort Belvoir, accueilli par un spécialiste militaire qui sembla surprit de ne pas voir Corso en uniforme.

« Colonel Corso » dit le Dr. Paul Fredericks, consultant à la section de développement technologique sur la vision nocturne à Fort Belvoir, en tendant sa main et en le conduisant jusqu’à son fauteuil en cuir couleur tabac. Le fauteuil était disproportionné par rapport à la taille de son petit bureau et il était, manifestement, son siège favori. Corso apprécia l’honneur et la courtoisie qu’il lui fut accordés, « Le général Trudeau m’a dit que vous nous apportiez quelques informations remarquables à propos d’un des projets que nous avons en développement ici. »

« J’espère que cela vous aidera, Dr. Fredericks » commença Corso, « je ne suis pas physicien, mais je pense que nous avons quelque chose qui accélérera le temps de recherche et nous montrera quelques nouvelles possibilités. »

« N’importe quoi qui puisse aider, Colonel » dit le Dr. Fredericks alors que Corso ouvrait sa mallette et qu’il commençait à étaler ce qu’il avait, « N’importe quoi. »

 

11 – Le programme U2 et le projet Corona

« Bien sûr, le général Trudeau a eu des contacts avec Don et avec l’équipe de développement ici » continua le Dr. Fredericks alors qu’il regardait Corso ouvrir le dossier sur la vision nocturne qu’il avait sorti de la mallette. « Et je suis au courant de la nature du matériel que vous avez. Ce n’est pas quelque chose dont nous poulions parler au téléphone. »

« J’apprécie votre discrétion sur ceci, Dr. Fredericks », dit Corso, « Si vous pensez que ce que je vais vous montrer peut vous aider dans le processus de développement, c’est à vous de l’utiliser. Mais l’arrangement sera que tout était d’origine ici à Fort Belvoir. Les R&D fourniront le budget nécessaire pour financer ce développement. Vous utiliserez vos propres ressources pour fabriquer cette production et pour récupérer tous les mérites du processus. »

« Et cette conversation ? » demanda le Dr. Fredericks. « Une fois que vous m’aurez dit que vous pouvez utiliser ce que j’amène et que nous vous aurons donné le budget que vous demanderez, » Commença Corso, « cette conversation n’aura jamais eu lieu et vous retirerez mon nom de votre carnet de rendez-vous ».

« Maintenant vous avez réellement toute mon attention » dit le Dr. Fredericks avec une légère pointe de sarcasme dans la voix. « Ce que vous transportez dans cette mallette est si secret ? » Corso tendit le croquis au Dr. Fredericks qui le prit en main et le fit tourner avec ses doigts comme s’il tenait les manuscrits de la mer morte. « Vous n’avez pas à être aussi prudent avec ceci, Dr. Fredericks » dit Corso « J’ai fait plusieurs photocopies ».

« Avez-vous l’objet actuellement ? » demanda-t-il. « De retour au Pentagone » répondit Corso.

« Qui portait ceci ? » continua le Dr. Fredericks. « À ce moment-là, personne » lui dit Corso, « d’après les rapports de terrain, ils trouvèrent ceci dans le sable à côté d’un des cadavres »

« Cadavres ? À l’écrasement de Roswell ? » Maintenant, il était complètement incrédule, « Le général Trudeau n’a rien dit à propos de cadavres. »

« Non, c’est vrai » dit Corso, « Ce n’est pas une information que nous donnons. Le général Trudeau m’a autorisé à répondre à toutes vos questions jusqu’à un certain niveau de sécurité. »

« Nous n’en sommes pas encore là » demanda et affirma en même temps le Dr. Fredericks.

« Mais nous en sommes près », suggéra Corso, « Je peux parler de l’objet, parler de l’endroit où il a été trouvé, mais c’est tout ce que je peux faire. Si le général Trudeau me l’autorise, alors j’irai plus loin. »

« Amusant, mais j’ai toujours pensé que Roswell était une légende. Vous savez, ils ont trouvé quelque chose mais peut-être était-ce russe. » Dit le Dr. Fredericks. Ensuite il demanda à nouveau si quelqu’un de l’équipe de récupération avait vu une des créatures porter ce système de vision nocturne.

« Non, » dit Corso, « Il y avait beaucoup de débris répandus du vaisseau. Les soldats de l’équipe de récupération avaient regardé à travers une des fissures qui courait le long du vaisseau et ils avaient vu des « view port » (Ndbl – hublot d’observation) dans la coque. Eh bien, ce qui les a étonnés, c’était que lorsqu’ils regardaient à travers ces « view port », ils pouvaient voir l’aube, ou une lumière diffuse grise qui ressemblait au crépuscule, mais à l’extérieur il faisait complètement noir. » Paul Fredericks était sur le bord de son siège maintenant.

« Personne sur le site du crash ne connaissait quelque chose sur les visionneurs nocturnes que les Allemands avaient développés durant la guerre » expliqua Corso, « donc même si les officiers de l’équipe de récupération étaient stupéfaits sur ce qu’ils avaient vu, quand ils autopsièrent l’extraterrestre au 509e groupe et retirèrent ses « lentilles », c’est le seul mot que je peux utiliser, ils réalisèrent que celles-ci étaient une paire de réflecteurs compliqués qui assemblaient toute la lumière valable dans des intensificateurs d’image nocturnes. » Continua Corso, en montrant du doigt le croquis que tenait Paul Fredericks. « Quelques officiers médicaux essayèrent de regarder à travers elles dans un hall sombre et des images apparurent, mais rien ne fut jamais fait avec ceci et cela fut rangé avec le reste de l’extraterrestre. »

« Est-ce qu’ils ont effectué quelques analyses sur ceci avant qu’il ne soit envoyé ? » demanda Fredericks « Quelques unes », lui dit Corso, « Mais ils n’avaient pas les moyens au 509e et durent attendre qu’il soit envoyé à Wright. C’est seulement quand les garçons des renseignements de ‘l’Air Materiel Command ‘ le rurent qu’ils réalisèrent que c’était quelque chose que les Allemands essayaient de développer. « Mais c’est bien plus sophistiqué », dit le Dr. Fredericks, « Les Allemands n’étaient pas aussi proches de quelque chose comme ceci. »

« Oui, monsieur » dit Corso, « pas aussi près. Et c’est pourquoi les gens des renseignements à Wright étaient si concernés. Comment les Allemands avaient fait pour être aussi près une fois la guerre terminée ? Qu’avaient-ils tenu d’autre dans les mains ? Avaient-ils eu de l’aide ? »

« Ou » dit très lentement le Dr., « ils ont trouvé un crash, comme vous en avez trouvé un ? »

« C’est exactement cela, Dr. Fredericks » dit Corso, « qu’avaient-ils trouvé ? »

« Si les Allemands pouvaient mettre les mains sur ce matériel, et les Russes alors ? » demanda Fredericks. Mais il se parlait tout seul, maintenant. « Pourquoi pas les Chinois ou un de nos pays alliés européens ? Combien de ce matériel est dehors ? » Demanda-t-il finalement.

« Nous n’avons aucune réponse à ces questions » lui dit Corso, « En tous cas, personne d’entre nous à l’armée. Pour des raisons évidentes, personne ne tournait autour pour récupérer des informations parmi les différentes agences. Nous avions ce que nous avions. »

« Et vous ne voudriez pas que je parle de ceci ou que j’essaie de renifler autour pour toute autre information » dit Fredericks.

« Si nous avions pensé que vous le feriez, je ne serais même pas ici. » dit Corso, « j’ai ces rapports ici et des descriptions de l’appareil. Je vais prendre congé avec vous. Si vous pensez que vous pouvez travailler sur ceci dans vos programmes de développement, j’ai le matériel, lui-même, je vous l’enverrai et il sera complètement en vos mains. Exploitez le partout où vous voudrez le développer. Offrez le droit à vos fournisseurs de le breveter. Ne leur dites jamais où vous l’avez eu et d’où il peut provenir. Tout ce que nous voulons c’est faire développer cette chose. C’est tout. »

« Puis-je ? » demanda le Dr. Fredericks, en tendant la main vers les rapports que Corso avait étalés sur le siège en cuir. Corso lui tendit la liasse. « C’est plus à propos de comment ils ont manipulé l’extraterrestre à Wright Field que sur les lentilles elles-mêmes » dit Corso, « Parce que dans la réalité, ils ne savaient pas vraiment ce qui faisait marcher la chose et ils ne voulaient réellement pas les séparer. »

« Alors, ils l’ont juste mis dans le paquetage ? » demanda Fredericks « Fondamentalement, c’est ce qui s’est passé, » dit Corso, « au début, ils ne savaient pas comment cela fonctionnait. Ou peut-être pensaient-ils que cela rendrait un être humain aveugle ou quelque chose comme cela. Cela les effrayait. Après un certain temps, ils l’ont rangé dans un entrepôt en espérant que quelqu’un d’autre les en débarrasse. »

« Et ce fut vous » dit le Dr. Fredericks. « En réalité, »répondit Corso, « cela peut être vous, si vous le voulez ».

« J’ai besoin de lire ce matériel plus complètement et voir où nous pouvons glisser votre vision nocturne dans le projet sans causer une ride en surface. » expliqua le Dr. Fredericks. « Est-ce que cela sera facile ? » demanda Corso. « À Fort Belvoir » répondit Fredericks, « les équipes, ici, doivent garder leurs idées pour elles-mêmes. Si vous leur dites que ceci est une pièce de technologie étrangère que nos garçons des renseignements ont prise dans un autre pays et que nous sommes supposés la faire disparaître dans ce que nous sommes en train de faire, c’est l’histoire. »

« Personne ne pose de questions ? » demanda Corso. « Personne ne pose de questions en toutes circonstances. » dit-il, « Cela devra avancer rapidement et créer son propre petit développement bureaucratique si nous avons le budget pour le mettre dans un projet de développement d’urgence avec une réelle phase de développement avec limite de date ».

« Et alors que se passera-t-il ? » demanda Corso. « C’est juste comme le magasin du Père Noël le premier jour de l’hiver. Aucun des elfes ne lève les yeux de son établi jusqu’à ce que le travail soit fini. Ensuite, le projet suivant arrive et tout le monde oublie. À partir du moment où les troupes porteront ces choses sur le terrain, la vision nocturne sera juste un grand souvenir heureux, avec les détails réécrits pour arranger la vision de l’histoire. Personne n’essaiera de deviner, Colonel Corso, » dit-il, « entre le moment où nos garçons auront le matériel en main, il ira dans la soupe de développement à Fort Belvoir et deviendra de l’autre côté une arme de terrain. » Corso se leva et referma sa mallette en marchant autour du bureau.

« Alors qu’allez-vous recommander au général Trudeau ? » Demanda Fredericks. « Je vais suggérer au général d’envoyer l’appareil, vous viendrez avec le budget dont vous aurez besoin, et le général Trudeau trouvera les financements » dit Corso. « Et vous ? » demanda-t-il.

« C’était un plaisir de vous rencontrer, Dr. Fredericks, » lui dit Corso, « bien sûr, il y aura un lien avec les R&D qui aura officiellement la charge du développement de la vision nocturne. Il fera des rapports au général Trudeau et tout ce que j’aurai besoin, je le trouverai auprès du général. Je me réjouis de voir vos rapports de développement arriver. Félicitations pour votre nouvelle pièce de technologie. Et félicitations à la compagnie qui aura le contrat avec la défense. »

« Félicitations, vraiment » dit le Dr. Fredericks. Ils se serrèrent la main et Corso sortit du bureau. Pendant un temps, cela fut comme de sortir de l’irréel et d’entrer dans le réel. Ils venaient juste de lier une de leurs pièces avec la réalité, créant une pièce d’histoire. Les garçons des R&D de Fort Belvoir allaient recevoir un appareil d’un de leurs consultants qui leur chuchoterait que cela provenait d’un de nos ennemis. Ne posez aucune question. Mais c’était juste une chose que les gens de Fort Belvoir allaient regarder pour voir à quoi ressemblait un appareil fini. Cela prendrait 5 ans ou plus.

Le programme actuel de développement d’armes à Fort Belvoir servant de couverture pour la dissémination de la technologie de Roswell était si parfait que quiconque voulant regarder en arrière dans l’histoire ne verrait qu’une soudaine accélération dans le programme de développement peu après 1961. La vision nocturne eut une accélération dans son financement, un nouvel officier fut assigné au projet par le général Trudeau, et le nom du général Trudeau commença à tourner de façon régulière comme un des bienfaiteurs du programme. En 1963, alors que Corso et lui étaient au Pentagone, le projet était à Martin Marietta Electronics - maintenant une partie de Lockheed Martin - et déjà en route à travers son déploiement initial qui prendrait place en Europe et au Vietnam. Mais Corso ne savait pas cela en quittant la base de Fort Belvoir pour rejoindre son bureau au Pentagone. Il était seulement satisfait d’avoir inséré un de leurs projets de technologie étrangère dans un développement déjà en cours et qui allait camoufler leur appropriation d’une pièce de technologie extraterrestre.

Francis Gary Powers

Corso rejoignit son bureau qui fut, rapidement, plein d’autres dossiers qui nécessitaient des dispositions. L’un d’eux, qui était parallèle à celui de la vision nocturne, était le projet embryonnaire « CORONA », une idée apparue soudainement avec la « descente » d’un avion U2 de surveillance et de la capture de son pilote, Francis Gary Powers. L’Air Force et la CIA avaient lancé le programme U2 pendant un certain temps durant l’administration Eisenhower, et les photos et rapports passaient régulièrement sur le bureau de Corso au National Security Council. Comme beaucoup d’autres événements durant la guerre froide, le U2 n’avait pas seulement un seul objectif : la surveillance de l’Union Soviétique sur son programme de développement de missiles guidés. Il avait une triple intention. Bien sûr, ils voulaient savoir exactement ce que les Soviétiques faisaient, mais ils voulaient aussi connaître leurs capacités de défense aérienne.

Ils voulaient savoir avec précision comment leurs radars pouvaient suivre le U2 et si un de leurs missiles pouvait le descendre. Donc, ils les provoquèrent volontairement en faisant connaître leur présence quand ils voulaient se faire tirer dessus. Pouvaient-ils les descendre ? Les caméras à bord du U2 filmaient les sites de lancement de missiles pendant que le pilote survolait les installations sensibles où les Russes essayaient de rivaliser ou de céder aux Américains le contrôle de zones classifiées dans leur territoire spatial. Donc, ils jouèrent avec eux afin de tester leur défense, en sacrifiant délibérément des pilotes, en les croyant morts après que leurs avions aient été descendus, et ils dénièrent toujours ce qu’ils faisaient même quand Khrouchtchev hurla à Eisenhower que le programme U2 mettait Khrouchtchev lui-même en risque à l’intérieur du Kremlin.

« Nous devrions faire un marché » dit le président du parti communiste. « Mais pas si vous m’obligez à sortir du bureau ». Mais bien qu’Eisenhower détestait le programme U2 et le danger dans lequel étaient mis leurs pilotes, le président devait s’accommoder d’un des autres agendas de surveillance : la recherche en cours de toute preuve d’atterrissage de vaisseaux extraterrestres ou d’écrasements dans l’immensité de l’Union Soviétique. Ils devaient aussi savoir si les Russes avaient récupéré de la technologie extraterrestre. C’est ce à quoi servait aussi le programme U2 jusqu’à ce qu’ils aient une autre alternative. Et l’alternative, bien qu’elle soit dans l’Air Force et pas dans l’armée, faisait partie d’un partage entre les services de renseignement des R&D et le duo : NSC/CIA.

(Ndbl - les deux plus grands manipulateurs du système américain).

Et c’était toujours en développement à l’intérieur de Lockheed dans une division appelée, « Travail de salauds ». Parce qu’ils avaient lancé des U2 pour provoquer les Soviétiques et parce qu’ils savaient qu’ils commenceraient à perdre des pilotes et des avions, l’équipe du National Security avait commencé à regarder, avec agressivité, pour un programme mieux surveillé dès 1957, la dernière année de Corso à la Maison Blanche. Les Renseignements avaient décidé de prendre, par satellite, des photographies des installations Soviétiques mais uniquement s’ils pouvaient avoir un oiseau assez fiable. Aussi, ils ne voulaient pas que les Soviétiques sachent qu’ils tournaient en orbite terrestre pour surveiller, afin de ne pas les encourager à s’occuper de leurs satellites. Donc la ruse fut d’envoyer un satellite dans le plus complet secret. Mais comment faire cela quand le monde entier vous regarde ?

L’armée et l’Air Force avaient une idée. Lockheed avait montré qu’il pouvait toujours développer un avion de surveillance, le U2 et éventuellement le SR71, en dehors des yeux du public et effectuer ses vols sans trop d’interférence avec les chiens de garde du sénat et sans la présence des journalistes. Pourraient-ils faire la même chose avec un satellite ? S’ils pouvaient, est-ce que les photos du satellite seraient aussi fiables que celles de l’U2 ?

L’armée et l’Air Force poussèrent ceci dans un programme commun avec la NASA sur l’envoi de satellites dans l’espace pour montrer leur drapeau au monde. Les Soviétiques les avaient battus dans la course avec Spoutnik, et les échecs de lancements de satellites de l’armée et de la Navy rendaient les Américains encore plus mauvais. Après un certain nombre de ces essais, le National Security Council avisa le président Eisenhower de jeter l’éponge, de mettre en commun toutes les ressources scientifiques nationales qu’il pourrait et de tourner la course pour l’espace vers une agence civile. Les militaires apprirent leur leçon sur une compétition dans une même technologie en regardant faire la NASA. La NASA eut quelques succès immédiats, et avant la fin de l’administration Eisenhower, en 1960, ils avaient géré la mise en place de satellites en orbite et fait des expériences sur les effets d’un vol orbital sur des animaux bien plus sophistiquées que les expériences de l’armée pour les V2 et avec des petits primates à Alamogordo à la fin des années 1940 et début des années 1950. Quand les renseignements de l’armée et de l’Air Force virent les succès des satellites de la NASA et la vulnérabilité grandissante des U2, ils virent une réponse possible à leur besoin en programme de surveillance.

Quand la NASA commença son programme orbital Discoverer, en lançant une charge utile en orbite basse et en la récupérant, les services militaires pensèrent voir une solution. S’ils pouvaient d’une façon ou d’une autre fabriquer un satellite photographique assez petit pour rentrer à l’intérieur, très petit, de la capsule de Discoverer, et récupérer l’appareil de surveillance quand l’Orbiter reviendrait sur Terre et installer entièrement le programme d’espionnage militaire dans le programme d’exploration scientifique civil sans alerter le public, cela pourrait être leur couverture. Ils savaient que les Soviétiques seraient très rapidement au courant de leur programme et ce n’était pas, en fait, une si mauvaise chose. Ils partaient du principe que comme la CIA était infiltrée par le KGB, il n’y avait pas moyen de garder le projet caché. Et Khrouchtchev n’aurait plus à s’inquiéter sur la violation délibérée de son espace aérien, et donc il serait tiré d’affaire au Kremlin et serait reconnaissant envers eux pour cela.

Tout ce qu’ils avaient à faire, c’était d’éloigner les civils et ils seraient libres. Le programme « Corona » était en mesure de passer sans un chuchotement dans l’air. Les Soviétiques suivraient sans aucune protestation, et ils pourraient prendre leurs photos de surveillance. Ils ajoutèrent une prime additionnelle, pour les Soviétiques, afin de les encourager à dire à leurs amis dans la CIA d’ébruiter l’histoire aux journalistes amis et de souffler la couverture sur l’ensemble de l’opération. Ils les encouragèrent à participer avec eux à l’agenda caché de Corona : la surveillance d’écrasements extraterrestres potentiels. Les renseignements de l’armée, avec l’approbation de NSC et d’Eisenhower, firent savoir à leurs homologues, dans l’armée soviétique, que tout renseignement aérien révélant la présence d’extraterrestres sur le territoire soviétique serait partagé avec les militaires. Ce qu’ils faisaient avec l’information, les Américains ne s’en souciaient guère. Mais l’armée était plus que reconnaissante. Les militaires professionnels ne croyaient pas les commissaires du parti communiste.

Ainsi, bien que les Américains renseignaient les Soviétiques sur une présence extraterrestre sur leur territoire, les Américains ne disaient en fait rien au gouvernement soviétique à cause de la très grande division entre le parti communiste et l’armée. La stimulation faite par les Américains marcha et le KGB encouragea la CIA à ne pas révéler l’histoire. Maintenant, c’était à l’Air Force et à Lockheed de fabriquer le satellite de surveillance Corona en dehors de la scène publique et de charger l’appareil dans la fusée de Discoverer juste sous le nez des journalistes américains.

C’était une des plus grosses supercheries de la guerre froide parce que les Russes savaient ce que les Américains faisaient. La NASA permit au projet de s’effectuer entièrement, mais la presse affamée de la moindre information sur les vols spatiaux resta complètement dans le noir. Si cela était nécessaire, les militaires pouvaient leur mentir et leur fournir des histoires de remplacement. Ils savaient qu’ils n’avaient pas beaucoup de temps car ils savaient que les Soviétiques essayaient d’embarrasser Ike à la fin de son mandat en emmenant au sol un de leurs avions U2 avec un pilote vivant à l’intérieur. Ils étaient maintenant en course avec les Soviétiques pour remplacer les U2 par le Corona, même si les Soviétiques comprenaient et acceptaient ce que faisaient les Américains. C’était une des ironies de la guerre froide. Les ingénieurs de Lockheed conçurent le satellite pour qu’il puisse entrer dans le cône de charge utile de la capsule Discoverer. Ils travaillèrent sous des contraintes de temps brutales parce que le président Eisenhower faisait pression au National Security Council afin d’arrêter complètement les vols d’U2.

Le vieux général savait que ce n’était qu’une histoire de temps avant que les Soviétiques ne capturent un pilote américain vivant, récupèrent sa confession, et le montrent à la télévision pour humilier les USA. Eisenhower était un homme dont les mots déplaisaient aux politiciens parce qu’ils cherchaient toujours la solution la plus opportune, pas forcément la plus honorable. Alors que Khrouchtchev se plaignait des vols de U2, Ike avait toujours nié qu’il les envoyait. C’était un mensonge si évident que Khrouchtchev essayait de piquer Eisenhower sur ce comportement. « Nous allons en descendre un, vous allez voir et alors que direz-vous ? ».

Mais Eisenhower dénia l’existence des U2, puis se retourna vers son équipe, furieux de la situation dans laquelle il se trouvait. « Arrêtez les vols » ordonna-t-il. Mais la CIA poussait pour un dernier vol. Il allait servir un but, argumentèrent-ils. Ils avaient entendu parler du système de défense aérien Russe pendant qu’ils surveillaient les zones possibles d’activités extraterrestres. Corso ne sait pas s’ils trouvèrent une preuve d’un atterrissage extraterrestre en Russie pendant la surveillance en U2, mais les extraterrestres pouvaient, sûrement, voir qu’ils étaient capables de surveiller le territoire Russe, et leur connaissance sur la capacité américaine servait la dissuasion sur le fait de voler au dessus de l’Union Soviétique en toute impunité. La CIA prétendait que les U2 étaient si importants pour la sécurité Nationale de l’Amérique qu’ils étaient prêts à sacrifier leurs pilotes. Cependant, Corso pense que les taupes du KGB, qui avaient pénétré la CIA, voulaient qu’Eisenhower soit embarrassé devant le monde entier. Et quand Francis Gary Power s’abattit en Mai 1960, ils pensèrent avoir leur chance.

Il y avait encore un grand doute à propos de l’U2 abattu. Sa mission était de voler au-dessus des installations de missiles russes les plus sensibles et de faire de lui une cible. Ils pensaient que les SAM russes ne pouvaient pas atteindre son altitude, mais que Powers se soit endormi sur son manche à balai à cause du manque d’oxygène ou qu’il soit descendu à basse altitude sur ordre de la CIA pour prendre de meilleures photos ou pour en faire une cible plus provocante, ils ne le sauront jamais. Corso pense que Powers commençait probablement à perdre connaissance à cause du manque d’oxygène et qu’un missile SAM explosa assez près pour lui faire perdre le contrôle de son avion. Ce dernier ne fut pas abattu par un missile. Le U2 était un avion très difficile à faire voler. Alors que son avion tournoyait vers le sol, Powers, trop désorienté pour reprendre le contrôle, poussa sur le levier à côté de son siège et s’éjecta. Powers fut capturé vivant, paradant devant les cameras et forcé de confesser qu’il espionnait l’Union Soviétique. Khrouchtchev avait une excuse pour annuler la réunion au sommet avec Eisenhower.

Ce dernier, comme il le craignait, fut publiquement humilié et forcé d’admettre à Khrouchtchev qu’il avait envoyé le U2 au-dessus de l’Union Soviétique. Il promit à Khrouchtchev que les vols de U2 étaient finis, éliminant un outil de surveillance valable et les rendant potentiellement aveugles, non seulement sur ce que faisaient les Soviétiques, mais aussi sur ce que faisaient les extraterrestres en Asie. Ce fut une terrible expérience pour le vieil homme qui croyait avoir été compromis par sa propre administration. Durant les derniers mois de préparation de vol en U2 de Gary Powers, la NASA complétait les détails techniques pour insérer la charge utile de Corona dans la charge utile de Discoverer. Si tout allait bien, le premier lancement de Corona donnerait au National Security Council les résultats qu’il voulait et le programme U2 deviendrait obsolète grâce à Corona. Alors Gary Powers fut descendu et le programme U2 prit fin parce que Eisenhower l’avait arrêté.

(Ndbl – Voilà comment ces fils de putes décident de votre sort)

Ils étaient aveugles. Alors Discoverer fut lancé de Cap Canaveral et tous ceux qui connaissaient les enjeux retinrent leur souffle. Mais cela marcha, ils avaient des yeux. Si cela avait échoué, leur meilleure opportunité de surveillance aurait échoué. Vous pouvez imaginer la jubilation du Pentagone quand la charge utile de Corona fut récupérée et que les premières photos furent développées. Elles étaient meilleures que celles obtenues avec le U2 et Corona était complètement invisible aux Soviétiques. Khrouchtchev cacha l’information à son propre gouvernement soviétique, et Eisenhower ne fit jamais de déclaration publique au peuple américain. En plus de suivre les développements de missiles soviétiques, ils pouvaient aussi suivre toutes les tentatives extraterrestres pour surveiller une base dans les régions éloignées comme l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Ils augmentaient l’égalité entre eux et les EBE, une petite victoire, mais néanmoins une victoire.

Ce qui satisfaisait le plus Corso, à propos du projet Corona, c’est qu’il était aussi élégant que couronné de succès. Exactement pareil que l’aisance avec laquelle ils avaient intégré le viseur nocturne de Roswell dans le torrent de développement de Fort Belvoir et qu’ils avaient intégré la surveillance photographique Corona dans le programme en cours Discoverer. Personne ne réalisait ce qu’ils avaient accompli ou comment les militaires utilisaient les programmes traditionnels pour couvrir leurs propres développements de systèmes d’armement secrets. Au même moment, ils savaient qu’ils gagnaient du terrain sur les extraterrestres. Avec chaque nouveau projet réussi, quelques uns basés sur la technologie de Roswell, d’autres initialisés spécialement pour contrer les capacités extraterrestres découvertes à Roswell, ils croyaient avancer leurs pions sur la case suivante. Ils pensaient que, peu importe les intentions hostiles des extraterrestres, ils n’avaient plus les pleins pouvoirs pour lancer une guerre globale contre les Américains.

Les EBE étudiaient les hommes, ils les infiltraient, les usant jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables de leur résister mais ils n’ont jamais eu l’intention, pas plus que la capacité, pensaient-ils, de détruire la planète et de la prendre pour eux.

(Ndbl – Cela est tellement évident ! Viendrait-il à l’idée de nos gouvernements de s’emparer d’une planète où les résidents ne seraient autres que des animaux primaires?)

Mais ce dont ils avaient besoin, c’était d’un avant-poste à un endroit qui pourrait leur donner un avantage stratégique, une base pour les frapper assez fort afin de les faire partir sans créer de panique sur la Terre. Ils avaient besoin d’une base sur la Lune. C’était une chose à laquelle rêvait l’armée depuis sa rencontre avec les extraterrestres à l’extérieur de Roswell. C’était un projet ambitieux qui avait rebondi de septique en septique dans l’armée, pendant un an, jusqu’à ce qu’il arrive sur le bureau de Corso.

 

12 – Le projet ‘Base Lunaire’

« J’envisage un développement expéditif de la proposition pour établir un avant-poste lunaire d’une importance décisive pour l’armée US dans le futur. Cette évaluation est, apparemment, partagée par le chef d’État-Major en regard à son approbation accélérée et à son enthousiasme pour l’initialisation de l’étude » écrivit le général Trudeau au chef du service du matériel en Mars 1959, en support au projet de l’armée HORIZON, un plan stratégique pour déployer un avant-poste militaire sur la surface de la Lune. C’était la réponse la plus ambitieuse de l’armée à la menace extraterrestre. C’est un des projets que le général Trudeau donna à Corso.

« Les gars de la NASA vont récupérer entièrement l’affaire des lancements de fusées, Phil » dit Trudeau, « et l’armée n’aura même pas les miettes sur la table. »

Corso venait juste de quitter la Maison Blanche lorsque la NASA était arrivée en 1958, et il savait ce que cela présageait. Cela transférait la responsabilité de l’espace des services militaires à l’agence civile qui était supposée répondre à toutes les promesses américaines envers les autres pays sur la démilitarisation de l’espace. C’était une louable intention, tout le monde voulait la soutenir : démilitariser l’espace, ainsi les pays pourront explorer et expérimenter sans le risque de perdre leurs véhicules ou satellites pendant des activités hostiles. Pour les USA et la Russie, cet accord disait que leurs astronautes et cosmonautes ne pourraient pas se faire la guerre. Bonne idée. Mais quelqu’un oublia de le dire aux extraterrestres qui violaient systématiquement l’espace aérien de la planète depuis des décennies, sinon des siècles, et avaient déjà une base opérationnelle sur la Lune. Pour le général Trudeau et beaucoup de commandants militaires US, l’habilité des Soviétiques à envoyer des cosmonautes et des véhicules avec une grande charge utile et avec relativement de facilité était une perspective effrayante. À moins que l’Amérique concurrence la technologie soviétique avec son propre programme de lancement et d’expansion de satellites de surveillance, l’armée pensait qu’elle céderait une partie stratégique importante à l’Union Soviétique.

En 1960, les USA avaient atteint une situation critique. À cause de la fenêtre de développement et le temps que cela prendrait pour faire passer les projets à travers ces développements, les programmes commenceraient trop tard dans les années 1960 et seraient irrémédiablement obsolètes dans les années 1970, quand les Soviétiques, comme ils s’y attendaient, auraient établi une présence dans l’espace. Comme dans les programmes U2, les Américains avaient un autre agenda caché qui les concernait bien plus que la capacité soviétique à les menacer de l’espace avec des missiles nucléaires. Ils étaient aussi très conscients de la capacité d’une puissance militaire, dominante sur la Terre, afin d’établir sa propre idée des conventions avec les extraterrestres. Ils avaient déjà vu comment Staline avait négocié un pacte de non agression avec Hitler, permettant aux Allemands de stabiliser leur front à l’Est et d’envahir l’Europe de l’Ouest. Ils ne voulaient pas voir Khrouchtchev gagner un pouvoir incontesté dans l’espace que les extraterrestres lui auraient facilement accordé pour garantir à chacun d’eux un certain degré de liberté pour dominer les affaires politiques de la planète. Cela semble paranoïaque aujourd’hui mais à la fin des années 1950 c’était exactement la pensée de la communauté des renseignements militaires. Les intérêts du général Trudeau étaient les mêmes que quiconque connaissant la vérité sur la présence extraterrestre autour de la planète. Ils ne savaient pas si une de ces observations pouvait tourner, pour de bon, à un atterrissage en force ou si une invasion avait déjà commencé.

En l’absence de toute information réfutant leurs craintes, c’était une obligation militaire de projeter le pire scénario possible. C’est pourquoi l’armée poussa pour le projet Horizon. Ils devaient avoir un plan. Les documents Horizon étaient, de façon franche, l’expression de leurs inquiétudes : ils devaient mettre un avant-poste militaire armé sur la Lune d’abord, parce que si les Soviétiques achevaient cet effort avant eux, les Américains seraient en position d’avoir à donner l’assaut à une montagne ou à assurer une position militaire. Ils devaient être plutôt les défenseurs d’une solide enclave fortifiée plutôt que les attaquants. Leur avant-poste devait être assez solide pour résister à un assaut et avoir assez de personnel pour conduire des expériences scientifiques et une surveillance continuelle de la Terre et de son espace. Au début, le général Trudeau argumenta que l’avant-poste devait avoir une taille et une activité constructive suffisantes pour permettre une survie et une activité modérée pour 10 à 20 personnes. Il devait permettre une extension des installations permanentes, et une rotation du personnel afin de garantir le maximum de temps pour une occupation soutenue. Le général Trudeau ne voulait pas seulement une tête de pont sur la Lune, il voulait que cela soit permanent et capable de se subvenir à soi-même pour de longues périodes sans aide de la Terre. Par conséquent, l’emplacement et l’étude étaient critiques et nécessitaient, du point de vue de l’armée, une station avec un système de surveillance spatiale triangulaire qui faciliterait :

1) Une communication avec la Terre et une observation optimum de celle-ci.

2) Des voyages routiniers entre la Terre et la Lune.

3) La meilleure capacité d’exploration possible, pas seulement dans la zone environnante de la surface lunaire, mais dans de plus longues expéditions d’exploration et, plus important, pour les militaires.

4) La défense militaire sur la Lune. L’objectif initial de l’armée était d’établir la première installation permanente sur la Lune et rien de moins. Le potentiel militaire sur la Lune était d’une importance primordiale, mais la mission permettrait, aussi, des potentiels de recherche scientifique et commerciale.

L’armée voulait rendre Horizon conforme à la politique nationale existante pour l’exploration spatiale, même dans la mesure où la démilitarisation de l’espace était concernée. Mais c’était coriace parce que tous ceux dans l’armée qui avaient été en contact avec le dossier de Roswell croyaient qu’ils étaient déjà sous une sorte d’attaque. Démilitariser l’espace était seulement un moyen d’être un jouet dans les mains d’une culture qui avait étalé une intention hostile envers eux. Mais, ils réalisèrent que vouloir l’établissement d’une présence militaire dans l’espace encouragerait les Soviétiques à les battre, étape par étape, avec pour résultat une course à l’armement dans l’espace qui pourrait exacerber les tensions de la guerre froide. L’armement dans l’espace serait bien plus difficile à contrôler, et un échange militaire accidentel pourrait facilement précipiter une crise sur Terre. Ainsi, le problème entier sur l’établissement d’une présence militaire dans l’espace était une devinette. Horizon était la tentative militaire pour accomplir les objectifs militaires dans le contexte d’une politique gouvernementale de désarmement.

L’armée devait aussi faire face à l’obstacle, pour ses plans, des membres du groupe de travail sur Roswell qui avaient établi une politique de niveau de sécurité au-dessus du Top Secret. Le groupe de travail pouvait parfaitement voir que toute expédition militaire indépendante dans l’espace, et spécialement avec l’objectif d’établir un avant-poste sur la Lune, avait une grande probabilité de rencontre extraterrestre. Dans cette rencontre, il n’y avait pas de garantie qu’un échange militaire ne s’ensuive, ou, dans une moindre mesure, un rapport militaire serait archivé. Même si ces rapports étaient gardés secret, il était hautement improbable que la presse n’entende pas parler de la rencontre des militaires avec des extraterrestres. Ainsi, le principe fondamental du groupe de travail et de sa mission, le camouflage de leurs découvertes sur des formes de vie visitant et, probablement, menaçant la Terre, serait incertain et des années d’opérations successives pourraient facilement avoir une fin peu satisfaisante. Non, le groupe de travail devait plutôt mettre l’exploration spatiale dans les mains d’une agence civile dans laquelle la bureaucratie serait plus facile à contrôler et dont le personnel serait trié sur le volet, et pour commencer, par les membres du groupe de travail. Ainsi, la scène était plantée pour une lutte bureaucratique acharnée parmi les membres du groupe de travail, tous de la même organisation mais avec des niveaux de sécurité et des objectifs politiques différents, et même la connaissance de ce qui avait pris place au cours des années avait foutu le camp. Et, sous-jacent, l’hypothèse que la population civile mondiale n’était pas prête à connaître la vérité sur l’existence de cultures extraterrestres et la menace probable que posaient ces cultures à la Terre.

Le Colonel Trudeau était intrépide comme Corso ne l’avait jamais vu. En Corée, il avait chargé la colline de Pork Chop, face à l’attaque ennemie, si furieusement que les militaires qui étaient avec lui avaient pensé qu’ils respiraient pour la dernière fois. Mais ils ne pouvaient pas le laisser aller seul, ce qu’il comptait exactement faire quand il jeta son casque au loin et enlaça un sergent blessé. Il arma son automatique et dit, « J’y vais. Qui est avec moi ? ». Corso imaginait qu’il devait avoir le même visage qu’aujourd’hui, alors qu’il lui tendait le rapport du projet Horizon. « Nous y allons, Phil » dit-il, et c’est tout ce que Corso avait besoin d’entendre. Quand les supporters de l’agence spatiale civile dirent à l’armée que toutes les questions levées par l’armée sur le besoin d’établir d’abord une présence seraient accomplies par les missions civiles, le général Trudeau argumenta que les plans civils ne parlaient pas explicitement d’une base sur la Lune mais seulement sur la possibilité d’un avant-poste en orbite terrestre qui serait, ou pas, capable de servir comme halte pour les vols vers la Lune ou vers d’autres planètes. Et le temps qu’il faudrait pour construire une station spatiale orbitale la rendrait obsolète avant même qu’elle ne soit sortie des planches à dessin. À côté de cela, le général Trudeau dit aux scientifiques du ‘ Eisenhower’s Aéronautics and Space Advisory Commitee’ : « Vous ne pouvez pas faire confiance à une agence civile pour remplir une mission militaire. Ce n’est jamais arrivé dans le passé et ça n’arrivera jamais dans le futur. Si vous voulez remplir une mission militaire, seuls les militaires peuvent le faire ».

Le président Eisenhower comprenait cette sorte de logique. À la fin des années 1950, la Maison Blanche avait mis en avant ses interrogations au général Trudeau à propos de la recherche militaire et de la politique de développement en rapport avec le projet Horizon et pourquoi, plus spécialement, les militaires avaient-ils besoin d’être sur la Lune et pourquoi une mission civile ne pourrait pas accomplir la plupart des objectifs scientifiques. C’était au moment où la Maison Blanche soutenait la « National Aeronautics and Space Act » et supportait la création de la NASA.

Le général Trudeau répondit qu’il ne pouvait pas écarter immédiatement le potentiel militaire complet, « Mais », écrit-il dans le rapport, « il est probable que l’observation de la Terre et des vaisseaux spatiaux de la Lune démontrera son avantage important. » Plus tard, il écrivit qu’une ligne Lune/Terre, qu’une surveillance spatiale par triangulation, en d’autres termes, l’utilisation d’un point de référence sur la Terre et un point de référence sur la Lune afin de pointer les positions de missiles ennemis, de satellites, ou de vaisseaux spatiaux, promettait une plus grande autonomie et une plus grande précision d’observation. Au lieu d’avoir un seul point d’observation, ils auraient un angle supplémentaire parce qu’ils auraient une base sur la Lune comme autre point d’observation. Cela serait surtout le cas pour les missions lunaires et martiennes que la NASA allait planifier dans les années 60. Il dit que les stations radar terriennes étaient déjà inadéquates pour les opérations en espace profond prévues par l’agence civile. Donc, cela n’avait aucun sens de dépenser de l’argent pour développer des réseaux de contrôle et de communication qui seraient obsolètes pour leur utilisation prévue.

« L’utilisation d’un système d’armement, sur une base lunaire contre la Terre ou des cibles spatiales, devait être prouvée faisable et souhaitable. » écrivit-il au chef du Matériel, révélant, pour la première fois, qu’il croyait, comme Douglas MacArthur, que l’armée pourrait être amenée à faire une guerre dans l’espace aussi bien que sur Terre. Le général Trudeau entrevoyait qu’un réseau de communication sur la Lune aurait un avantage pour suivre les missiles guidés lancés de la Terre, mais il réalisa, aussi, que les armes pourraient tirer de l’espace, et pas seulement par les gouvernements terriens mais par des vaisseaux extraterrestres. C’était le projet de base lunaire, croyait-il, qui serait capable de protéger les populations civiles et les forces militaires sur la Terre contre des attaques lancées de l’orbite terrestre comme de l’espace. Mais l’initiative pour une base lunaire de défense avait une autre caractéristique additionnelle.

« La puissance militaire d’une base lunaire serait plus fortement dissuasive pour éviter de combattre à cause de l’extrême difficulté, du point de vue de l’ennemi, d’éliminer la capacité américaine de riposte. », supposait-il, « Toute opération militaire pour l’ennemi, sur la Lune, serait difficile à cause de sa difficulté à atteindre la Lune, si les forces américaines étaient toujours présentes et avaient les moyens de contrer un atterrissage ou d’éliminer toute force hostile qui aurait atterri. »

« Si des forces hostiles ont l’autorisation d’arriver les premières, elles pourraient contrer les atterrissages américains et tenteraient d’accuser, politiquement, les Américains d’utiliser leur propriété. » L’armée conçut le développement d’une base lunaire comme une tentative similaire à la construction de la bombe atomique : une vaste somme de ressources appliquées à une mission particulière, complètement secrète sur la nature, et un programme d’urgence pour compléter la mission avant la fin de la prochaine décennie. Il dit que l’établissement d’un avant-poste devrait être un projet spécial ayant l’autorité et la priorité similaires au projet Manhattan pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Une fois établie, la base lunaire devrait être opérationnelle sous le contrôle d’un commandement spatial unifié, lequel serait une extension de la politique de commandement et de contrôle militaire actuelle. Le contrôle de toutes les forces militaires américaines par un commandement unifié était déjà utilisé à la fin des années 50, donc le plan du général Trudeau pour un commandement spatial unifié n’était pas une exception à la pratique en cours. La seule différence était que le général ne voulait pas que le commandement unifié exerce son autorité uniquement sur la base lunaire, il voulait de ce commandement pour contrôler et utiliser les satellites militaires, les véhicules spatiaux militaires, les systèmes de surveillance spatiale, et la gestion entière du réseau installé pour appuyer les avantages militaires.

Pour le général, être le second derrière l’Union Soviétique, pour le déploiement et le soutien d’une base militaire lunaire permanente, serait « désastreux », pas seulement pour le prestige de la nation, mais pour tout le système démocratique lui-même. Dans l’estimation du général Trudeau, l’Union Soviétique avait à l’époque planifié de construire une base lunaire dans le milieu des années 1960 et de la déclarer territoire soviétique. Il pensait que si les USA essayaient d’atterrir sur la Lune, et plus particulièrement s’ils essayaient d’établir une base là-bas, les Soviétiques voudraient propager cet événement comme un acte de guerre, une invasion de leur territoire, et essaieraient de montrer les USA comme l’agresseur et leur présence comme un acte hostile. S’ils défendaient la Lune comme l’une de leurs colonies, ou s’ils étaient la force déléguée au nom des extraterrestres, les USA seraient dans une situation de faiblesse.

Ainsi, le général Trudeau conclut et donc avisa le chef de l’ « Ordnance Missile Command » qu’il était de la plus extrême urgence que les USA imaginent un plan réalisable pour avoir un atterrissage habité sur la surface lunaire au printemps 1965, avec un avant-poste lunaire déployé et totalement opérationnel sur la Lune fin 1966 pour un coût, réparti sur huit ans et demi, de 6 billions de dollars. Les 2 premiers astronautes, le fer de lance de l’équipage d’avant-garde, seraient prêts à atterrir sur la surface lunaire en avril 1965, dans une zone à côté de l’équateur lunaire où, d’après des études, l’armée croyait que le terrain supporterait de multiples atterrissages militaires, des installations de décollage et la construction d’une structure cylindrique, avec des murs tubulaires, construite sous la surface, dans une crevasse qui pourrait accueillir un personnel initial de douze militaires.

Le poids du matériel de construction pour cet avant-poste lunaire, 300 000 livres (111,9 t)), serait déjà sur le site, ayant été transporté dans les trois mois précédents. D’après les plans de l’armée, une cargaison additionnelle de 190 000 livres (70,9 t) devrait être envoyée sur la Lune d’avril 1965 à novembre 1966. Et, de décembre 1966 à décembre 1967, une autre cargaison de 266 000 livres (99,28 t) et des fournitures devraient être envoyées régulièrement à la base lunaire maintenant opérationnelle. C’était en avril 1965, et le véhicule lunaire avec un équipage de deux astronautes avait juste touché la surface de la Lune. Bien que ce soit un appareil à capacité de décollage immédiat pour renvoyer les astronautes sur la Terre, leur reconnaissance orbitale avait déterminé que la zone était sûre et qu’il n’y avait pas de menace aussi bien soviétique qu’extraterrestre. La radio grésilla avec les premières instructions pour l’équipage. « Ici contrôle Horizon, base lunaire. Vous êtes partis pour les premières 24 heures. », les informa le contrôle Horizon à Cocoa Beach, Floride, Cape Carnaveral Space Command Center.

Ils sécurisèrent leur atterrissage, lequel, s’ils recevaient l’accord pour rester dans des périodes supplémentaires, deviendrait immédiatement leur logis pour les deux mois suivant alors que les équipes de construction arriveraient de Terre pour commencer à assembler l’avant-poste. Toutefois, avant même que la première cargaison habitée n’arrive, l’équipe d’avant-garde de deux astronautes aurait confirmé la situation de la cargaison qui avait déjà été livrée sur le site, affinant les études environnementales qui avaient été conduites par des sondes de surveillance non habitées, et vérifierait que les mesures initiales et les suppositions sur le site pour la base lunaire étaient correctes. En Juillet 1965, la première équipe de neuf personnes arriverait pour commencer à installer les tubes cylindriques dans la crevasse sous la surface et à installer les deux réacteurs nucléaires portables qui fourniraient l’énergie à l’avant-poste. Un certain nombre de facteurs avaient influencé la décision de l’armée d’enfoncer les conduites sous la surface de la Lune. Les plus importants d’entre eux étaient les températures uniformes, l’isolation de la matière lunaire elle-même, la protection contre une pluie potentielle et hasardeuse de petites météorites et météores, le camouflage et la sécurité, et la protection contre les radiations de particules qui normalement étaient hors d’atteinte grâce à l’atmosphère terrestre.

Les ingénieurs avaient conçu l’unité d’habitation pour ressembler et réagir comme une bouteille thermos vide avec, entre, une double paroi et un isolant particulier. La forme en thermos préviendrait la perte de chaleur et donc isolerait l’unité d’habitation afin que la chaleur irradiée par le système d’éclairage artificiel interne suffise à maintenir une température confortable à l’intérieur. L’atmosphère pour l’équipage devrait être maintenue par des réservoirs isolés contenant de l’oxygène liquide et du nitrogène et avec l’élimination de l’humidité et du dioxyde de carbone par des éléments chimiques et recyclés à travers des humidificateurs. Éventuellement, si la base devenait plus permanente et si de nouvelles équipes tournaient, un système de recyclage plus efficace serait installé. L’équipe de construction initiale serait assignée à vivre dans une configuration temporaire de blocs cylindriques et leur nombre augmenterait avec l’ajout de six hommes et plus de fournitures. Comme l’installation permanente, la cabine de construction temporaire serait brûlée enfouie dans une crevasse sous la surface de la Lune, mais elle devrait être plus petite que la cabine permanente et n’avoir aucun équipement laborantin qui serait construit dans la structure permanente. À partir des composants déjà envoyés sur le site d’atterrissage, l’équipe de construction aurait à assembler un ‘rover’ pour la surface lunaire, un véhicule pour creuser et faire des tranchées, et un véhicule de type chariot qui servirait aussi de grue. Avec juste ces trois appareils, l’armée croyait qu’une équipe de cinquante travailleurs pourrait assembler un avant-poste avec des éléments préfabriqués. Le plan Horizon pour la construction d’installations dans un état d’apesanteur, dans un environnement privé d’air deviendrait, finalement, le modèle pour la construction des stations spatiales soviétiques MIR et américaines FREEDOM.

Pendant que la construction de la structure souterraine permanente serait en route, d’autres membres de l’équipage devraient disposer à l’extérieur, le système de communication par antennes multiples qui serait relié avec les satellites terrestres géostationnaires afin de relier les transmissions de et vers la Terre. L’équipement radar sur la Lune maintiendrait également une constante surveillance de la Terre et serait capable de suivre n’importe quel véhicule orbital à la surface de la Terre aussi bien que les vaisseaux spatiaux entrant dans l’atmosphère terrestre. Les membres de l’équipage pourraient communiquer avec les autres et avec l’avant-poste lui-même par une radio montée dans le casque de leur combinaison spatiale. Au moment où l’armée proposait le projet Horizon, les ingénieurs militaires avaient déjà sélectionné un certain nombre de sites de lancement. Au lieu de Cap Canaveral, l’armée choisit une localisation équatoriale parce que la Terre tournait plus rapidement à l’équateur et cela fournirait une poussée supplémentaire pour toute fusée et plus spécialement celle ayant une forte charge utile. L’armée choisit une localisation secrète au Brésil où elle voulait commencer à construire des installations de lancement qui couvriraient le projet en entier. Les vaisseaux seraient suivis et contrôlés par les installations à Cocoa Beach, où l’armée et la Navy lançaient déjà leurs satellites. Ils scindèrent le programme en six phases commençant par la faisabilité initiale de juin 1959, laquelle était écrite en réponse à la première proposition du général Trudeau et devint la Phase I.

La Phase II, était prévue pour être finie au début de 1960, quand Corso avait été amené sur le projet, appelé pour un développement détaillé et une recherche de plans en conjonction avec les expérimentations préliminaires sur quelques-uns des composants essentiels. Durant cette phase, Corso avait planifié pour utiliser leurs procédures régulières aux R&D afin de gérer et suivre les tests et être sûr qu’ils pourraient faire ce qu’ils disaient pouvoir faire dans l’étude initiale de faisabilité.

En Phase III, ils étudièrent le développement complet du système d’intégration et du matériel pour le projet complet. Ceci incluait les fusées, les capsules spatiales, tous les véhicules de transport et de construction lunaire, les installations de lancement sur le site proposé au Brésil, et les composants de l’avant-poste lunaire, aussi bien la base temporaire que la base permanente. Était aussi inclus dans cette phase, le développement de tous les systèmes de communication, celui-ci incluant les stations relais, les systèmes de surveillance et les appareils de protection et de communication personnels que les astronautes auraient à utiliser. Et finalement, Phase III fut appelée pour la réalisation technique de toutes les procédures actuelles nécessaires afin qu’Horizon soit un succès dans des choses comme les « rendez-vous » orbitaux, les ravitaillements orbitaux des véhicules lunaires de transport, le transfert de cargaison en orbite et le lancement et le test des fusées-cargo.

Sous la Phase IV, prévue pour 1965, le premier atterrissage lunaire aurait lieu. L’établissement des deux premiers avant-postes d’observation pour deux hommes et la construction du premier bloc préliminaire de travail et d’espace vital serait effectué par le premier détachement de l’équipage. Les plans prévoyaient qu’après la fin de cette phase, « Un avant poste lunaire habité serait établi. »

Phases V et VI étaient les phases opérationnelles du projet et étaient prévues pour être finies dans une période de deux ans en commençant début cembre 1966 et prenant fin en janvier 1968. Sous ces phases, l’avant-poste progresserait de la forme préliminaire à une construction avec des installations permanentes. Ces installations commenceraient à surveiller la Terre, établissant la présence militaire américaine par des positions fortifiées sur la Lune, et en commençant les premiers expériences scientifiques et d’exploration. Dans la Phase VI, basée sur le succès de l’avant-poste permanent et l’exploration du terrain lunaire, l’armée prévoyait d’étendre l’avant-poste avec plus d’atterrissages et d’équipements additionnels et de rapporter les résultats des tests biologiques et chimiques et les premières tentatives d’exploitation de la Lune comme une entité commerciale. L’armée croyait aussi qu’en exploitant commercialement la Lune, ils pourraient faire revenir dans les coffres fédéraux les billions de dollars dépensés.

Le projet Horizon avait aussi esquissé le développement d’une station orbitale autour de la Terre comme un projet annexe afin de supporter les missions d’atterrissages lunaires. Sous les spécifications de la station orbitale, les développeurs du projet suggérèrent le lancement et l’assemblage d’une « austère et basique » plateforme orbitale qui pourrait fournir les équipages d’astronautes en route pour la Lune. Pour échanger et accroître leurs charges utiles, leurs ravitaillements en combustible et leurs redémarrages. La station orbitale pourrait être importante, ainsi, dans les étapes d’expéditions du projet Horizon, les équipages militaires pourraient transporter les cargaisons en apesanteur plus facilement que sur Terre. Les cargaisons pourraient être envoyées séparément, voyageant en orbite terrestre avec la station puis réassemblées par les équipages qui pourraient vivre dans les cabines de leur vaisseau au lieu de retourner sur la Terre une fois que le plein de carburant et le réassemblage des charges utiles seraient complétés.

Si la station spatiale préliminaire était un succès, l’armée en envisageait une plus élaborée, avec des équipements plus sophistiqués et qui pourraient avoir ses propres missions militaires et scientifiques et servir comme station relais pour les équipages en route pour l’avant-poste lunaire. Cette station serait une augmentation de la capacité militaire et rendrait les USA capables de dominer l’espace au-dessus de ses ennemis, aveuglant les satellites ennemis et détruisant leurs missiles. L’armée voyait aussi la station spatiale orbitale comme un autre composant dans une défense élaborée contre les extraterrestres, et plus spécialement si les militaires étaient capables de développer les lasers et les canons à particules qu’ils avaient vus à bord du vaisseau de Roswell. La station spatiale fournirait à l’armée la plateforme pour tester des armes Terre/Espace, et celles-ci, le général Trudeau et Corso étaient d’accord, seraient dirigées contre les extraterrestres hostiles qui étaient la vraie menace de la planète.

Dans ses plans pour une gestion et un management séparés à l’intérieur de la structure de l’armée, le projet Horizon était désigné pour être la plus grande opération de recherche, de développement, et de déploiement dans l’histoire de l’armée. Plus grand que le projet Manhattan, Horizon aurait pu devenir une unité complètement séparée dans l’armée elle-même. Ainsi, le projet Horizon fut perçu comme une menace immédiate pour les autres branches de l’armée, aussi bien que par les agences spatiales civiles. La Navy avait ses propres plans pour établir des bases sous-marines et voulait récolter les opportunités commerciales et scientifiques sous les océans au même moment, et plus important, établir une défense anti sous-marine qui pourrait compter face à la menace sous-marine soviétique. L’armée suspectait que les plans de la Navy, comme leurs plans pour la base lunaire, donneraient aussi à la Navy la capacité de surveiller les objets sous-marins non identifiés, si, en fait, c’était ce que les EBE envoyaient sur la Terre. Malgré l’apposition civile contre le plan militaire, le général Trudeau écrivit que l’armée n’avait pas d’autre choix que de défendre ses plans pour une base lunaire.

« Les renseignements américains sont d’accord pour dire que les soviétiques auront, au plus tard en 1965, un atterrissage lunaire habité » Ceci, dit-il, établirait une jurisprudence soviétique pour déclarer la surface lunaire comme territoire soviétique, ce qui pourrait précipiter la prochaine guerre si les USA essayaient d’établir une présence là-bas. Être second n’était pas une option.

« Comme le congrès l’a noté, » continua le général Trudeau, « nous sommes pris dans une tempête dans laquelle nous n’avons pas d’autre choix que de continuer. »

Cependant, alors qu’ils essayaient durement de trouver le financement et le développement du projet Horizon, ils furent stoppés. Le programme spatial national était devenu la propriété de l’agence spatiale civile et la NASA avait son propre agenda et son propre plan pour l’exploration spatiale. L’armée avait réussi dans des projets discrets comme Corona, mais cela n’était pas suffisant pour fournir à l’armée le contrôle nécessaire pour établir une base lunaire sous les conditions du projet Horizon. Corso devint le porte-parole du général Trudeau pour le projet à la Maison Blanche. Il était capable de faire pression pour cela, et Horizon devint finalement une couverture effective pour tout le développement technologique qu’il avait mis en chantier avec le dossier Roswell. Personne ne savait combien de technologie de Roswell serait insérée dans le développement.

Robert Kennedy

Après sa première année au bureau, le président Kennedy avait aussi vu la valeur du projet Horizon même s’il n’était pas en position de démanteler la NASA et d’ordonner à la NASA de céder le contrôle à l’armée pour le développement d’une base sur la Lune. Peu de temps après que Corso eut témoigné devant le sénat dans une séance top-secrète sur comment le KGB avait infiltré la CIA et dictait certaines estimations des renseignements depuis la guerre de Corée, le procureur général Robert Kennedy, qui avait lu ce témoignage secret, demanda à Corso de venir au département de la justice pour une visite. Ils allèrent à une réunion ce jour là. Corso savait qu’il l’avait convaincu comme quoi le renseignement officiel que recevait le président, à travers ses agences, n’était pas seulement faux, mais qu’il était délibérément défectueux.

Robert Kennedy commença à voir que les militaires au pentagone n’étaient pas seulement un groupe de vieux soldats espérant une guerre. Il vit qu’ils voyaient réellement une menace et que les USA étaient vraiment compromis par la pénétration soviétique de la plupart des agences secrètes. Ils ne parlèrent pas d’extraterrestres ou de Roswell. Corso ne lui parla jamais des extraterrestres, mais il fut capable de le convaincre que si les Soviétiques allaient sur la Lune avant eux, la victoire de la guerre froide leur appartiendrait à la fin de cette décennie. Bobby Kennedy suspectait le fait qu’il y avait un autre ordre du jour dans le désir de l’armée pour déployer un avant-poste lunaire pour l’armée, la science et les intentions commerciales, et, sans jamais connaître cet ordre du jour inconnu, il promit qu’il parlerait de cela au président. Corso peut seulement nous dire que pour lui ce fut un signe d’accomplissement quand le président John Kennedy annonça à la nation, peu de temps après la rencontre de Corso avec Bobby, qu’un de ses buts était que les USA envoient une expédition lunaire habitée avant la fin des années 1960.

C’est ce qu’il fit !

Jack Kennedy

Peut-être ne pouvait-il pas laisser l’armée avoir un autre projet Manhattan. C’était une autre époque et une autre guerre. Mais Jack Kennedy avait compris, pense Corso, les vraies conséquences de la guerre froide et ce qui se passerait si les Russes avaient envoyé un vol habité sur la Lune avant eux. La marche de l’histoire tourna. C’était leurs expéditions lunaires, les unes après les autres, pendant toutes les années 60, qui non seulement attirèrent l’attention du monde mais montrèrent à tous leurs ennemis, et que les USA étaient déterminés à faire le guet (la surveillance) de ses territoires et de défendre la Lune. Personne ne regarderait pour une guerre, et plus spécialement les EBE qui essayaient de les effrayer pour les éloigner de la Lune et de leurs propres bases. Ils bourdonnaient autour des vaisseaux américains, interféraient avec leurs communications, et cherchaient à les intimider avec leur présence physique. Mais les Américains continuèrent et persévérèrent.

Finalement, ils atteignirent la Lune et envoyèrent assez d’expéditions habitées pour explorer la surface lunaire et effectivement défier les EBE pour le contrôle du ciel terrien et de l’espace. Et, bien que la proposition Horizon prévoyait un atterrissage lunaire en 1967, il présupposait que l’armée voulait commencer à créer la bureaucratie nécessaire pour gérer l’effort et la construction du matériel dès 1959. Parce que la NASA gérait l’exploration spatiale, les USA prirent plus de temps pour atteindre la Lune que les militaires ne l’avaient prévu au début, et bien sûr, ne construisirent jamais la base permanente qu’ils avaient prévue dans le projet Horizon. Corso savait, bien qu’il ne soit plus dans l’armée depuis longtemps en 1969, que leurs succès pour l’exploration lunaire avaient démontré qu’ils exerçaient le contrôle et que les EBE n’auraient plus les rênes des cieux. Ils démontraient aussi que si une transaction devait être faite, pour une relation de proximité à établir, les Soviétiques n’étaient pas ceux à qui parler. Mais pour Corso, de retour en 1961, en regardant le colossal projet Horizon rapporté sur son bureau et en réalisant que l’establishment scientifique civil s’était mobilisé contre cette tentative, Corso savait que des petites victoires pourraient suffire jusqu’à ce que la grande puisse gagner. Et Corso prit la plaquette avec les circuits imprimés récupérée de l’épave de Roswell et se dit que cela pourrait contenir le prochain projet. Il savait à peine ce que c’était, mais si les scientifiques de White Sands avaient raison sur ce qu’ils présageaient, c’était une victoire qu’ils savoureraient bien après les batailles politiques, après la fin du projet Horizon.

 

OVNIS : 50 (70) Ans De Déni ? (3/4)

13 – La puce à circuit intégré

Avec le projet de ‘Vision Nocturne’ en route à Fort Belvoir et l’équipe du projet ‘Horizon’ essayant de nager en amont du courant de la gestion civile pour le programme spatial, Corso tourna son attention sur le fragment suivant du crash de Roswell qui semblait particulièrement intriguant : la plaque de semi-conducteurs carbonisée qui s’était cassée en plusieurs morceaux. Corso n’en avait pas fait sa priorité, ne sachant pas réellement ce que c’était, jusqu’à ce que le général Trudeau lui demande d’y jeter un œil plus attentif.

« Parlez à quelques uns des scientifiques sur les fusées à Alamogordo à propos de ces choses, Phil » dit-il, « Je pense qu’ils sauront ce que nous pourrons faire avec ceci » Corso savait que dans les jours suivant l’écrasement, le général Twining avait rencontré le groupe d’Alamogordo et leur avait décrit quelques uns des débris. Mais Corso ne savait pas jusqu’où il avait poussé ses descriptions et si les scientifiques savaient quelque chose à propos de ces plaquettes en leur possession.

« Je veux parler aussi à quelques scientifiques, là-bas » dit Corso, « et plus spécialement je veux voir quelques ingénieurs des fournisseurs de la Défense. Peut-être qu’ils pourront estimer le processus de fonctionnement de ces choses ». « Allez à Bell Labs, Phil » suggéra le général Trudeau « le transistor est sorti de leur atelier et ces choses ressemblent beaucoup à des circuits transistorisés. »

Corso avait entendu parler comme quoi le général Trudeau avait travaillé de très près avec Bell Labs et Motorola sur la recherche en communication pendant la guerre, ensuite au site de tests de lancements de missiles V2 à Alamogordo après l’écrasement de Roswell. Est-ce qu’il leur avait donné du matériel de l’écrasement ou leur avait montré la minuscule puce de silicone ? C’était de la pure spéculation. Tout ce que Corso savait, c’est que les travaux sur la miniaturisation des circuits firent un bond de géant en 1947 avec l’invention du transistor. À la fin des années 1950, les transistors avaient remplacé les tubes à vide dans les radios et avaient changé la boîte en bois de la taille d’un mur des années 1940 en radio portable en plastique que vous pouviez écouter sur la plage pendant un chaud dimanche de juillet. L’industrie de l’électronique avait fait un bond technologique majeur en moins de 10 ans, et Corso s’était demandé, en privé, si du matériel de Roswell était sorti avant son arrivée aux R&D en 1961. Corso ne réalisa pas cela tout de suite quand il montra ces plaques de silicone au général Trudeau, mais il devint rapidement et intimement concerné par le bourgeonnement de l’industrie informatique et par un très petit, et complètement invisible, pignon dans un processus d’assemblage qui donnerait 50 ans plus tard les premiers systèmes de micro-ordinateurs et la révolution de l’ordinateur personnel.

À travers la course des années depuis que Corso avait rejoint l’armée en 1942, sa carrière l’avait emmené à travers les étapes du système basé sur les tubes à vide, comme les radios et les radars de la Deuxième Guerre Mondiale au châssis de composants. C’étaient de grosses unités de circuits qui, si elles réduisaient en taille, pourraient être changées en éléments, très petits éléments, et finalement en minuscules transistors et en composants électroniques transistorisés. Les premiers ordinateurs militaires que vit Corso étaient de la taille d’une demi salle, des monstres de tubes à vide cliquetant qui, aux standards d’aujourd’hui, prenaient une éternité pour calculer la plus simple réponse. Mais ils émerveillaient ceux qui n’avaient jamais vu d’ordinateur travailler auparavant. À Red Canyon et en Allemagne, les radars de poursuite qu’ils utilisaient étaient contrôlés par de nouveaux ordinateurs à châssis transistorisés qui étaient assez petits pour être transportés en camion et suivre le bataillon. Donc, quand Corso vit la plaque grise avec un quadrillage gravé dessus, il put faire une estimation éclairée sur sa fonction même s’il n’avait jamais rien vu de tel auparavant. Il savait, cependant, que les spécialistes des fusées et les chercheurs universitaires qui travaillaient avec les laboratoires de développement à Bell, Motorola et IBM feraient plus que comprendre la fonction primaire de ces puces et estimeraient ce qu’ils auraient besoin de faire pour en faire leur propriété.

Mais d’abord, Corso appela le professeur Hermann Oberth pour savoir si un développement souterrain avait eu lieu après l’écrasement de Roswell. Le Dr. Oberth connaissait les scientifiques d’Alamogordo et avait probablement reçu, de seconde main, le contenu de la conversation qu’avait eu le général Twining avec son groupe de travail dans les heures qui suivirent la récupération de l’appareil. Et si le général Twining avait décrit certains débris, avait-il décrit ces petites puces de silicone ? Et s’il l’avait fait, en ces mois où l’ENIAC — le premier ordinateur — faisait ses premiers tours de manivelle à l’ « Aberdeen Ordonance Testing Ground », Maryland, qu’est-ce que ces scientifiques avaient fait de ces puces ?

« Ils ont vu ceci à ‘Walker Field Hangar’ » dit le Dr. Oberth à Corso, « Tous ceux d’Alamogordo volèrent de Roswell avec le général Twining pour surveiller le chargement à Wright Field » Oberth décrivit ce qu’il s’était passé le jour suivant l’écrasement quand une équipe de scientifiques de l’AMC étudia soigneusement les morceaux et les débris du site. Quelques uns de ces débris furent emballés pour être emmenés en B29. L’autre matériel, et plus spécialement les caisses en partance pour Fort Riley, furent chargées dans un camion pour la route. Le Dr. Oberth dit que des années plus tard, Von Braun lui dit comment les scientifiques se tenaient en ligne avec leurs équations afin de les traiter avec l’ordinateur expérimental d’Aberdeen Maryland. Von Braun avait demandé au général Twining si quelqu’un à Bell Labs avait été contacté à propos de cette découverte. Twining avait semblé surpris au début, mais quand von Braun lui eut parlé des expériences sur les circuits intégrés, matériel dans lequel les électrons n’avaient pas besoin d’être excités par la chaleur pour conduire le courant, Twining avait été intrigué. Et si ces puces étaient les composants d’un circuit très avancé ? Lui demanda von Braun. Et si une des raisons pour laquelle l’armée ne trouvait pas d’installation électronique dans le vaisseau était que des couches de ces plaques courraient dans tout le vaisseau ? Ces puces pouvaient être le système nerveux du vaisseau, transportant les signaux et transmettant les commandes exactement comme le système nerveux dans un corps humain.

La seule expérience du général Twining était le lourd système isolé de tubes à vide de la deuxième guerre mondiale, où les fils multiples étaient protégés par des nappes. Il n’avait jamais vu, auparavant, de circuits imprimés métalliques comme ceux-ci. Comment fonctionnaient-ils ? demanda-t-il à von Braun. Le scientifique allemand n’était pas sûr, bien qu’il estimait que c’était le même principe des transistors que les laboratoires essayaient de développer jusqu’à ce qu’ils puissent être commercialisables. Cela transformerait complètement l’industrie de l’électronique, expliqua von Braun au général Twining. Les Allemands avaient essayé, désespérément, de développer un circuit de cette sorte pendant la guerre, mais Hitler, qui pensait que la guerre serait finie en 1941, avait dit aux chercheurs en informatique allemands que la Wehrmacht n’avait pas besoin d’ordinateurs qui auraient un temps de développement supérieur à 1 an. Ils auraient célébré la victoire à Berlin avant la fin de l’année.

William Shockley

Mais la recherche sur les composants de circuits intégrés, que les Allemands avaient faite et le début du travail à Bell Labs n’étaient rien à côté de la merveille que Twining avait montré à von Braun et aux autres scientifiques au Nouveau Mexique. Sous une magnifique vitrine, le groupe pensa qu’il ne voyait pas seulement un simple composant de circuit intégré mais tout un ensemble de composants, intégrés les uns aux autres, et qui contiendraient ce qui ressemblerait à un circuit complet ou un système de circuits. Ils n’étaient pas sûrs parce qu’ils n’avaient jamais vu quelque chose comme cela auparavant. Mais cela leur montrait le futur de l’électronique si une route pouvait être trouvée afin de fabriquer cette sorte de circuit sur Terre. Soudain, l’énorme système de guidage nécessaire pour contrôler le vol d’une fusée, en 1947, et qui était trop gros pour être compressé à l’intérieur du fuselage de celle-ci, pourrait être miniaturisé de telle façon que cette fusée puisse avoir son propre système de guidage. S’ils pouvaient dupliquer ce qu’avaient les EBE, ils auraient, eux aussi, la possibilité d’explorer l’espace. Résultat, la production des composants de circuits intégrés, commença dans les semaines et les mois après l’écrasement de Roswell, même si William Shockley, à Bell Labs, travaillait déjà sur une version de son transistor dès 1946.

En été 1947, les scientifiques à Alamogordo étaient seulement conscients de la recherche en cours sur les composants de circuits intégrés à Bell Labs et à Motorola. Donc, ils se sont dirigés vers Nathan Twining afin de rechercher des scientifiques, dans toutes les compagnies, d’accord pour aider celui-ci à conduire une réunion sur la nature de la découverte de Roswell. L’armée, très secrètement, avait envoyé quelques composants aux ingénieurs pour étude et, début 1950, le transistor fut inventé et les circuits transistorisés sont devenus maintenant un bien de consommation courante comme dans les systèmes électroniques militaires. L’ère des tubes à vide, la simple pièce vieille de 80 ans à travers laquelle une génération entière de communication, comme les télévisions ou les ordinateurs, a été construite, était maintenant proche de la fin avec la découverte dans le désert d’une technologie entièrement nouvelle.

Le poste à tubes était un lègue des expériences du 19é siècle. Comme beaucoup de découvertes scientifiques historiques, la théorie derrière les tubes à vide a été découverte par chance, et personne ne sut réellement ce que c’était ni qu’en faire que seulement des années plus tard. Les tubes à vide trouvèrent leur plus grande utilité des années 1930 à 1950, jusqu’à ce qu’ils deviennent obsolètes grâce à la technologie découverte à Roswell. Bien qu’IBM et Bell Labs investissaient des sommes énormes pour mettre au point un ordinateur qui aurait un rendement opérationnel bas, il semblait, étant donné la technologie informatique digitale aux alentours de 1947, qu’il n’y avait pas d’endroit où il puisse aller. Il était simplement trop cher à construire, trop cher à démarrer, un très lourd éléphant au bout du rouleau.

ENIAC ordinateur

Alors un vaisseau extraterrestre tomba des cieux au-dessus de Roswell, s’éparpillant sur le sol désertique et, en un après-midi, tout changea. ( Ndbl – Mais ce crash - bien qu’il en eut plusieurs -, était-il accidentel ou intentionnel ?) En 1948, le premier transistor de dérivation — un microscopique sandwich de silicone — fut inventé par le physicien William Sockley. L’invention fut créditée à Bell Labs et, comme par magie, le développement des ordinateurs dinosaures, comme l’ENIAC, fut stoppé et une génération entièrement nouvelle de circuits miniaturisés commença. Où le tube à vide nécessitait une énorme quantité d’énergie pour chauffer, le transistor nécessitait une très basse quantité d’énergie. Comme il ne nécessitait qu’une très petite quantité d’énergie, il pouvait être alimenté par batterie. Parce qu’il ne dépendait pas d’une source de chaleur pour fournir du courant et qu’il était si petit, beaucoup de transistors pouvaient être insérés dans un très petit espace, permettant la miniaturisation des circuits. Finalement, comme il ne brûlait pas comme les tubes, il était plus fiable.

Ainsi, dans les mois suivant l’écrasement de Roswell et le premier étalage de la technologie des plaquettes de silicone aux compagnies déjà impliquées dans le développement des ordinateurs, la limitation de taille et d’énergie pour les ordinateurs chuta soudainement et la nouvelle génération d’ordinateurs entra en développement. Cela fournit aux R&D, et plus spécialement durant le temps de présence de Corso, l’opportunité d’encourager le développement vers les fournisseurs de la Défense appelés pour la mise en œuvre des appareils à circuits intégrés dans les générations précédentes de systèmes d’armement. Plus d’un historien, sur l’âge des ordinateurs, a écrit que personne avant 1947 ne prévoyait l’invention des transistors ou avait même rêvé d’une technologie entièrement nouvelle. Plus grande que l’idée d’une calculatrice ou d’un engin analytique ou de toute autre combinaison qui ferait les premiers ordinateurs des années 1930 à 1940, l’invention du transistor et son évolution naturelle dans les circuits intégrés était derrière ce que tout le monde pourrait appeler un saut quantique de technologie.

Le développement complet des tubes à vide, depuis les expériences d’Edison jusqu’aux mécanismes de l’ordinateur ENIAC, avait pris 50 ans. Le développement des transistors en silicone semblait n’être qu’une question de mois. Et si Corso n’avait pas tenu dans les mains les plaques de silicone venant de l’écrasement de Roswell, parlé avec Hermann Oberth, Wernher von Braun ou Hans Kohler, entendu les rapports des scientifiques, aujourd’hui morts, de la réunion de Nathan Twining, Vannerar Bush et les chercheurs à Bell Labs, il aurait pensé que l’invention du transistor était un miracle. Il savait maintenant d’où venait ce miracle. Comme l’histoire l’a révélé, l’invention des transistors n’a été que le début de la technologie des circuits intégrés développée dans les années 50 et qui continue aujourd’hui. Le général Trudeau était inquiet sur la façon de conduire les nouvelles productions électroniques basées sur la miniaturisation des circuits qui allaient créer des nouveaux marchés et qui allaient fermer des compagnies américaines. Il dit que cela deviendrait meilleur marché pour leurs compagnies de faire fabriquer leurs productions en Asie, où les compagnies s’étaient déjà réoutillées après la guerre pour produire des composants transistorisés. Il savait que les nouveaux besoins pour l’exploration spatiale, pour défier les EBE hostiles sur leur propre territoire, étaient liés avec le développement de la technologie du circuit intégré pour ajuster sa taille aux exigences des véhicules à propulsion comme les fusées. La course pour développer des missiles plus intelligents nécessitait aussi le développement de nouveaux types de circuits qui pourraient être rangés dans des espaces de plus en plus petits. Mais les industries réoutillées japonaises et allemandes étaient les seules capables de prendre un avantage immédiat avec ce que le général Trudeau appelait la « nouvelle électronique ».

La recherche devait être payée par les militaires pour que l’industrie militaire puisse entrer sur ce terrain de jeu. C’était quelque chose que le général Trudeau était disposé à défendre au pentagone parce qu’il savait que c’était le seul moyen pour qu’ils aient leurs armes. Seulement quelque uns d’entre eux savaient qu’ils en avaient aussi besoin pour mener une guerre d’escarmouche contre les extraterrestres. Arthur Trudeau était un général, sur un terrain de combat, engagé dans une campagne militaire solitaire que même la politique nationale et les lois secrètes lui interdisaient de parler. Et dans le gouffre de temps entre l’écrasement de Roswell et les intérêts de l’expansion économique d’après-guerre, même ceux qui avaient combattu auprès du général Trudeau étaient, un par un, en train de mourir.

L’industrie pouvait faire la guerre pour eux, pensait le général Trudeau, si c’était correctement semé avec les idées et l’argent pour les développer. En 1961, ils avaient tourné leur attention sur le circuit intégré. Les dépenses gouvernementales pour les armes militaires et la nécessité de l’exploration spatiale avaient déjà fortement renforcé le circuit à composants transistorisés. Les radars et les missiles que commandait Trudeau à Red Canyon, Nouveau Mexique, en 1958, dépendaient de la miniaturisation des composants pour leur fiabilité et leur mobilité. Les nouvelles générations de radars de poursuite sur les planches à dessin en 1960 étaient bien plus sophistiquées et électroniquement intelligentes que les armes que Corso avait pointées sur les cibles Soviétiques en Allemagne. Aux USA, les radios japonaises ou taïwanaises qui tenaient dans la main étaient sur le marché. Les ordinateurs comme l’ENIAC, n’occupaient maintenant pas plus de place que des toilettes. Les mini-ordinateurs, aidés par le financement gouvernemental des R&D, qui seraient bientôt disponibles sur le marché, étaient déjà en phase d’étude.

C’était le début d’un nouvel âge électronique, aidé en partie, par le financement gouvernemental. Mais le vrai prix, le développement de ce qui avait été découvert à Roswell, viendrait quelques années plus tard. Quand il arriva, à nouveau stimulé par les besoins de nouveaux développements d’armes militaires et pour le voyage spatial, il causa une autre révolution. L’histoire du circuit intégré et du microprocesseur est aussi l’histoire d’une technologie qui a permis aux ingénieurs d’intégrer de plus en plus de circuits dans des espaces de plus en plus petits. C’est l’histoire du circuit intégré, qui se développa à travers les années 1960, qui se développa dans un haut niveau d’intégration dans les années 1970, juste avant l’émergence des vrais ordinateurs individuels, et le très haut niveau d’intégration au début des années 1980.

Intel-8080A

Aujourd’hui, les ordinateurs à 200 mégahertz sont le résultat de la technologie des circuits intégrés commencé dans les années 1960 et qui continue aujourd’hui. Le bond entre le circuit intégré basique à transistors et la haute intégration fut possible grâce au développement du microprocesseur en 1972. Cette année marqua le début de l’industrie des micro-ordinateurs, bien que le premier ordinateur n’apparaisse sur le marché qu’avec le 8080A d’Intel. En 1979, Apple Computer avait commencé à vendre le premier ordinateur qui poussa la révolution du micro-ordinateur à une vitesse supérieure. Et au début des années 80, avec l’introduction du Macintosh d ‘Apple, pas seulement le lieu de travail mais le monde entier ressembla à un endroit très diffèrent à celui qu’il était au début des années 1960. C’est comme si, de 1947 à 1980, un changement fondamental avait eu lieu dans la capacité de traitement de l’information dans le cerveau humain. Les ordinateurs eux-mêmes étaient devenus une sorte de forme de vie basée sur le silicone. Si tout ceci est vrai, n’est-ce pas indiscutable que les plaques de silicone découvertes à Roswell étaient les vraies maîtresses, et les voyageurs de l’espace ou les créatures extraterrestres, leurs hôtes ou leurs serviteurs ?

Une fois implantée avec succès sur la Terre, notre culture à atteint un point de vivacité d’esprit, à travers le développement des ordinateurs digitaux, qui n’est plus le courant normal de développement, en commençant par le développement du transistor, qui nous a transporté à un point où nous achevons la symbiose avec le matériel de silicone qui transporte nos données et nous rend capable de devenir plus créatifs et victorieux. Peut-être que l’écrasement de Roswell, qui nous a permis de développer la base de la technologie des systèmes d’armes pour protéger notre planète des EBE, était aussi le mécanisme pour une implantation, réussie, d’une forme de vie non humaine qui survit d’hôte en hôte comme un virus, un Ebola digital, que les hommes emmèneront un jour sur une autre planète. Et si un ennemi voulait implanter le parfait espion ou mécanisme de sabotage dans une culture ? Alors l’implantation des microprocesseurs dans notre technologie par les EBE serait la parfaite méthode. Peut-être que l’écrasement de Roswell en 1947 était un événement attendant d’arriver, comme un fruit empoisonné tombant d’un arbre sur le sol. Une fois mordu, le poison ferait effet.

« Retenez vos chevaux, Phil » disait le général Trudeau quand Corso spéculait trop. « Rappelez-vous, vous avez un groupe de scientifiques avec qui vous avez besoin de parler et des gens à Bell Labs qui attendent de voir vos rapports quand vous aurez fini de parler au groupe d’Alamogordo. »

C’était en 1951, et la miniaturisation des circuits électroniques et des ordinateurs avait déjà commencé, mais les rapports de Corso pour le général et les rendez-vous qu’il avait arrangés pour lui à Sperry-Rand, Hughes, et Bell Labs étaient des réunions avec des scientifiques afin de déterminer comment leur compagnie respective allait procéder pour l’application des circuits miniaturisés à l’intérieur des études de systèmes d’armement. L’inspiration pour les microcircuits était tombée du ciel, à Roswell, et avait fixé le développement des ordinateurs digitaux dans une direction entièrement nouvelle. C’était maintenant le travail de Corso d’utiliser les processus de développement d’armes, et spécialement le développement des systèmes de guidage pour les missiles balistiques, afin d’appliquer ces systèmes de microcircuits dans ces nouvelles générations d’armes. Le général Trudeau et Corso faisaient partie des premiers éclaireurs dans ce qui serait la guerre de l’électronique des années 1980.

« Ne vous inquiétez pas, général, j’ai établi tous mes rendez-vous » dit Corso à Trudeau. « Mais je pense que les gens à Bell Labs ont déjà vu ces choses auparavant ». Et ils les avaient effectivement vues... en 1947.

 

14 – Le laser

Alors que Corso poursuivait son chemin à travers les différents articles de sa liste, écrivant des rapports consultatifs et des recommandations pour le général Trudeau à propos du potentiel de chacun de ces articles, il perdit toute notion du temps. Il pouvait voir, en suivant la rive du Potomac, pour aller voir, à Fort Belvoir, les progrès de la vision nocturne, que l’été finissait. Il pouvait aussi voir qu’il faisait maintenant noir quand il quittait le pentagone. Et il faisait aussi noir lorsqu’il entrait au pentagone le matin. Il avait pris l’habitude de prendre différentes routes pour aller au pentagone au cas où la CIA le suivrait. Lui et le général Trudeau étaient enracinés dans une longue journée routinière aux R&D. Ils avaient leur réunion matinale à propos du dossier Roswell -- il appelait aussi cela « le tas de vieilleries » parce que c’était plein de morceaux et de débris qui provenaient de plus grands composants brisés -- mais ils avaient enterré si profondément les projets de développement du matériel de Roswell que même les autres, qui travaillaient avec eux tous les jours, ne savaient rien de ce qui se passait. Ils avaient classé le travail qu’ils faisaient avec tant de précaution que lorsqu’il était temps de discuter de tout à propos de Roswell, ils faisaient en sorte que personne d’autre ne soit dans le bureau, ou ils étaient à un endroit où ils pouvaient discuter sans s’arrêter parce que quelqu’un était entré dans la pièce. La mission de Corso aux R&D était d’alimenter les projets de développement en cours avec des informations et des renseignements venant de sources extérieures, hors des circuits militaires réguliers. S’ils étaient en train de développer des méthodes pour protéger la nourriture et que les Italiens ou les Allemands avaient un procédé qui semblait marcher, c’était le travail de Corso de tout apprendre sur celui-ci et de glisser l’information dans le processus de développement.

Même s’il n’y avait pas de développement officiel pour un article précis, si Corso entendait parler de quelque chose qui pouvait être utile à un commandant de l’armée, même si c’était le Corps Médical, le Corps des transmissions, le groupe Motorisé, l’Ordonnancement, ou même la Timonerie, c’était le travail de Corso de trouver un moyen pour faire tomber goutte-à-goutte cette information sans faire une ride en surface. C’était la couverture parfaite pour ce que faisait Corso avec le dossier Roswell. Le général Trudeau et lui avaient des réunions régulières sur les projets en cours aux R&D, ceux qu’ils avaient hérités du commandement précédent et ceux qu’ils voulaient initialiser. Les officiers qui avaient été assignés aux R&D avant eux avaient leurs propres projets en cours de développement, aussi, le général avait donné à Corso la tâche de trouver ces projets avec les informations et les renseignements nécessaires, peu importe leur provenance, sans perturber ce que les officiers faisaient et sans interférer avec leurs équipes. C’était difficile parce qu’il devait travailler dans le noir, clandestinement, même auprès de ses propres collègues pour lesquels leur réputation aurait été détruite si quelque chose s’échappait comme quoi ils travaillaient avec « du matériel de soucoupe volante ».

Néanmoins, au même moment, la plupart des officiers de haut rang au pentagone et les membres clés de leur équipe savaient que la technologie de Roswell flottait à travers la plupart des nouveaux projets en cours de développement. Ils avaient aussi, vaguement, connaissance de ce qu’il s’était passé à Roswell d’après la dernière version du groupe de travail de Hillenkoetter/Bush/Twining, qui avait du personnel se trouvant au pentagone pour avoir à l’œil ce que faisaient les militaires. En plus du travail officiel de Corso qu’il appelait « travail journalier » sur des projets réguliers et de son travail clandestin sur le dossier Roswell, son autre rôle officiel, mais bien souvent informel, était celui de délégué du général Trudeau. Quand le général avait besoin d’information pour l’aider à redéfinir ses priorités budgétaires ou d’information pour l’aider à compiler des budgets supplémentaires de développement, il demandait souvent à Corso de l’aider ou de lui donner son avis. Et Corso fonctionnait comme l’officier des renseignements du général, l’aidant dans les réunions avec des informations, l’aidant même quand il devait rencontrer les comités du congrès, et le défendre, lui et la division, contre les attaques hebdomadaires des officiers des autres branches militaires ou des agences de renseignement ou de développement civiles. Tout le monde voulait savoir ce que les R&D savaient, où allaient leurs dépenses et dans quoi. Et ils n’avaient pas à se disputer avec celui qui voulait savoir quel sorte de produit aurait le peuple américain avec son argent, excepté dans une catégorie : Roswell. Même les gens des R&D étaient frustrés quand le général Trudeau se tournait vers Corso, lors d’une réunion, et disait, « Vous connaissiez l’information sur la vision nocturne que vous avez envoyée à Fort Belvoir il y a quelque temps ? Où avez-vous trouvé ce dossier, Phil ? ». Et comme Corso ne pouvait pas rester muet, il disait, « Je ne pense pas avoir eu l’occasion de voir cela auparavant, quelqu’un d’autre devait l’avoir en charge ». Alors Corso haussait simplement les épaules et disait « Je ne sais pas, général, peut-être que c’était dans les dossiers, quelque part. Je vais aller voir. ».

C’était du cinéma, et beaucoup d’officiers, qui les suspectaient d’avoir une planque d’information quelque part, savaient qu’ils cachaient quelque chose. Mais s’ils étaient dans la carrière, ils savaient comment se jouait la version, au pentagone, du voleur de jambon. Les R&D l’avait et le cachait. Personne ne trouverait rien tant qu’ils ne le laisseraient pas faire. La CIA était si frustrée de n’avoir aucune information sur eux qu’elle commença à observer de plus près les contrôleurs soviétiques qui flottaient autour de Washington et qui travaillaient pour les contrôleurs du KGB dans les ambassades. Parce que la CIA savait parfaitement comment les universités étaient infiltrées, elle pensa qu’elle pourrait avoir des informations, par rebond, en photographiant ce qui se trouvait à l’intérieur des photocopieuses de l’ambassade russe, à Washington.

Et bien sûr, il y avait la rumeur circulant autour de l’échange de scientifiques entre l’industrie et le milieu universitaire. La CIA savait qu’il se passait quelque chose aux R&D et c’est pourquoi les R&D essayaient de garder le cercle autour d’eux aussi serré que possible. Donc, Corso devait garder un œil sur le général, ne pas le laisser aller à des réunions sans protection et en étant tout le temps certain que la CIA savait qu’elle devrait passer au-dessus de Corso pour avoir le général Trudeau et tout ce qu’il savait. Et la CIA savait que Corso savait ce qu’elle faisait et il savait qu’un jour il y aurait une confrontation. Corso et le général Trudeau avaient rapidement établi leurs routines dès 1961 et la façon dont ils effectuaient leur travail semblait marcher. La vision nocturne était en cours de développement à Fort Belvoir, et les chercheurs qui travaillaient pour eux avaient fait en sorte que les plaquettes de silicone arrivent à ceux qui travaillaient pour eux à Bell Labs et les assurèrent que cela avait déjà trouvé une voix de développement dans une nouvelle génération de circuits transistorisés.

Les puces de silicone étaient un camouflage de réintroduction pour les gens de Bell Labs parce que l’introduction initiale des puces de l’écrasement de Roswell était parvenue aux fournisseurs de la défense dès 1947, dans les semaines suivant l’envoi du matériel de Wright Field. Une histoire similaire d’introduction et de réintroduction s’était déjà passée avec la stimulation d’un rayonnement d’énergie. Une arme, pensèrent les premiers analystes en regardant l’épave du vaisseau de Roswell. Bien que la technologie du rayon d’énergie dirigé était déjà déployée pendant la Deuxième Guerre Mondiale, ce qu’ils voyaient était une version très avancée de cette technologie, tellement avancée qu’elle devait venir d’un autre monde.

Cela excitait tellement les analystes qu’ils voulaient le donner aux scientifiques aussi vite que possible. Et au début des années 50, une version du rayonnement d’énergie stimulé avait trouvé sa route dans la communauté scientifique, à partir de laquelle furent développées des nouvelles productions autour du processus de génération de micro-ondes. La plupart des Américains vivant en 1950 se rappellent l’introduction du four à micro-ondes qui les aidèrent à « vivre mieux électriquement » dans leur nouvelle cuisine moderne. Un des dispositifs miraculeux qui surgit sur scène, dans les années 50, fut la promesse de cuire la nourriture en deux fois moins de temps que les fours traditionnels, même si la nourriture était complètement gelée. La théorie derrière le four à micro-ondes qui commença à apparaître, pour un long et profitable chemin, fut formulée en 1945 avec la première commercialisation d’un four à micro-ondes au Massachusetts en 1947, avant toute dissémination de renseignement ou de matériel provenant de l’écrasement du vaisseau de Roswell.

Mais dans l’épave de ce vaisseau, les scientifiques des essais de vols à longues portées, à Alamogordo, rapportèrent que les occupants du vaisseau semblaient utiliser des instruments de stimulation d’onde très avancés qui, d’après leurs analyses, creuseraient la base pour la physique d’un générateur de micro-ondes basique. L’équipe de récupération qui avait enlevé l’épave du désert avait aussi trouvé un petit appareil tronqué avec une source lumineuse interne et qui lançait un intense rayon de lumière, sur une courte distance, et qui pouvait couper le métal. Ceci, pensaient les ingénieurs de Wright Field, était aussi basé sur une stimulation d’onde. Les questions étaient : comment les EBE utilisaient la stimulation d’onde et comment les Américains pouvaient-ils l’adapter en utilisation militaire ou la glisser dans un développement déjà en cours ?

Charles_Hard_Townes

En 1954, alors que Corso était à la Maison blanche, le NSC recevait déjà une théorie, développée par Charles H. Townes, (Ndbl – décédé en janvier 2015) qui décrivait comment les atomes d’un gaz pouvaient être excités à un très haut niveau d’énergie par l’application d’énergie explosive. Ce gaz délivrerait son excès d’énergie en micro-ondes et à une fréquence très précise qui pourrait être contrôlée. En théorie, pensaient-ils, le rayon d’énergie pourrait être un signal afin de transmettre des communications ou un amplificateur pour ce signal. Quand le premier maser fut assemblait aux laboratoires Labs en 1956, il fut utilisé comme chronomètre à cause de la calibration exacte de sa fréquence. Le maser, toutefois, était seulement un précurseur de la production à venir ; le laser, qui révolutionnerait tous les aspects de la technologie qu’il toucherait. Il pourrait être aussi utilisé comme une arme qui les aiderait à déployer une menace réaliste face aux EBE qui semblaient vouloir déclencher une guerre nucléaire entre les superpuissances.

Où le maser était une amplification de micro-ondes, le laser était une amplification de lumière, et les théories sur comment il pouvait être achevé circulaient parmi la communauté des développeurs d’armes bien avant que Bell Labs produise le premier maser. Corso avait vu des descriptions du laser EBE dans les rapports de l’écrasement de Roswell, un faisceau de lumière si fin qu’on ne pouvait le voir que lorsqu’il se trouvait sur une cible. « Quel était l’usage de ce générateur de faisceau »? avait demandé le groupe à Alamogordo. Il ressemblait à un appareil de communication ou de ciblage, semblait avoir une portée limitée, et, si un bon moyen de puissance était trouvé pour amplifier le faisceau de lumière afin de traverser le métal, pourrait devenir un perforateur, un poste à souder, ou même une arme dévastatrice. Alors que Corso était à la Maison blanche, les trois branches militaires travaillaient déjà avec des chercheurs de laboratoires universitaires sur le développement d’un laser fonctionnel.

Théodore Maiman

Finalement, en 1958, l’année où Corso quitta la Maison Blanche, il y eut une poussée dans l’activité de recherche, et plus spécialement à l’université de Colombia, où, deux ans plus tard, le physicien Théodore Maiman construisit le premier laser opérationnel. La première démonstration pratique du laser prit place en 1960 au moment où Corso rejoignait le pentagone. Au pentagone, le général Trudeau avait mis le laser dans leur liste de développements prioritaires à but militaire. Et aussi comme l’appareil à stimulation d’énergie était au milieu des débris technologiques découverts à Roswell, le développement américain du laser englobait les conditions spéciales d’urgences de la mission de Corso sur Roswell. Il devait écrire un rapport au général Trudeau suggérant les possibilités d’utilisation de la technologie laser par les EBE dans leurs missions sur la Terre et comment ils pouvaient développer la même chose sous le couvert d’un développement conventionnel. En d’autres termes, une fois qu’ils auraient deviné comment les extraterrestres utilisaient ceci, cela devait devenir leur modèle de développement pour des applications similaires.

Ils pensaient que les EBE utilisaient les lasers pour la navigation, en lançant des rayons sur les objets, au loin dans l’espace, et en les récupérant afin de trianguler une trajectoire, pour la communication, en utilisant le laser comme transporteur de signal ou comme signal lui-même, pour la surveillance, en peignant des cibles potentielles avec un faisceau, ou pour un moyen de transport d’énergie, d’illumination, et même comme stockeur de données. L’intensité et l’intégrité du faisceau laser auraient pu servir aux EBE comme moyen de communication primaire pour de grandes distances et même comme moyen de stocker des communications en paquets pour une livraison future. Toutefois, c’est l’utilisation du laser par les EBE comme outil médical ou finalement comme arme, qui les fit frissonner parce que dans leur esprit, il était évident que les extraterrestres avaient des intentions hostiles.

Si les extraterrestres voyaient les humains comme de vrais ennemis à détruire ou voyaient la Terre comme un laboratoire de spécimens à expérimenter ( ? ? ?), les résultats des carcasses d’animaux ramassés sur le terrain par les équipes chimiques, biologiques et nucléaires de récupération pourraient être très semblables. De 1961 à 1963, au pentagone, Corso vit des rapports de terrain des agences de police locale et d’État, à propos de la découverte de bétail mort dans lequel les carcasses semblaient systématiquement avoir été mutilées, ainsi que des rapports sur des témoignages de personnes disant avoir été abductées par les extraterrestres et avoir subi des expériences. Un des fils conducteurs de ces théories était les rapports des abductés qui disaient avoir été sujets à une sorte d’opération chirurgicale avec un faisceau de lumière fin et intense. La police locale rapporta que lorsque les vétérinaires étaient appelés sur le terrain pour examiner le bétail mort, ils trouvaient souvent des preuves que, non seulement le sang de l’animal avait été pompé, mais que des organes entiers étaient déplacés avec une adresse chirurgicale qui ne pouvait pas être le fait d’un prédateur ou d’un vandale prenant les organes pour quelques rituels dépravés.

Où il y avait des preuves de meurtre ou de mise en scène, pour un bizarre canular, c’était d’habitude évident d’après la maladresse de l’effort et de la mise en scène intentionnelle des carcasses. Et, dans l’écrasante majorité des cas où l’animal était tué par un prédateur qui avait consommé son sang et transporté au loin des organes internes, les marques de dents ou la brève lutte du passage de la vie à la mort étaient des indicateurs évidents sur ce qui s’était passé. Mais dans les cas où les enquêteurs disaient avoir été déconcertés par ce qu’ils avaient trouvé: l’ablation d’organes et le drainage du sang de l’animal, où le sang avait été complètement drainé, étaient faits de manière si sophistiquée qu’il n’y avait pas de dommage dans les tissus environnants. Il y eut même quelques spéculations, dès le début des années 1960, que quoi qu’utilisent les EBE, cela n’avait même pas coupé à travers les tissus environnants. Ils ne possédaient pas d’instruments médicaux équivalents capables d’approcher ce que pouvaient faire les extraterrestres. C’était au-dessus de la précision de leurs appareils chirurgicaux de précision. Corso fut intrigué par ces rapports alors qu’il se trouvait à la Maison Blanche et ensuite au pentagone. Il se rappelle également qu’aussi bien le personnel civil que militaire, attaché aux équipes d’individus qui travaillaient pour les groupes de Twining et Hillenkoetter sur les ovnis dans les années 50, était activement engagé dans la recherche pour des méthodes chirurgicales qui pourraient produire des « Preuves du crime » comme celles-ci.

Cela pouvait-il être les Russes ? Pensèrent-ils d’abord. Étant donné le climat tendu de la guerre froide, la peur que les Soviétiques expérimentent sur le bétail américain afin de développer une arme biologique ou une toxine qui pourrait dévaster leur population de bestiaux n’était pas complètement paranoïaque. Il suffit de dire sans rentrer dans les détails, que les Américains pensaient aux mêmes types d’armes, donc ce n’était pas aller chercher bien loin de dire qu’ils protégeaient leur propre stratégie du « jugement dernier » dans ce que les Russes pouvaient avoir. Mais ce n’était pas les Russes qui en avaient après le bétail. C’était les EBE qui expérimentaient avec les organes, peut-être pour la transplantation dans d’autres espèces ou pour produire une sorte de bloc nutritif ou même pour créer une nouvelle entité biologique hybride. C’était ce à quoi pensaient les gens attachées au groupe de travail à travers les années 1950 et 1960.

Bien que le premier rapport public sur les mutilations de bétail fit son apparition en 1967 au Colorado, à la Maison Blanche, ils étaient au courant des mutilations depuis le milieu des années 50, et plus particulièrement dans la zone entourant le Colorado. Il y eut aussi des spéculations comme quoi des compagnies pharmaceutiques étaient responsables parce qu’elles voulaient utiliser les organes et les tissus dans des expérimentations biologiques, mais ils rejetèrent ceci parce que les compagnies avaient leurs propres fermes et pouvaient élever tout ce qu’elles voulaient. Les organisations de renseignement et surtout le groupe de travail pensaient que les mutilations de bétail qui ne pouvaient pas être expliquées par des prédateurs, des farces, ou par des massacres rituels, étaient le résultat direct de l’intervention des extraterrestres pour la recherche d’organes.

Donc si les bestiaux étaient assez importants aux EBE que pour prendre le risque de s’exposer sur ce qu’ils faisaient, il était important de savoir pourquoi. Les EBE avaient une efficacité froide et clinique qui rappelait la méthode des Nazis, et ils ne perdaient pas de temps à se tenir sur le sol où ils étaient les plus vulnérables à une attaque s’ils n’avaient pas une bonne raison de le faire. Dans les années 1950 et 1960, les Américains ne connaissaient pas ces raisons et pouvaient seulement faire des spéculations, et ils étaient plongés dans la terreur jusqu’à ce qu’ils trouvent moyen de se protéger des EBE qui se servaient d’eux comme tissu de remplacement ou de source nutritionnelle. En 1997, cela ressemble à un cauchemar sorti d’un film d’horreur de soucoupes volantes, mais en 1957, c’était ce à quoi ils pensaient, aussi bien à la Maison Blanche que dans l’armée. Ils ne savaient pas, mais ils avaient des preuves irréfutables que les EBE atterrissaient dans les fermes, récupéraient les organes vitaux du bétail, et ensuite laissaient les carcasses sur le sol parce qu’ils savaient que les humains ne pouvaient rien faire. Quiconque en avait après le bétail était particulièrement intéressé par les mamelles, le système digestif, et les organes de reproduction, spécialement l’utérus des vaches. Dans beaucoup de cas, les yeux et la gorge étaient retirés avec une méthode chirurgicale dans laquelle la ligne de démarcation était microscopique et les tissus environnants montraient que l’incision était très chaude et qu’ils avaient noirci après refroidissement.

Dans ces rapports de mutilation, l’examen médico-légal ne montrait pas de preuve de traumatisme collatéral ou même d’inflammation. Par conséquent, pensaient-ils, les coupures pour extraire les tissus étaient faites si rapidement et la blessure étanchée si vite que les tissus environnants n’étaient jamais détruits. Cela montrait que, quoi que ce soit qui opérait ces animaux, il le faisait en quelques minutes. Donc, s’ils ne pouvaient pas protéger leur bétail et s’ils ne réagissaient pas avec intelligence aux histoires d’abduction humaine, excepté par le debunkage (démythification)ou en faisant croire aux abductés qu’ils avaient eu une hallucination (Ndbl – ha ha, j’aime bien celle-là), ils devraient trouver des armes qui les mettraient sur un pied d’égalité face aux EBE.

Une de ces armes, qui avait un large potentiel d’application, était le laser, l’objet que l’armée avait trouvé dans le vaisseau de Roswell et qu’elle développerait plus tard comme arme en coopération avec Hughes Aircraft. Peu de temps après la première démonstration réussie d’un laser rouge à l’université de Columbia, les trois branches militaires réalisèrent qu’elles avaient un gagnant. L’année suivante les résultats des tests à Columbia, l’intérêt industriel pour le développement du laser et le rapport de Roswell sur l’énergie stimulée arrivèrent sur le bureau de Corso. Maintenant, c’était à son tour d’être impliqué et de rassembler l’information pour le développement du laser avec des fonds militaires avant que l’opération entière ne soit envoyée à un des spécialistes des R&D qui voudrait emmener la production aux niveaux suivants. C’était leur façon de travailler : Corso alimentait le jeu, assurant le coup, puis disparaissait. Pendant que le porteur de la balle faisait son chemin, Corso était déjà hors du terrain.

Corso commença par lister les besoins de l’armée par rapport à ce que le laser était capable d’accomplir. En se basant sur ce que les analystes militaires avaient vu dans le vaisseau de Roswell, il semblait à Corso que si le laser de Roswell était un couteau ou un outil chirurgical, le faisceau pourrait être aussi analysé comme une arme avancée de tir rapide. Avec un faisceau dirigé et si précis, le laser pourrait faire aussi un excellent télémètre et gestionnaire de cible pour l’artillerie. Si le faisceau était capable de se réajuster instantanément et d’être incorporé dans un ordinateur, il serait aussi le parfait système de ciblage pour un char d’assaut, surtout un char d’assaut en mouvement. Et si un laser pouvait peindre la cible d’un char d’assaut et trouver la distance de tir, spécula Corso, il pourrait faire la même chose d’un hélicoptère. Corso suggéra au général Trudeau que toutes les recherches qu’ils allaient conduire pour les hélicoptères tactiques se rejoindraient parfaitement avec les possibilités du laser comme mécanisme de télémétrie. Ils pourraient peindre les troupes amies pour les localiser, identifier leurs ennemis, et détruire leurs cibles potentielles avec une lumière invisible à tous.

Comme signal, un laser est si intense et si parfaitement stable qu’il est inaccessible à toutes sortes de perturbations. Pour cette raison, écrit Corso au général Trudeau, les EBE devaient utiliser une sorte de forme avancée de laser pour leurs communications, et ils pouvaient eux aussi le faire. Les lasers avaient aussi la capacité de transporter de multiples signaux. Par conséquent, écrit Corso, ils pouvaient assembler un grand nombre de fréquences de transmission dans un signal laser qu’ils pourraient avoir avec leur système de transmission habituel. Cela voulait dire qu’ils pouvaient littéralement inonder une zone de combat avec différentes sortes de canaux de communication, chacun portant différentes sortes de transmission, quelques unes pas encore inventées. Le général Trudeau dit qu’il était aussi intéressé par un article, dans un des rapports de spécifications que d’autres observateurs avaient écrit, et qui disait que les lasers pourraient aussi servir comme moyen de protection par des projections grands écrans. Les lasers étaient si lumineux que les projections pouvaient se faire dans une salle qui n’était pas dans l’obscurité. Le général vit la possibilité de salles de situation avec des projections grands écrans fournies par les transmissions des satellites radar. La pièce permettrait aux informaticiens de voir ce qu’ils faisaient sur le clavier pendant qu’ils verraient les écrans et écouteraient les instructions.

Corso suggéra que la division militaire sur la cartographie serait particulièrement intéressée par la capacité de mesure du laser pour les cartes. La même capacité de mesure serait capable de générer une image digitale du sol pour aider les hélicoptères en vol à basse altitude. Corso avait eu l’idée de cette capacité en lisant les rapports d’analyse sur des ovnis qui avaient aussi cette capacité. C’est ce qui leur permettait de se déplacer très près au-dessus du sol et de se déplacer rapidement à des vitesses supérieures à 1000 miles/heure au niveau de la cime des arbres sans heurter quoi que ce soit. L’appareil laser à l’intérieur de l’ovni fournissait instantanément la topographie du paysage et le vaisseau s’adaptait automatiquement au terrain.

Fin 1961, le général Trudeau dit à Corso de visiter à nouveau Fort Belvoir, cette fois pour rencontrer le Dr. Mark Johnston, un des chercheurs en aéronautique de Hughes Aircraft. Fort Belvoir était un des lieux sécurisés où les R&D pouvaient tenir des réunions. Les allées et venues de Corso de là-bas jusqu’au R&D étaient pures routines, même si les équipes de surveillance de la CIA suivaient parfois sa voiture à la sortie du pentagone. La réunion de Corso avec Johnston était faite pour parler du programme de développement des hélicoptères Hughes, pas pour lui donner ses rapports sur les appareils de mesure à laser qu’ils pensaient avoir trouvés dans le vaisseau de Roswell. Il parla sommairement à Johnston de ce que l’équipe de scientifiques à Alamogordo pensait trouver dans le vaisseau, lui dit de ne pas parler de tout ceci, et lui suggéra que l’équipe de développement de Hughes devait considérer le nouveau développement du laser dans leur dispositif de mesure de terrain et pour l’acquisition des cibles dans leurs hélicoptères.

« Oui, bien sûr » lui assura Corso, « le bureau des R&D aurait un budget de développement pour le projet de laser si l’équipe des R&D à Hughes pensait que leurs idées étaient faisables et qu’ils pourraient les développer. »

Et c’est exactement ce qui arriva. Aujourd’hui, le laser est devenu le HEL, High Energy Laser, déployé pour le SDC (Space Defense Command) comme, entre autres choses, une arme antimissile et anti-ogive. La réunion de Corso à Hughes fut brève et directe. Comme beaucoup de chercheurs scientifiques que Corso avait rencontrés à Hughes, Dwyer, IBM et Bell, Johnson disparut derrière un bureau de travail, des écrans-radar, ou des tubes d’essais à l’arrière-salle de la compagnie et resta hors de sa vue pour toujours. Quand le général Trudeau voudrait demander à Corso de suivre le projet des mois plus tard, un représentant d’une nouvelle entreprise le rencontrerait et le projet ressemblerait à tous les autres contrats de recherche démarrés par les R&D. Toute trace de Roswell aurait disparu et le projet se serait glissé dans le fonctionnement normal des R&D.

Bien sur, l’appareil n’était jamais sorti de l’incident de Roswell. L’incident était juste un mythe, il n’avait jamais eu lieu. Cela était venu du bureau des ‘Technologies Étrangères’, quelque chose sur quoi travaillaient les Italiens ou les Français et que les Américains avaient récupéré à travers les sources du renseignement. Leur travail sur la production du laser avait tellement réussi fin 1961 que le général Trudeau pressa Corso à diffuser cette richesse à toutes les bases militaires possibles. Corso parla, par exemple, à des experts en armement à Fort Riley, Kansas, à propos de l’utilisation du laser sur le terrain par les troupes. Peut-être comme télémètre, suggéra-t-il. Dans une de leurs dernières impulsions pour le développement de systèmes d’armement basés sur le laser, ils argumentèrent, avec succès, pour un budget de développement d’un système de suivi des missiles entrants. Ce fut un projet où ils trouvèrent une très forte opposition de la part des autres branches militaires. Le laser était trop nouveau, argumentèrent-ils. L’interférence atmosphérique ou les gros nuages déformeraient le laser sur de longues distances, dirent-ils, ou il utiliserait trop d’énergie et serait intransportable. Le général Trudeau et Corso avaient un autre programme en vue pour ce projet qu’ils ne pouvaient pas partager avec tout le monde.

Ils croyaient que les lasers pouvaient être utilisés pas seulement que pour le suivi des missiles, c’était évident. Ils voyaient le laser comme la meilleure arme pour, non seulement suivre les ovnis au sol, mais aussi, s’ils pouvaient augmenter la puissance à un niveau suffisant, les descendre. Descendons quelques ovnis, pensaient-ils, et ils ne violeront plus l’espace aérien avec tant d’impunité. Équipons les avions de chasse ou les intercepteurs avec des appareils de tir au laser et nous pourrons être une menace crédible face à eux. Équipons nos satellites avec des appareils de tir au laser et nous pourrons trianguler une fenêtre de tir sur les ovnis qui garderont leur distance par rapport à nos vaisseaux orbitaux. Mais tout ceci était pure spéculation en 1961. Seulement quelques personnes dans les autres branches des R&D soupçonnaient ce que Corso et Trudeau faisaient. La NASA avait ses propres plans pour le développement d’un système de poursuite par laser et ne voulait pas partager de budget de développement avec l’armée, il y avait donc une très petite aide à venir de la NASA. L’Air Force et la Navy gardaient leur propre budget de développement pour les armes laser, et ils ne pouvaient pas croire les agences civiles de renseignement. Donc, Corso et le général Trudeau commencèrent à plaider en faveur d’un plan de couverture au développement du pisteur laser et autres projets sophistiqués de surveillance. C’était excessif en surface, mais il trouva vite des adhérents, et le vrai programme pourrait être complètement masqué. Ils ne pourraient jamais l’appeler appareil anti-ovni, donc ils l’appelèrent le missile anti-missile. C’était un des projets le plus couronné de succès jamais sorti des R&D. Il donna bien plus que les théories sur la découverte du laser dans le vaisseau de Roswell.

 

OVNIS : 50 (70) Ans De Déni ? (4/4)

15 – Le projet missile anti-missile

Durant la présence de Corso au pentagone, il y eut certaines fois où celui-ci se posa la question s’il n’y avait pas un plan global plus grand que son propre travail. Corso avait lu, au cours des années qui suivirent son départ à la retraite de l’armée, des propos sur le concept de la synchronicité ou de la confluence et sur comment des choses ou des événements tendaient vers un même regroupement, autour d’un fil commun. Comme fil commun, il y avait le développement du missile antimissile qui englobait le travail de Corso aux R&D, sa brève période comme conseiller d’équipe pour le sénateur Thurmond, et ses années à Rome, pendant la guerre, comme assistant du chef d’équipe (G2), au « Rome Area Allied Command ». Début 1963, juste après que Corso ait quitté le pentagone, le sénateur Thurmond lui demanda de rejoindre son équipe comme consultant ou conseiller sur les problèmes de sécurité nationale et militaires.

Robert Mc Namara

Le congrès venait juste d’approuver un budget de 300 millions de dollars afin d’enquêter sur la faisabilité d’un programme de missiles antimissiles. Mais celui-ci s’était retrouvé droit dans un mur au moment où Corso quittait le sénat. Le secrétaire à la défense, Robert Mc Namara, refusait carrément de dépenser l’argent parce que, disait-il, non seulement ce programme intensifierait la course avec les Soviétiques, mais il choquerait aussi le Kremlin parce qu’il le mettrait en position d’avertissement comme quoi les Américains essayaient de déployer une force de première frappe afin de neutraliser leurs ICBM. Encore pire, dit-il au congrès, les militaires Américains n’avaient simplement pas besoin de cette arme.

Le sénateur Thurmond était irrité et Corso était profondément soucieux. Mc Namara était vraiment mal informé sur la façon dont les Soviétiques réagiraient face à un déploiement d’armes de la part des USA. Les Russes négocieraient avec les Américains seulement dans leur meilleur intérêt. La CIA tenait l’oreillette de Mc Namara et lui donnait exactement les informations de désinformation que les experts soviétiques voulaient qu’il ait : ne développez pas le missile antimissile. Le général Trudeau et le colonel Corso avaient un programme secret qu’ils avaient utilisé au pentagone les années précédentes. Le missile antimissile, en utilisant le ciblage et le pistage laser, était supposé être le parfait mécanisme pour obtenir les fonds afin de développer une arme à canon laser qu’ils pourraient utiliser, finalement, contre les ovnis. En définitive, c’est le parcours qu’ils ont planifié. Le général l’avait porté à travers la bureaucratie du pentagone pendant que Corso couvrait ses flancs du côté législatif, certifiant au comité militaire l’efficacité d’une arme capable de protéger les forces stratégiques militaires américaines avec un parapluie. Si un pays était assez fou pour essayer de les attaquer, le missile antimissile émousserait non seulement leur offensive mais rendrait capable les USA de non seulement dévaster les forces militaires ennemies mais aussi de tenir leur population en otage. Pour le département de la défense, le déploiement d’un missile antimissile encouragerait leurs ennemis à attaquer en premier leurs cités et à anéantir leur population civile. Quel intérêt d’avoir une capacité de première frappe si les dommages à venir en retour étaient déjà en route ?

Le seul moyen de préserver leur population civile était que chaque côté possède le moyen de tenir la force nucléaire ennemie en otage. Si chaque côté pouvait dévaster la force nucléaire de l’autre, cela donnerait le temps de s’arrêter avant une destruction mutuelle des populations. Mais le secrétaire à la défense ne comprenait pas la guerre. Il ne voyait pas les leçons qu’avait apprises l’Union Soviétique pendant la Deuxième Guerre Mondiale quand ses populations avaient été dévastées et que les gens en étaient arrivés à un point de privation tel qu’ils cannibalisaient l’autre pour de la nourriture. Ce genre d’expérience ne vous endurcit pas, elle vous éduque. Le seul espoir de victoire des Soviétiques dans la guerre froide était de faire baisser la garde des USA et de les faire capituler. En refusant d’aller de l’avant avec le missile antimissile, le secrétaire à la défense écoutait les arguments qui lui étaient donnés au compte-goutte, par des gens du renseignement civil qui étaient dirigés par le KGB.

Fred Buzhardt 2

La réaction du sénateur Thurmond, suite au refus de Bob Mc Namara d’affecter les sommes au projet missile antimissile, fut d’en appeler au sous-comité afin d’étudier ce problème. Le département de la défense ne voulait pas divulguer une information classifiée à propos des capacités d’une arme proposée et sur sa politique de défense avant une séance publique au congrès.

Donc, Fred Buzhardt, qui devint plus tard le conseiller de Nixon, suggéra que le sénateur Thurmond évoque un privilège sénatorial pour clore la séance du sénat, ainsi la discussion sur le problème du missile antimissile pourrait être discuté en privé avant le sénat. Mais d’abord, il devait demander des informations spécifiques au département de la défense, et cette tache revint à Corso parce qu’il était le consultant du sénateur.

Personne ne savait que Corso était celui qui avait préparé les débuts du projet missile antimissile et qui probablement le connaissait le mieux. La première réunion avec le département de la défense eut lieu dans le nouveau bureau de Corso, au sous-sol du Capitol.

Harold_Brown

Le sénateur Mc Namara envoya son propre conseiller scientifique, Harold Brown, qui devint plus tard le secrétaire à la défense, accompagné par un colonel de l’armée qui était devenu le responsable du développement du projet missile antimissile. Brown ne savait pas qui était Corso, mais son assistant de l’armée devait sûrement le savoir.

« Colonel », commença l’officier de l’armée dès que Corso lui posa une question à propos de leur demande d’information. Brown se tenait bien droit dans son siège. Graduellement, comme pour évacuer les éclats d’un bloc de granite, Corso questionna l’officier à propos des détails spécifiques du programme missile antimissile : combien de budget ils avaient déjà dépensé au pentagone pour ce projet et quel serait leur délai de développement. Puis il posa plus de questions techniques à propos de la recherche sur les radars souterrains, les radars satellites, spécula sur les stratégies soviétiques envers les missiles antimissiles. Montés sur des camions où des véhicules ferroviaires, les missiles mobiles soviétiques seraient impossibles à suivre même lorsqu’ils devraient s’arrêter pour faire le plein de carburant.

« Je vois que mon assistant continue à vous appeler colonel, Mr Corso » dit Harold Brown, « et vous semblez connaître beaucoup de détails sur ce sujet. ».

« Oui monsieur, » dit Corso, « je ne suis à la retraite que depuis quelques mois mais quand j’étais au pentagone, j’étais l’officier responsable du projet missile antimissile. »

« Alors il n’y a aucune raison de rester sur nos gardes » dit Harold Brown et finalement sourit pour la première fois. Il sortit de sa poche une enveloppe pliée.

« Voici vos copies avec les détails complets sur le projet dont nous avons instruit le président Kennedy. Tout est là, et je présume que c’est ce que vous vouliez officiellement » dit-il en insistant sur le mot « officiellement ». Il savait que Corso savait ce qui se trouvait dans l’enveloppe mais ne pouvait pas le dévoiler avant le sénat parce qu’elle contenait des informations classifiées et Corso briserait le pacte envers la sécurité nationale en l’ouvrant. Toutefois, par la donation de cette enveloppe à Corso, Brown donnait à Corso la pleine autorisation pour sa diffusion. Brown réalisait, probablement, que dans des séances privées, Corso avait parlé de ce qui se trouvait dans le dossier de l’armée sur le missile antimissile, mais qu’il ne pouvait pas en parler de façon formelle. Maintenant Corso pouvait le faire et il apprécia la sincérité de Brown. La bataille pour l’appropriation était sur le point d’être emportée, mais Corso ne pouvait pas regarder le contenu de l’enveloppe, dont une partie était ses propres notes, sans repenser à la suite des événements qui avaient conduit à cette réunion et au projet qui serait finalement développé comme résultante.

Cela avait commencé début 1962 alors que Corso travaillait sur la liste des priorités qu’il avait posées pour lui même. Dedans se trouvait un rapport médical sur les créatures. C’était un rapport sur la fonction possible et la structure apparente du cerveau extraterrestre. Un rapport qui émerveillait par les similitudes entre le cerveau EBE et le cerveau humain. Toutefois, un article dans le rapport laissait Corso perplexe. L’examinateur médical avait écrit que les mesures de l’activité du cerveau prisent sur l’EBE, à peine encore en vie, à Roswell, montraient que sa signature électronique, en fait tout ce dont ils étaient capables de mesurer avec l’équipement de 1947, présentait une signature similaire à ce que qu’ils appelaient les ondes basse fréquence. Et l’examinateur se référait à une description d’un docteur de la base de Roswell selon quoi les lobes du cerveau de la créature ne semblaient pas seulement physiologiquement et neurologiquement intégrés mais aussi intégrés par un courant électromagnétique. Corso aurait aimé penser que c’était seulement la spéculation d’un docteur qui n’avait pas l’expérience avec ce type d’analyse et sûrement pas d’expérience avec des êtres extraterrestres. Par conséquent, ce qu’il avait écrit n’avait aucun sens. Mais le rapport médical perturbait Corso bien plus qu’il ne voulait l’admettre parce qu’il le renvoyait à l’époque où il avait été assistant du chef d’équipe, à Rome, lieu où il était devenu ami avec certains membres de l’université de Rome. Il avait 25 ans et était capitaine durant cette période, un ingénieur. Durant une de ses visites à l’oniversité, il rencontra le Dr. Gislero Flesh, un professeur de criminologie et d’anthropologie, qui avait lu à Corso ce qu’il appelait sa théorie et ses expériences sur « les bases de la vie ». Corso pensa que c’était une théorie sauvage et super naturelle. Le Dr. Gislero parlait d’un filament dans la cellule. Le filament était activé par une action cosmique ou par une radiation électromagnétique qui bombardait la Terre continuellement de l’espace et résonnait contre l’activité électrique constamment rafraîchie du cerveau.

« Capitaine » disait-il dès qu’il commençait une explication. Corso pense que le docteur était très surpris que quelqu’un de si jeune soit envoyé par le nouveau monde pour gérer la Loi et la Justice à Rome, la Capitale de l’ancien monde. Le vieux professeur avait aussi des scrupules à témoigner devant quiconque, même devant ses étudiants, extraordinairement respectueux.

« Les forces électromagnétiques dans le corps sont les moins compréhensibles » continua-t-il, « bien qu’elles soient responsables de plus d’activités que ne le pense quiconque. »

En tant qu’ingénieur pour qui l’expérience avec l’énergie était faite avec des expériences vérifiables, Corso était plus que sceptique au début. Comment mesurer une activité électrique dans le cerveau que vous ne pouviez voir ? Comment des ondes invisibles d’énergie, que vous ne pouviez sentir ou voir, excitaient certaines parties des cellules humaines, et qu’elles étaient leurs intentions ?

Le professeur Flesh présenta Corso au professeur Casmiro Franck, un des premiers scientifiques à avoir photographié les ondes cérébrales. Le professeur Franck devint un ami de Corso parce que durant les jours de sa présence à Rome, en combattant les agents de la Gestapo, les partisans communistes, et les familles de la pègre locale, il était toujours engagé dans une guerre. Mais quand il avait du temps, il voulait rencontrer du monde, pour étendre son expérience, pour tomber amoureux de la ville de ses ancêtres qu’il devait protéger. Dans les premières expériences de Franck, celui-ci utilisa un cerveau de lapin comme sujet de test. Il mesura ce qu’il disait être la longueur, les ondes basse fréquence, que le cerveau animal gênerait, et décrivait comment il était capable de tracer la forme que prenaient ces ondes lorsqu’elles étaient transmises du cerveau de l’animal à ses muscles. Certains muscles, disait le professeur, étaient accordés pour répondre à certaines longueurs d’onde cérébrales, des ondes à une fréquence précise.

En cas de paralysie musculaire, ce n’est pas le muscle qui est nécessairement endommagé, c’est le muscle qui règle le mécanisme qui devient infirme, comme s’il n’avait pas la bonne fréquence. C’est comme une radio, disait-il, si la radio ne peut pas recevoir de signal, la radio n’est pas nécessairement brisée, son antenne ou son cristal doit être ajusté à la fréquence correcte. Corso a été l’invité de ses expériences de nombreuses fois et le regardait conduire ses expériences sur des lapins vivants, interférant avec la propagation de leurs ondes cérébrales électromagnétiques en implantant des électrodes et pour voir quels muscles devenaient cataleptiques et quels autres répondaient. Il disait que c’était la fréquence qui était altérée, parce que lorsque l’animal était retiré de la table d’expérience, il pouvait marcher et sauter comme s’il ne s’était rien passé. Alors, le professeur présenta Corso à un autre de ses collègues, le célèbre chercheur en biologie et physicien docteur Castellani, qui avait, quelques années plus tôt, isolé et identifié la maladie appelée, « La maladie du sommeil » et qui perfectionna ce qui, de 1930 à 1940, serait connu comme « La pommade Castellani ». Un traitement pour une variété de maladies de peau. Où les autres docteurs, disait-il, s’étaient focalisés sur le traitement des symptômes qu’ils pouvaient voir sur la peau, le docteur Castellani, lui, disait que beaucoup de problèmes de peau, comme le psoriasis, les inflammations, qui ressemblaient à des infections bactériennes étaient, en fait, corrigibles en changeant la résonance électromagnétique de la peau.

Les pommades, disait-il, n’attaquaient pas l’infection avec des drogues. Elles étaient des réactifs chimiques qui changeaient la condition électromagnétique de la peau, permettant aux ondes basse-fréquence du cerveau de faire la guérison. Ces trois hommes utilisaient ces ondes électromagnétiques pour provoquer la guérison dans des voies qui étonnaient Corso. Ils firent des déclarations à propos de la capacité du traitement électromagnétique afin d’influencer la vitesse de division des cellules et la croissance de tumeurs. Ils déclarèrent qu’avec des ondes électromagnétiques dirigées, ils pourraient guérir les maladies du cœur, l’arthrite, tous les types d’infections bactériologiques qui parasitaient le fonctionnement des cellules, et même certaines formes de cancer.

Si cela semble surnaturel en 1997, imaginez comment cela devait être perçu pour les oreilles d’un jeune homme et officier inexpérimenté des renseignements en 1944. Corso passa beaucoup de temps avec les professeurs Flesh, Franck et Castellani, à Rome, et regarda leurs expériences avec toutes sortes de cerveaux d’animaux. Ils n’avaient pas les fonds pour élargir leur travail ou pour traiter des patients avec leurs méthodes non conventionnelles. Ainsi, la plupart de leurs découvertes trouvèrent leurs voies dans la recherche sur la monographie, dans des articles de journaux académiques, ou des lectures universitaires en conférence.

Corso quitta Rome en 1947, dit au revoir à ses amis, et retira leurs travaux de son esprit pour se concentrer sur son nouveau travail à Fort Riley, à la Maison Blanche, à Red Canyon, en Allemagne et au pentagone. Et le jour où il fut sur le rapport parlant de la structure des cerveaux extraterrestres de Roswell, tout ce qu’avaient dit les professeurs Flesh, Franck et Castellani resurgit. Corso était là-bas, à nouveau, fixant une feuille de papier volante et le forçant à reconsidérer des idées et des notions vielles de 10 ans, et qui défiaient toute la science disant comment le cerveau fonctionnait. Alors que Corso lisait les rapports sur l’autopsie du cerveau de l’extraterrestre et ce que les examinateurs médicaux pensaient des ondes basse-fréquence appliquées sur le tissu, il vit aussi les rapports d’un militaire de l’armée, attaché au bureau du consulat de Stalingrad, qui décrivait des expériences soviétiques sur le psychisme. Ces expériences essayaient d’exercer une forme de contrôle psychokinétique sur des objets traversant l’air, les déplaçant d’un point à un autre. Ces rapports, écrits à la fin des années 50, intéressèrent le général Trudeau parce qu’ils montraient que les Soviétiques étaient dans quelque chose.

« Ils ne perdent pas leur temps, Phil » dit le général à Corso lors d’une réunion matinale, après avoir lu les rapports que lui avait fournis Corso le jour précèdent, « S’ils regardent ce sujet, alors ils savent qu’il y a quelque chose par là. »

« Vous ne pensez pas que ce rapport est juste de la spéculation ? » demanda Corso. Il savait à l’expression du visage du général que c’était une question qu’il n’aurait pas dû poser.

« Si vous pensez que c’est juste de la spéculation, colonel, » dit-il très abruptement, « alors vous ne vous montrez pas à la hauteur pour que je vous dise pourquoi ». Le général Trudeau avait une certaine façon de vous remettre en place lorsqu’il pensait que vous aviez dit quelque chose de stupide. Et ce que Corso avait dit était très stupide pour un officier avec son expérience et son entraînement.

« Vous avez raison d’être soucieux à propos de ceci » dit le général, plus doucement, en voyant la façon dont Corso le regardait. « Vous avez raison si vous restez dans votre bureau et si vous travaillez comme un forcené sur ce que veut dire ceci. Et vous savez très bien ce qui nous inquiète tous les deux. Dois-je le dire ? » Non, il n’avait pas à le faire. C’était évident. Si les Soviétiques avaient tenu entre leurs mains le mécanisme d’un vaisseau extraterrestre qui était tombé en 1947- et Corso ne savait pas combien il y en avait eu depuis - ils devaient se figurer que les extraterrestres utilisaient une sorte de contrôle d’onde cérébrale pour la navigation. Comment les extraterrestres dirigeaient cette onde et la transféraient dans un circuit électronique, ils ne le savaient pas. Mais ils savaient qu’il n’y avait pas de gouvernail ou de méthode conventionnelle de contrôle du vaisseau, et les « bandanas » qu’ils avaient trouvées avec des senseurs électroniques dessus étaient étudiés pour récupérer quelque sorte de signaux du cerveau. Les analystes, à Wright Field, croyaient que les senseurs sur les « bandanas » correspondaient à des points précis sur les lobes multiples du cerveau extraterrestre qui généraient des ondes basse-fréquence, donc les « bandanas » formaient une partie intégrante du circuit. Si les Américains étaient capables de penser à ceci, les Soviétiques étaient aussi capables de penser à la même chose. De plus, le général n’avait pas à en parler parce que Corso y avait pensé : et si les Soviétiques, seuls dans l’espace au début des années 60, avaient quelque communication avec les extraterrestres que les Américains n’avaient pas ? Qui a dit que les EBE étaient anti-communiste ?

Le général Trudeau fit également part à Corso de quelques rapports des renseignements qui décrivaient des tests de missiles antimissiles que les soviétiques avaient conduits avec des radars de poursuite très performants. Trudeau et Corso connaissaient ces radars parce qu’ils les avaient vus travailler durant leurs exercices en Allemagne quand chaque côté voulait tester les réponses de l’autre au-dessus de la ligne de démarcation en Allemagne de l’Est. Leurs radars et leurs capacités à se caler sur une cible étaient aussi bons que ceux des Américains. 

Mais ce que le général montra à Corso, ce sont des rapports qui décrivent les tirs de missiles interceptés par les Soviétiques sur les véhicules ICBM entrants et l'explosion des ogives d'interception afin de détruire les systèmes de navigation des missiles agresseurs. L'un de ces essais d'interception avait été mené avec succès dans un nuage atomique sur l'une des zones de test de missiles soviétiques en Asie. C’était très perturbant parce que quiconque connaissant la nature d’un nuage atomique savait que les impulsions électromagnétiques éliminaient immédiatement toute forme d’électronique. Donc, si les Soviétiques pouvaient endurcir leur système de guidage de missiles antimissiles de chez eux jusqu’à une cible à travers un nuage chargé électromagnétiquement, ils utilisaient une technologie bien plus avancée que celle des Américains.

« Quand vous étiez en Allemagne en train de commander le bataillon Nike, » demanda le général Trudeau à Corso, « vous avez expérimenté des manœuvres d’évasion serrées dans des entraînements de pratique de cibles de drones, n’est-ce-pas ? » La mémoire du général était bonne. Leurs bataillons anti-avions, déployaient le Nike, un des missiles guidés les plus avancés à cette époque. Le Nike était un missile à guidage radar, et le Hawk était un missile à tête chercheuse. Donc, même si un pilote essayait d’éviter les missiles, les ogives Hawk le suivaient et détruisaient son engin.

" Quand on tirait sur des drones dans une formation de bombardement simulée, on réalisait un score parfait, encore et encore, mais quand les pilotes effectuaient des manœuvres d’évasion rapides contre nos missiles, nous ne pouvions pas les toucher. » dit Corso.

« Expliquez moi comment cela fonctionnait » demanda Trudeau.

« Les missiles Nike se déplaçaient comme des bateaux sur l’eau » expliqua Corso, « ils coupaient les grandes courbes et prenaient un angle qui les conduirait jusqu’à leur cible. À toute manœuvre d’évasion que faisait le pilote, le missile compensait sa course en suivant sa source de chaleur. Mais si le pilote était capable de s’échapper, à la dernière minute de la trajectoire du Nike le missile continuait sa course et ne pouvait pas retrouver sa piste. Les pilotes de bombardiers devaient rester en formation et gardaient leur trajectoire pour pouvoir atteindre leur cible et ensuite avoir assez de fuel pour rentrer chez eux, donc leurs manœuvres d’évasion étaient strictement limitées. Mais pour des pilotes de chasse, c’était plus facile. N’importe quel MIG, ou Phantom pouvait déjouer un Nike. »

« Donc si les Soviétiques ont quelque chose qui peut emmener une ogive de missile à travers un nuage atomique, et utilisent des appareils qui peuvent provenir d’une technologie extraterrestre, nous avons quelque raison de nous inquiéter. » dit le général.

« Nous avons beaucoup à nous inquiéter à propos de ceci, » acquiesça Corso, « nous n’avons rien qui égale ceci, excepté les systèmes de pistage par laser, mais c’est à des années d’un quelconque développement, même en estimant que nous pourrions avoir le président pour parler au Congrès afin de nous donner l’argent de ce développement. »

Le général Trudeau frappa ses paumes sur le bureau avec assez de force pour le faire vibrer. Corso était sûr que l’employé de bureau du général Trudeau, qui se tenait au dehors, pensait que Corso était en train de se faire engueuler, mais c’était une façon du général pour renforcer la décision qu’il avait eue.

« Phil, vous êtes l’administrateur du projet missile antimissile pour les temps à venir. Je ne m’inquiète pas sur tout ce que vous avez à faire, vous m’écrivez un rapport sur ce que nous avons discuté ici et ensuite nous envisagerons ensemble une proposition que je pourrais utiliser pour obtenir un peu d’argent afin de développer cette chose. » dit Trudeau, « Je sais que nous sommes sur la bonne voie, même si nous sommes dans une étrange arène. Contrôle de la pensée. » dit-il, spéculant sur comment un cerveau humain pourrait être harnaché à la navigation d’un missile guidé.

« Eh bien, si les Soviétiques y regardent sérieusement, nous devons le faire aussi, avant qu’ils ne nous doublent comme ils l’ont fait avec Spoutnik » dit Trudeau.

« Pourquoi moi ? » se demanda Corso alors qu’il descendait les escaliers vers son bureau. C’était comme faire une dissertation trimestrielle quand il n’y avait aucune recherche utilisable ou qui puisse s’appeler raisonnable. Il devait écrire sur des systèmes de contrôle de navigation, sans fonction ni médicale ni biologique en soi, mais cela rendait tout le reste bien plus difficile. Corso se rappela son fils lui disant qu’il était capable d’arranger des engins qui s’étaient brisés et des moteurs électriques qui ne fournissaient plus d’énergie, parce qu’il pensait que les parties mobiles lui parlaient. En pensant avec quoi jouaient les Soviétiques, peut-être que son fils ne semblait pas aussi fou, après tout. C’était quelque chose sur quoi il devait faire des recherches. Si les informations que les professeurs Flesh, Franck et Castellani lui avaient données, il y a 50 ans, avaient une quelconque validité, alors les vagues références que Corso avait lues au sein du rapport de Roswell avaient aussi une validité. Donc il commença.

« Les références aux fonctions du cerveau EBE dans les rapports médicaux de Roswell » écrivit-il dans son mémo pour le général Trudeau, « suggèrent de nouvelles voies de recherche dans les contrôles de navigation et de guidage. L’intégration électromagnétique dans les lobes du cerveau EBE et la possible autre intégration avec d’autres fonctions du cerveau, ceux-ci incluant la capacité psychokinétique, la possibilité de déplacer les objets à travers de longues distances, est renversante et ressemble plus à de la science-fiction qu’à un fait. Si nous pouvons faire une corrélation sur les ondes basse-fréquence et leur intégration électromagnétique, c’est une voie pour pouvoir identifier un phénomène mesurable avec un procédé que nous ne comprenons pas.

Pour commencer, je recommande que nous étudiions le phénomène dans un effort d’application de nos découvertes pour réunir et utiliser toute donnée que nous pourrions développer sur les ondes basse-fréquence et l’intégration électromagnétique afin de marier ceci dans nos systèmes de guidage et de contrôle actuels et créer une nouvelle étape dans l’art des missiles suiveurs. Un avertissement : la CIA a commencé un programme sur lequel elle travaillait avec des « prophètes », comme ils les appellent, des parapsychologues, dont ils espèrent leur donner la même capacité que la formation du KGB avec la « technologie psychotronique ». Ces agences de renseignement sont très proches de notre approche militaire et nous devons faire attention à ne pas laisser nos recherches tomber dans leur marmite. Nous pourrions être discrédités et peut-être stoppés dans nos efforts. Par conséquent, je recommande que le fond de nos expériences avec les ondes cérébrales basse-fréquence soit complètement effacé de toutes données historiques en rapport avec cette analyse. » Les bases de Corso, pour le missile antimissile, étaient que les Soviétiques avaient leurs propres succès dans le contrôle de la trajectoire d’une ogive ICBM en vol et le succès qu’ils avaient dans le ciblage d’ogives entrantes avec leur propre missile antimissile en développement.

« Dans les récents mois » écrivit-il, « il est venu à notre attention que les Soviétiques pouvaient changer la course d’un ICBM après lancement et après avoir trouvé son chemin vers sa cible. De plus, les Soviétiques avaient testé, par deux fois, un missile antimissile tiré à travers un nuage atomique sur un ICBM en approche. Par conséquent, une proposition technique devrait être étudiée aussi tôt que possible :

1. Un missile antimissile qui serait capable de se caler sur un ICBM en approche et de rester calé dessus quelle que puisse être la manœuvre d’évasion, pour le détruire avant qu’il n’atteigne sa cible.

2. Tous les circuits devaient être renforcés pour résister aux radiations, explosion, chaleur, et pulsion électromagnétique d’une détonation atomique et ceci en incluant l’intensité de l’explosion de la bombe russe de 60 mégatonnes.

Prémisse

Nos missiles antiaériens tels que les Nike-Ajax, Nike-Hercule et Hawk ne sont pas adéquats contre les ICBM. Les systèmes actuels ne peuvent pas suivre un ICBM en approche ou trouver la cible à détruire si elle change de trajectoire, capacité que les derniers tests soviétiques rendraient peut-être utilisable dans la décennie. Nos satellites espions devraient être capables de localiser les ogives soviétiques une fois celles-ci lancées, mais les Soviétiques développaient aussi la capacité de mettre hors service nos satellites, aussi bien en les détruisant avec des armes nucléaires qu’en les envoyant hors de leur orbite. Et enfin, la capacité soviétique de générer une pulsion électromagnétique à travers une détonation nucléaire dans l’espace rendrait nos satellites aveugles. Les rapports secrets des renseignements confirment que les Soviétiques sont déjà capables de mettre hors service deux de nos satellites et un autre lancé par les Britanniques. Nous, par conséquent, avons un double problème : non seulement les circuits du missile antimissile doivent être renforcés mais les circuits des satellites espions doivent aussi être renforcés contre les radiations, émissions ioniques, et pulsions ELM. Mais, parce que les essais nucléaires sont bannis par le traité, les USA n’auront pas l’opportunité de faire des tests, donc, nous devons dépoussiérer nos données sur les résultats de nos tests actuels pour arriver à calculer si nous pouvons présumer qu’ils sont bons. » Quand le général Trudeau eut lu le rapport complet de Corso, il lui demanda de parler aux scientifiques qui avaient participé à leur ‘brain trust’.

« Ne vous inquiétez pas sur la façon dont cela va circuler, Phil » le rassura le général Trudeau, « je veux seulement le montrer à quelques membres de la Maison, du Sénat et des Commissions du Sénat pour la Défense, et ils ont promis de le garder confidentiel. »

« Je sais que vous voulez que cela se passe bien, général » dit Corso, « Puis-je avoir le reste de la journée pour travailler dessus ? »

« Vous avez jusqu’à demain matin » dit Trudeau, « parce qu’après le déjeuner, vous et moi avons rendez-vous avec la sous-commission du sénat et je veux leur lire ce rapport. »

Corso dit à sa femme qu’il serait à la maison plus tard dans la matinée pour changer d’uniforme, puis il alla au Capitol Hill pour une réunion. Ensuite, il prit quelques sandwiches, remplit sa cafetière et s’enracina dans le bureau pour un long moment. « Le dessin et la configuration de nos ICBM sont adéquats. » écrivit-il dans son bloc note, puis il raya la phrase et écrivit à nouveau, « Toutefois, des changements internes sont nécessaires, et plus spécialement, dans la capsule d’ogive. »

Ce que voulait recommander Corso était on ne peut plus radical. Ils avaient besoin d’un nouveau système de navigation informatisé, entièrement nouveau, qui pourrait tirer parti du circuit transistorisé en cours de développement à la fin des années 1960. Corso suggéra qu’ils devaient modeler les ordinateurs internes des missiles avec la forme des doubles hémisphères du cerveau. Avec une hémisphère ou lobe recevant les données de positionnement des satellites en orbite, l’autre contrôlerait les fonctions de contrôle du missile comme les réacteurs, les changements de position, et la séparation des propulseurs. Il recevrait les données à travers une émission de basse-fréquence de l’autre lobe. Le lobe de contrôle transmettrait aussi la télémétrie de vol au lobe de positionnement, ainsi les deux lobes travailleraient ensemble, en tandem.

Ceci, pensait Corso, rendrait le système plus difficile à brouiller. Si un de leurs satellites détectait la menace d’un missile antimissile en approche, il relaierait les informations à l’ogive, dont l’ordinateur actionnerait les propulseurs pour effectuer une action évasive avant l’approche de la cible finale. Vu que, comme le pensait Corso, c’était à travers l’application et l’amplification des ondes cérébrales basse-fréquence que les EBE pilotaient le vaisseau trouvé à Roswell, leur implication dans cette technologie les rendrait capable d’utiliser leur cerveau pour contrôler les vols d’objets. Ils pourraient utiliser une sorte de système d’onde cérébrale pour piloter leurs ogives ICBM si leur ordinateurs de bord détectaient la menace d’un missile antibalistique. Ils pourraient utiliser aussi ce système pour conduire le missile jusqu’au lanceur d’ogives ennemi, même s’ils étaient capables de faire quelques manœuvres échappatoires.

À partir du moment où le missile serait calé sur sa trajectoire finale, sa détonation pourrait s’effectuer même s’il était poussé hors de sa course et pourrait encore exploser et faire assez de dommages pour que cela compte comme un tir au but. La conclusion de Corso était :

« Une affectation de 300 millions de $ doit être demandée pour le FY 1963 à venir, comme une affectation de développement d’urgence. » Corso lu ses propres notes de l’enveloppe tenue par Harold Brown et le regarda.

« Colonel » dit l’assistant de Brown, « Nous comprenons l’urgence de votre requête de l’année dernière et nous apprécions votre combat pour elle maintenant. »

« Mais le département de la défense ne va simplement pas permettre à l’armée d’aller de l’avant pour un missile antimissile en ce moment. Pas en 1963 » dit Mr Brown.

« Quand ? » demanda Corso.

« Au moment » dit le Colonel de l’armée, « où l’impact du déploiement de ce système sera plus grand que maintenant. Les Russes savent que nous avons un joyau dans le type de satellites qu’ils envoient, et que nous pouvons prendre les leurs, en un battement de cœur, bien plus rapidement qu’ils ne peuvent prendre les nôtres. » Corso commença à répondre, mais Harold Brown se leva pour partir. Ils se serrèrent la main et il marcha vers la porte. Le colonel de l’armée resta devant le bureau de Corso. « Peut-être que juste vous et moi pouvons parler, colonel Corso, » dit-il. Le propre associé de Corso dans le comité du sénateur Thurmond quitta aussi le bureau.

« Au pentagone, nous comprenons que votre recherche précédente dans la technologie des missiles antibalistiques est la vraie raison de votre soutien, colonel » dit le directeur de projet, « c’est en de bonnes mains ».

Mais Corso savait qu’il ne connaissait pas la vraie raison : les EBE. Seul le général Trudeau connaissait l’agenda caché qui se plaçait en dessous du projet.

« Mais quand pensez-vous que le développement commencera ? » demanda Corso.

« Dans une poignée d’années, nous aurons un vaisseau lunaire en orbite autour de la Lune » dit-il, « nous aurons des satellites en orbite qui cartographieront chaque centimètre de l’Union Soviétique. Nous verrons ce qu’ils pourront envoyer contre nous. Alors nous aurons effectivement besoin de la sorte de missiles antimissiles que vous proposez, parce qu’alors même le congrès verra la raison de ceci. »

« Mais jusqu’à quand.... » commença Corso « Jusqu’à quand ?» dit le colonel, « Tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre. » Cela prendrait vingt autres années pour que les débuts d’un antimissile soient déployés. Et cela prendrait aussi un président qui était bien disposé à reconnaître la menace extraterrestre pour forcer une arme antimissile à travers un congrès hostile.

 partie 2


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